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Art et Culture

Cérémonie de dédicace de l’Empire du mensonge" - Aminata Sow Fall: Récit d’un militantisme
Publié le vendredi 26 mai 2017  |  Sud Quotidien
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© Autre presse par DR
La romancière sénégalaise Aminata Sow Fall a reçu le grand prix de la Francophonie de l`Académie française




La cérémonie autour de «L’Empire du mensonge», le tout nouveau roman d’Aminata Sow Fall, a eu lieu dans l’après-midi d’hier, jeudi 25 mai, à Keur Birago, siège de l’Association des Ecrivains du Sénégal (Aes), que la romancière a d’ailleurs présidé il y a quelques années. De l’ouvrage lui-même, quelques mots, à peine. Un texte d’une petite centaine de pages publié aux Editions Caec/Khoudia, par une romancière militante, engagée, cette «plume» ni «consentante», ni «passive», ni «résignée», que son Grand prix de la francophonie de l’Académie française n’aura pourtant pas métamorphosée…

Pas un mot, ou presque, au sujet de ce livre pas comme les autres, publié plusieurs années après le précédent ouvrage de son auteur. Peut-être pour ne pas tout gâcher ou pour ne pas en dire trop…Ou alors pour vous donner l’envie sinon le goût d’aller voir par vous-mêmes, avec la générosité de ce lecteur qui vous dirait, quasiment avec délectation : «Vous avez du plaisir à prendre !»

Et disons brièvement que «L’Empire du mensonge», le tout nouveau roman d’une petite centaine de pages publié par Aminata Sow Fall, raconte comment un ambassadeur en fin de mission au Sénégal, alors interviewé par le quotidien national, se met à dire à quel point il est attaché à ce pays qu’il va quitter : la générosité de ses gens, la beauté de ses femmes «authentiques» etc. «Le seul hic, c’est qu’ici personne ne vous dit la vérité». Voilà en quelques mots.

Une interview, la presse? Absolument pas anodin. Dans l’après-midi d’hier, jeudi 25 mai à Keur Birago, siège de l’Association des Ecrivains du Sénégal (Aes), Aminata Sow Fall nous confiait, avec ses mots à elle et avec cette petite voix un peu nasillarde qui vous donne l’impression qu’elle déclame, qu’elle est très attachée à la presse en papier : «C’est ma drogue du matin. Tenir ce papier tous les matins de bonne heure, c’est une habitude très ancienne». «Abonnée à plusieurs journaux», comme à certaines émissions radiophoniques, Aminata Sow Fall explique d’ailleurs que pour quelqu’un d’aussi «casanier» qu’elle, c’est sa façon à elle de «prendre le pouls du monde».

On l’entendra aussi raconter quelques-uns de ses vieux souvenirs, à l’époque où la romancière était la présidente de l’Association des écrivains du Sénégal (Aes), qui accueillait cette cérémonie. Pas sans militantisme, évidemment…Plusieurs «années de lutte, au sens le plus noble» du terme, qui n’avaient rien d’une «simple promenade» dira-t-elle, «pour le respect de la Culture et pour la dignité du livre».
«S’aligner sur les standards internationaux…»

Pendant ces années-là, Aminata Sow Fall, encouragée par Birago Diop, dit avoir dû faire avec la «solitude» : diriger des artistes, des écrivains, ce serait composer avec des messieurs et dames libres, par «manière d’être», des «fous taciturnes et des fous furieux» (une expression de Birago Diop lui-même), dont il a fallu gagner la «confiance».

Derrière «L’Empire du mensonge», 133 pages, pour être précis, publiées aux Editions Caec/Khoudia (le Centre africain d’animation et d’échanges culturels), il y a l’éditeur et romancier Nabil Haidar, qui a surpris son monde lors de la cérémonie d’hier : quelques mots, pas plus, pour souhaiter la bienvenue et remercier ces messieurs et dames. De quoi faire rire un peu tout le monde. Mais comme dirait Aminata Sow Fall, c’est un homme très «exigeant», presque «maniaque». La romancière va plus loin, laissant entendre que ce n’est pas parce qu’on est en Afrique, que l’on doit faire des «livres n’importe comment : il faut s’aligner sur les standards internationaux».

Au cours de cette cérémonie qui a rassemblé, au-delà des membres de la famille de l’auteur elle-même, dont son frère aîné, plusieurs éditeurs, journalistes, membres de l’Aes, hommes et femmes de Culture, le directeur du Livre et de la Lecture, Aminata Sow Fall s’est dit très émue sinon très touchée par les nombreux témoignages…

Celui de l’actuel président de l’Aes par exemple, le dramaturge Alioune Badara Bèye qui, au-delà de retracer le parcours de l’ancienne présidente de l’association des écrivains, est revenu sur le côté engagé de l’auteur de «La Grève des bàttu». Cette «voix des sans voix», cet «éveilleur de consciences», cette «plume jamais consentante», ni «passive», ni «résignée», cette «torche d’espoir»…

Aminata Sow Fall, pour reprendre les propos du Colonel Moumar Guèye, c’est aussi cet auteur qui «ne cherche pas à faire plaisir» à l’un ou à l’autre, et qui «écrit sans penser à la distinction ou au prix».

Auteur d’ «une dizaine de romans traduits dans le monde entier» et Grand prix de la francophonie de l’Académie française, la romancière est pourtant restée très «discrète».
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