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Sénégal : les experts plaident pour une meilleure utilisation des flexibilités juridiques
Publié le vendredi 10 juillet 2026  |  aDakar.com
Sénégal
© aDakar.com par DR
Sénégal : les experts plaident pour une meilleure utilisation des flexibilités juridiques
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Réunis mercredi 8 juillet 2026 à Dakar autour de l’accès aux médicaments, des experts et acteurs du secteur pharmaceutique ont appelé à une meilleure exploitation des mécanismes juridiques internationaux afin de réduire la dépendance du Sénégal aux importations et accélérer le développement de la production locale.

Lors d’un symposium national consacré à la propriété intellectuelle, à l’innovation pharmaceutique et à l’accès aux médicaments, le directeur de la propriété industrielle à l’Agence sénégalaise pour la propriété industrielle et l’innovation technologique (ASPIT), Talla Samb, a souligné que le Sénégal ne tire pas encore pleinement profit des flexibilités prévues par l’Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC).

Selon lui, ces dispositions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) offrent aux pays en développement, notamment les pays les moins avancés, des possibilités pour faciliter l’accès aux médicaments, notamment à travers certaines exceptions en matière de brevets pharmaceutiques.

« Le Sénégal, comme plusieurs pays de l’espace OAPI, n’a pas encore suffisamment bénéficié de ces flexibilités », a-t-il indiqué, évoquant un manque d’information et de renforcement des capacités parmi les décideurs et les acteurs du secteur.

Pour le responsable de l’ASPIT, une meilleure maîtrise de ces outils permettrait de créer un environnement favorable à la production locale de médicaments, au développement des génériques et à la réduction de la dépendance extérieure.

Le directeur adjoint d’Enda Santé, Dr Papa Djibril Ndoye, a également rappelé que la propriété intellectuelle figure parmi les obstacles identifiés dans une étude sur l’accès aux médicaments au Sénégal. Il a notamment cité les contraintes liées aux brevets, aux coûts des traitements, aux circuits d’approvisionnement et à la baisse progressive de certains financements internationaux destinés aux populations vulnérables.

Selon lui, la production pharmaceutique nationale représente une réponse stratégique, mais nécessite une meilleure compréhension des règles de propriété intellectuelle afin de concilier innovation, protection des brevets et accès aux soins.

Représentant le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Mor Diagne a réaffirmé que la souveraineté pharmaceutique constitue une priorité des autorités sénégalaises. Il a appelé à bâtir un système pharmaceutique résilient reposant sur la production locale, le renforcement de la réglementation et le soutien à l’innovation.

Pour le responsable, la propriété intellectuelle doit être considérée comme « un levier au service de la santé publique » et non comme un frein à l’accès aux traitements.

Les travaux du symposium doivent déboucher sur des recommandations visant à renforcer l’accès aux médicaments essentiels, soutenir l’industrie pharmaceutique nationale et accompagner la stratégie de souveraineté pharmaceutique du Sénégal.


KONE M.
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