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A Dakar, les émeutes meurtrières brident l’arrivée des moutons de Tabaski
Publié le samedi 24 juin 2023  |  maliactu.net
Tabaski
© Autre presse par DR
Tabaski 2023: 30 000 milles moutons sur le marché pour les fêtes
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Les difficultés pour se procurer des moutons pour la fête de l’Aïd
Les moutons de Cheikh Bâ parcourent une vallée au sol aride et nu, parsemée de petites dunes de sable blanc, à une centaine de kilomètres à l’est de Dakar. Cette année, l’éleveur ne se rendra pas jusqu’à la capitale sénégalaise par crainte de nouveaux troubles.
À l’approche de la fête musulmane de l’Aïd, l’homme de 52 ans, originaire du nord du pays, s’est arrêté dans l’immense marché à bétail de Sewekhaye, l’un des plus grands du Sénégal, situé dans la commune de Ngoundiane. Sous un soleil de plomb, des milliers de moutons y sont rassemblés, dans une odeur pestilentielle. « Notre destination était Dakar, mais à cause des manifestations, nous craignons de perdre nos bêtes », affirme M. Bâ, le visage couvert d’un turban bleu.
Les violentes émeutes, les plus meurtrières depuis des années au Sénégal, ont éclaté le 1er juin dernier dans plusieurs villes, à la suite de la condamnation à deux ans de prison de l’opposant Ousmane Sonko, qui est désormais inéligible pour l’élection présidentielle de 2024 dans l’état actuel des choses. Selon les autorités, ces troubles ont déjà fait au moins 16 morts, tandis que l’ONG Amnesty évoque le chiffre de 23 morts et que le parti de M. Sonko parle de 30 décès.

La fête de l’Aïd el-Kebir, communément appelée Tabaski en Afrique de l’Ouest, est prévue le 28 juin prochain. Il s’agit d’une des fêtes les plus importantes de la religion musulmane. Traditionnellement, les Sénégalais sacrifient un mouton à cette occasion. À Dakar, les vendeurs d’ovins se font de plus en plus rares, remplacés par des espaces verts ou des chantiers d’infrastructures. Dans d’autres endroits habituellement bondés de moutons pour la fête, leur nombre se fait nettement moins important.

« Les éleveurs attaqués »

« Les manifestations ont fait peur » aux vendeurs de moutons, affirme Ismaïla Sow, un responsable national des éleveurs. « Des vendeurs de moutons ont été attaqués à Keur Massar (banlieue de Dakar) par des manifestants. Nous avons conseillé aux éleveurs de rester dans des zones d’attente en brousse et d’éviter les grandes villes », ajoute-t-il.

À Sewekhaye, à l’ombre des acacias albida, des arbres sahéliens fournissant du fourrage, ou sous des tentes en paille ou des bâches, les éleveurs surveillent les brebis qui se nourrissent dans des mangeoires ou des abreuvoirs en plastique. Mohamed El Moctar, un Mauritanien d’une cinquantaine d’années, raconte avoir quitté la ville d’Aïoun, dans le sud-est de la Mauritanie, frontalière du Mali, un pays confronté aux attaques jihadistes. Il a traversé cette région pour entrer au Sénégal, où régnait alors un calme précaire.
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