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Economie : une croissance revue à 2,5 % en 2026, sur fond de dépendance pétrolière et de tensions budgétaires
Publié le vendredi 10 avril 2026  |  aDakar.com
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Economie : une croissance revue à 2,5 % en 2026, sur fond de dépendance pétrolière et de tensions budgétaires
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Le Sénégal anticipe un net ralentissement de son économie en 2026. Dans un rapport intitulé « Développements économiques récents et perspectives », le ministère de l’Économie table désormais sur une croissance de 2,5 %, bien en deçà des 6,7 % enregistrés en 2025 et des 5 % initialement prévus dans la loi de Finances, apprend-t-on ce vendredi 10 avril 2026.

Ce réajustement s’explique principalement par le recul attendu de la contribution du secteur des hydrocarbures. Après une année 2025 marquée par une production soutenue du champ pétrolier de Sangomar, situé au large du pays, les autorités anticipent un déclin de l’activité en 2026. Une évolution qui met en lumière la forte dépendance de l’économie sénégalaise aux ressources extractives.

Au-delà du pétrole, les performances des autres secteurs peinent à compenser. Depuis 2017, la croissance hors hydrocarbures et agriculture montre des signes d’essoufflement, une tendance accentuée depuis 2024. Ce déséquilibre structurel constitue l’un des défis majeurs pour les autorités, appelées à diversifier les moteurs de croissance.

Les conséquences budgétaires sont déjà perceptibles. Le ralentissement économique devrait entraîner une baisse des recettes fiscales estimée à 9 % par rapport aux prévisions initiales, soit un manque à gagner d’environ 500 milliards de francs CFA pour l’État.

Dans un contexte de forte pression sur les finances publiques — avec une dette estimée à 113 % du PIB à fin 2025 — ce nouvel ajustement est jugé « douloureux mais plus réaliste » par plusieurs analystes. Il se rapproche des projections du Fonds monétaire international, qui tablait sur une croissance autour de 3 %.

Cette convergence pourrait favoriser une reprise du dialogue avec l’institution financière internationale, qui avait suspendu son programme d’aide de 1,8 milliard de dollars conclu en 2023, dans l’attente de clarifications sur la situation macroéconomique du pays.

Les nouvelles autorités accusent l’ancien régime de Macky Sall d’avoir sous-estimé certains indicateurs clés, notamment la dette et le déficit budgétaire. Une situation qui complique davantage la gestion économique, alors que la dette du secteur public et parapublic est estimée à 132 % du PIB à fin 2024.

À court terme, Dakar devra conjuguer rigueur budgétaire, relance économique et restauration de la crédibilité financière pour stabiliser ses perspectives et rassurer ses partenaires internationaux.


Koné M
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