Auditionné devant l’Assemblée générale des Nations unies dans le cadre de la course au secrétariat général, Macky Sall a livré mercredi 22 avril 2026 une vision structurée et ambitieuse d’une Organisation des Nations unies appelée à se réinventer pour répondre aux défis contemporains.
Face aux représentants des États membres, le candidat sénégalais a posé d’emblée les fondations de son projet : restaurer la confiance au sein d’un système multilatéral fragilisé et repositionner le secrétaire général comme un « bâtisseur de ponts » dans un monde marqué par les divisions.
Dans une analyse sans détour, Macky Sall a décrit un environnement international dominé par des crises systémiques : rivalités géopolitiques accrues, multiplication des conflits, pressions climatiques, fragilités économiques et tensions sociales. À ces dynamiques s’ajoute l’irruption rapide des technologies, notamment l’intelligence artificielle, qu’il considère à la fois comme un levier d’opportunités et un facteur de risques nécessitant une gouvernance globale.
Face à cette complexité, il a réaffirmé le rôle central de l’Organisation des Nations unies dans la préservation de la paix, la défense des droits humains et la promotion du développement.
Sur le plan opérationnel, l’ancien chef d’État a fait de la prévention des conflits un axe prioritaire. Il plaide pour une diplomatie plus proactive, fondée sur l’alerte précoce, la médiation et une coopération renforcée avec les organisations régionales.
Il a également appelé à une évaluation rigoureuse de l’efficacité des opérations de maintien de la paix, dans un contexte où leur impact est de plus en plus questionné.
Abordant les enjeux économiques, Macky Sall a insisté sur l’urgence d’accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030, tout en préparant l’après-2030. Il a pointé les limites des financements publics traditionnels et le poids croissant de la dette dans les pays en développement.
Pour y répondre, il propose une approche renouvelée, articulée autour des partenariats, de l’investissement privé et du commerce, avec un meilleur accès au crédit. L’objectif : stimuler la création d’emplois et réduire les facteurs structurels de la migration irrégulière.
Sur le plan institutionnel, le candidat a plaidé pour une réforme en profondeur de l’organisation, autour d’un triptyque clair : rationaliser, simplifier, optimiser. Il appelle à une meilleure coordination entre agences, fonds et programmes afin de limiter les chevauchements et d’améliorer l’impact sur le terrain.
Il s’est également prononcé en faveur d’une réforme consensuelle du Conseil de sécurité, visant à renforcer sa légitimité et son efficacité dans un monde en recomposition.
En conclusion, Macky Sall a placé les États membres face à leurs responsabilités. Dans un monde « à la croisée des chemins », a-t-il averti, la crédibilité de l’ONU dépendra de sa capacité à produire des résultats concrets et équitables.
Un appel à des choix « audacieux », pour faire émerger un multilatéralisme rénové, capable de répondre aux attentes d’un ordre international en quête de repères et de cohésion.
KM