Au Sénégal, les trois responsables d'organisations étudiantes arrêtés, mercredi 11 février, à la suite des violences qui ont secoué l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, sont finalement retournés au commissariat au soir de ce lundi 16 février. Maintenus en détention par retour de parquet, une procédure qui permet au procureur de poursuivre l’examen du dossier avant toute décision judiciaire. Le procureur a décidé d’ouvrir une instruction judiciaire.
Waly Faye, Demba Ka et Bathie Fall, tous trois membres du Collectif des Amicales de l’UCAD - devraient savoir, demain mardi ou mercredi au plus tard, s’ils sont placés sous mandat de dépôt, c’est-à-dire en détention préventive, ou bien s’ils bénéficient d’une liberté provisoire.
Dans l’immédiat, le procureur a confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour savoir si les cinq chefs d’inculpation qui visent les étudiants tiennent la route ou non.
Figurent, parmi les accusations, troubles à l’ordre public, participation à une manifestation non déclarée, destruction de biens publics, actes de vandalisme et de violence, mais aussi atteinte à la sécurité de l’État, passible jusqu’à cinq ans de prison ferme.
« Ce dossier est complètement vide ; on se trompe de cible », a réagi un membre de la Fédération nationale des étudiants du Sénégal, Cheikh Ngom, joint par RFI, se disant choqué par les chefs d’inculpation qui visent ces trois responsables d’organisations étudiantes.
Les avocats, de leur côté, n’ont pas souhaité réagir, ce lundi soir, car le principal enjeu pour eux est que leurs trois clients obtiennent une liberté provisoire.