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La diaspora comme moteur silencieux : quand les transferts des Sénégalais redessinent l’économie nationale
Publié le jeudi 18 decembre 2025  |  aDakar.com
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La diaspora comme moteur silencieux : quand les transferts des Sénégalais redessinent l’économie nationale
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Ils n’apparaissent ni dans les discours budgétaires les plus enflammés ni dans les grands chantiers visibles. Pourtant, ils irriguent l’économie sénégalaise avec une constance remarquable.

Selon les données publiées par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), les envois de fonds des sénégalais de l’extérieur ont enregistré une progression significative ces dernières années. De 1 600 milliards de FCFA en 2023 (environ 2,67 milliards de dollars), ils ont bondi à 2 211 milliards de FCFA en 2024 (près de 3,69 milliards de dollars), confirmant le rôle central de la diaspora dans l’équilibre économique du pays, révèle, ce jeudi 19 décembre 2025, le confrère Financial Afrik.

Cette hausse spectaculaire n’est pas un simple effet conjoncturel. Elle traduit une dynamique structurelle portée par une diaspora de plus en plus nombreuse, mieux insérée dans les économies d’accueil et profondément attachée au soutien des familles restées au pays. Europe, Amérique du Nord, Golfe, Afrique centrale : les flux se diversifient et se densifient, faisant des transferts de fonds l’une des principales sources de devises du Sénégal.

À bien des égards, ces ressources rivalisent désormais avec certains secteurs traditionnels d’exportation. Elles dépassent largement l’aide publique au développement et constituent un pilier de la balance des paiements, contribuant à la stabilité macroéconomique dans un contexte mondial marqué par l’inflation et le ralentissement de la croissance.

Dans les foyers sénégalais, les transferts de la diaspora sont bien plus que des chiffres. Ils financent l’alimentation, la santé, l’éducation, le logement, mais aussi des investissements de proximité : construction de maisons, petits commerces, activités génératrices de revenus. Dans de nombreuses localités, notamment rurales, ces fonds jouent un rôle d’amortisseur social face aux chocs économiques.

Cette réalité confère à la diaspora un statut particulier : celui d’un acteur économique à part entière, dont la contribution est souvent plus rapide et plus ciblée que les politiques publiques classiques.

La progression des envois de fonds pose toutefois une question centrale : comment transformer cette manne privée en levier de développement durable ? Si l’essentiel des flux reste orienté vers la consommation, les autorités sénégalaises cherchent désormais à capter une part de ces ressources vers l’investissement productif, l’entrepreneuriat et les infrastructures locales.

Produits financiers dédiés à la diaspora, obligations souveraines, facilitation des investissements immobiliers et agricoles, réduction des coûts de transfert : autant de pistes explorées pour mieux structurer cette contribution sans en altérer la nature solidaire.

L’augmentation des transferts entre 2023 et 2024 confirme une évidence longtemps sous-estimée : la diaspora sénégalaise n’est pas seulement une communauté à l’étranger, elle est un pilier de la résilience économique nationale. Dans un contexte de transformation économique et de grands projets structurants, ces flux financiers constituent un socle invisible mais déterminant.

À l’heure où le Sénégal ambitionne une croissance plus inclusive et plus souveraine, la question n’est plus de mesurer l’importance de la diaspora, mais de lui donner toute sa place dans l’architecture du développement national.


KM
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