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CAN 2025: des peines de trois mois à un an de prison prononcées contre les 18 supporters sénégalais arrêtés au Maroc
Publié le vendredi 20 fevrier 2026  |  RFI
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© aDakar.com par DR
CAN 2025: des peines de trois mois à un an de prison prononcées contre les 18 supporters sénégalais arrêtés au Maroc
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La justice marocaine s'est prononcée, jeudi 19 février à Rabat, à l'issue du procès de 18 supporters sénégalais et d'un Français qui avaient été arrêtés lors des heurts survenus durant la finale de la Coupe d'Afrique des nations entre le Maroc et le Sénégal. Tous sont condamnés, à des peines allant de trois mois à un an de prison ferme. Les avocats de la défense indiquent qu'ils vont faire appel.
Les prévenus étaient poursuivis pour « hooliganisme », accusation incluant des actes de violence notamment contre les forces de l'ordre, dégradation d'équipements sportifs, invasion de la pelouse ainsi que jets de projectiles.

Plus tôt dans l’après-midi, les 19 prévenus sont arrivés au tribunal deux par deux, menottés. La salle d’audience, étroite, faisait face à une foule compacte. Les supporters sénégalais, aux traits tirés, les yeux dans le vague, ont attendu l’énoncé du verdict, constate sur place à Rabat notre correspondant dans la capitale marocaine, Matthias Raynal.

Neuf d'entre eux ont été condamnés à un an de prison assorti d'une amende de 5.000 dirhams (environ 460 euros), six autres à six mois et 2.000 dirhams d'amende (180 euros) et les trois derniers à trois mois et à une amende de 1.000 dirhams (90 euros).

« C'est incompréhensible », a réagi auprès de l'AFP Me Patrick Kabou, leur avocat sénégalais inscrit au barreau du Gers en France, dénonçant le fait que ses clients servent de « boucs émissaires ». Un Français d'origine algérienne, jugé quant à lui pour avoir jeté une bouteille d'eau, s'est vu infliger une peine de trois mois de prison et 1.000 dirhams d'amende.

Son avocat, Jaouad Benaissi, s'est dit « triste et déçu » à l'énoncé du jugement, rendu après une délibération qui s'est prolongée plus d'une demi-heure après la rupture du jeûne au premier jour du ramadan au Maroc. Certains supporters ont brièvement manifesté leur mécontentement, a constaté un journaliste de l'AFP sur place. Ils ont indiqué qu'ils feraient appel dès vendredi.

À l’énoncé du verdict, des cris ont éclaté dans la salle d’audience. Certains prévenus ont refusé de quitter la salle et l’un d’eux s’est évanoui, dans un climat de forte émotion.

Le 18 janvier, lors de la finale de la CAN à Rabat, le Sénégal s'était imposé 1-0 au terme d'un match chaotique. A la suite d'un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, juste après un but refusé au Sénégal, des supporters sénégalais avaient tenté d'envahir le terrain et lancé des projectiles vers la pelouse.
Peuples « frères »
Plus tôt dans la journée, le parquet avait requis jusqu'à deux ans de prison ferme contre chacun d'eux. « Ils ont délibérément voulu perturber le bon déroulement du match » et « commis des violences diffusées en direct sur des chaînes de télévision », a argué le représentant du ministère public. Selon leur avocat Patrick Kabou, ses clients viennent de passer un mois en détention provisoire.

Au cours de l'audience, les supporters ont réaffirmé « leur innocence » tout en disant « regretter » ces incidents, soulignant notamment que « les deux peuples », marocain et sénégalais, étaient « frères », d'après l'avocate de la défense, Naïma El Guellaf. « On demande pardon », a déclaré l’un des supporters sénégalais devant le président du tribunal. « Laissez-nous regagner notre pays », a lancé un autre.

Cette séquence du procès a été marquée par la barrière de la langue : pour s’exprimer face au président, plusieurs prévenus ont été assistés par le vice-consul du Sénégal à Casablanca, qui s’est improvisé interprète, beaucoup ne parlant que le wolof.

L'accusation s'appuie principalement sur les images des caméras du stade Moulay Abdellah ainsi que sur les certificats médicaux des membres des forces de l'ordre et des stadiers blessés, a précisé le parquet, qui a évalué les dégâts matériels à plus de 370.000 euros.

Ces captures « ne contiennent pas des preuves irréfutables » de leur culpabilité, a plaidé Me Guellaf, qui avait demandé leur relaxe ou, à défaut, des peines alternatives. « Il n'existe aucun cas de flagrant délit ».
Patrick Kabou met en cause les organisateurs ainsi qu’un stadier, non présent au procès, qu’il accuse d’avoir déclenché les violences en jetant une chaise en direction des supporters sénégalais, après le penalty manqué de Brahim Diaz. « Des gens poussaient derrière eux, mes clients ont voulu se sauver […] Tout dans cette affaire se dégonfle », a-t-il lancé.

Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) a infligé une série de sanctions disciplinaires, dont des amendes s'élevant à plusieurs centaines de milliers d'euros, aux deux fédérations pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play.

Selon l'avocat de la partie civile Mustapha Simou, qui représente 14 membres des forces de l'ordre, « ces sanctions ne dispensent pas les prévenus de leur responsabilité pénale, au contraire, elles confirment leur culpabilité, d'autant plus que le Sénégal ne les a pas contestées ».
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