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Les turpitudes d’une 13ème législature : Levées d’immunité, lois taillées sur mesure, trafics en tous genres…
Publié le mardi 12 juillet 2022  |  senenews.com
Séance
© aDakar.com par BL
Séance plénière: le ministre de l`Intérieur devant l`Assemblée nationale
Dakar, le 8 décembre 2021 - le ministre de l`Intérieur était devant les députés de l`Assemblée nationale, pour le vote de son budget pour l`exercice 2022.
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C’est un euphémisme que de reconnaitre que la législature finissante n’aura pas atteint les missions qui lui ont été confiées par le peuple. Moins que des députés du peuple auquel ils doivent obéir exclusivement, les membres du parlement se sont distingués comme étant des représentants de partis et de coalitions dont ils n’ont cessé de défendre les intérêts. Même quand cela va à l’encontre du mandat qui leur est assigné, les députés de la 13ème législature ne se sont pas abstenus d’outrepasser et ou de dévoyer leur mission. A toutes les échelles où l’on peut mesurer l’efficacité d’une équipe parlementaire, il faut avouer que les attentes ont été déçues à tel point qu’on a juste envie de leur dire : Bon débarras !

L’histoire parlementaire du Sénégal regorge de faits d’armes de députés qui se sont signalés de façon très positive. Pendant plus d’un demi-siècle de représentation, les députés qui se sont succédé à l’hémicycle ont apporté, chaque législature pour ce qui la concerne, leur pierre à l’édifice. Grâce au travail des uns et des autres, le Sénégal s’est retrouvé avec des lois solides sur tous les plans : économique, politique, social, religieux, sécuritaire, etc. Toutefois, ce constat n’occulte pas le fait qu’à un moment donné de sa marche, l’Assemblée nationale se soit distinguée par une nullité extrême et un parti-pris flagrant de ceux que le peuple s’est choisi comme représentants. La 13ème législature donne ainsi un goût d’inachevé à ceux qui rêvaient d’une assemblée de rupture, même s’il faut reconnaître qu’il y a eu quelques identités remarquables qui ont toujours pris le parti du peuple électeur.

On est loin de l’époque des Amadou Cissé Dia ou de Lamine Guèye certes, mais l’hémicycle présente quasiment le même visage quant à la nature des rapports entre élus, lesquels s’intéressent plus à défendre les intérêts de leurs partis. Cependant, ce qui distingue les législatures des temps anciens et celles récentes- notamment celle finissante- c’est la grandeur et la tenue des hommes qui les composent. Des débats n’ont jamais manqué, de la passion n’a jamais été absente des débats, mais la courtoisie a été toujours au rendez-vous des interventions. Ces élus du peuple de cette époque là avaient de l’allure et leurs tares aussi, mais ils sont encore mieux que ceux actuels. Ils privilégiaient la force de l’argument sur l’argument de la force là où aujourd’hui on hue et applaudit les intervenants en fonction de leurs couleurs politiques. Pis, des scènes de violence physique sont venues s’ajouter à la violence verbale permanente. Sur ce tableau, l’équipe actuelle bat le record de toutes les autres et de quelle « belle » manière !

La 13ème législature, pour ce qui la concerne, sera toujours évoquée dans les souvenirs de la postérité. Non pas parce qu’elle est au même niveau que les autres, même la 12ème reste plus intéressante ; mais surtout parce qu’elle a été à l’origine de controverses qui continuent de rythmer la vie sociopolitique du pays. Sur le chapitre des lois, il faut reconnaitre que le « partisanship » a dominé les débats avec notamment des textes politiques taillés sur mesure. C’est le cas de la loi sur le parrainage, passée au forceps, et le nombre record de levée d’immunité parlementaire des députés de l’opposition, sans oublier le refus de mettre en place des commissions d’enquête parlementaire sur des questions essentielles pour le peuple.

Au-delà de l’esprit partisan qui a fait de la législature mourante, non pas celle du peuple mais plutôt celle de la majorité présidentielle, il faut relever les nombreux cas de trafic qui s’y sont signalés. Que ce soit pour le trafic de faux billets impliquant le député Seydina Fall ou celui des passeports diplomatiques mettant en cause les députés Mamadou Sall et Boubacar Biaye, tous du pouvoir, cette législature a dépassé toutes les limites de la médiocrité. En attendant de voir ce que celle à venir va nous offrir, et en espérant surtout qu’elle aille au-delà de cette façon inique de représenter le peuple, on ne va pas se lasser de dire : Bon débarras à la 13ème législature.
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