Contrairement aux «discours moralisateurs» livrés par les leaders du monde, l’Afrique, l’un des continents les plus vulnérables et très peu responsable dans le réchauffement de la planète a opté pour un réalisme politique. Alors que le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Baldé, milite pour la transformation des changements climatiques en une opportunité, son homologue du Niger, Adamou Chaiffou, plaide pour un accord contraignant respectueux du principe de responsabilités communes mais différenciées.
«Les changements climatiques ne doivent pas être des contraintes mais plutôt une opportunité.» C’est l’invite faite par Abdoulaye Baldé, ministre de l’Environnement et du Développement durable, ce jeudi 11 décembre, à l’humanité dont les dirigeants sont réunis à Lima (Pérou), dans le cadre de la 20ème conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques du 1er au 12 décembre 2014. Le ministre qui n’exclut pas une ferme intention du Sénégal à s’engager dans la réduction des émissions a mis en avant la nécessité pour les pays africains de bénéficier, dans un esprit d’équité, des transferts de technologies et de financement de l’adaptation et de l’atténuation.
«Le climat ne doit nullement compromettre notre développement. Nous travaillons pour un développement durable plus économe en énergie fossile où la lutte contre les effets du climat constitue un axe stratégique. Notre vision à l’horizon 2030 est d’arriver à des villes durables où il fera bon vivre. Et cela passe par une coopération sud-sud et multi latérale dynamique. Le succès que nous attendons ici, dépend largement de la volonté des pays développés pour des contributions de qualité.», a expliqué Abdoulaye Baldé.
Lima devra aboutir à des textes cohérents où le statut des contributions sera clairement inscrit. Fort de cette conviction, le ministre de l’Environnement, de la Salubrité urbaine et du Développement durable du Niger, Adamou Chaiffou, a plaidé pour «un futur accord contraignant qui respecte scrupuleusement le principe de responsabilités communes mais différenciées».