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Lutte contre le djihadisme - La nécessité d’une alternative africaine
Publié le samedi 12 juin 2021  |  Enquête Plus
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© Autre presse par DR
Des Djihadistes de Boko Haram
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Loin d’une fatalité, cette dynamique nouvelle amorcée par la France devrait sonner la prise de conscience des Etats africains pour prendre en main leur destin. C’est la conviction du spécialiste du Sahel Thierno Souleymane Diop Niang.

Pendant que le président Macron annonçait cette décision, Bamako, elle, avait surtout la tête tournée vers la formation de son nouveau gouvernement attendu ce dimanche. C’est du moins ce que confient des sources établies sur place.

Chercheur en relations internationales, Thierno Souleymane Diop Niang revient sur les raisons d’une telle décision. ‘’Il y a plusieurs raisons qui l’expliquent. D’abord, il faut préciser que ce n’est pas un retrait, mais une volonté de mettre en avant la force Takuba avec les partenaires, notamment européens comme l’Italie et la Lituanie, qui se sont signalés. Ensuite, il y a la question du coup d’Etat qui oppose la France à la junte militaire, la perte de Déby qui était un allié de taille pour la France, mais aussi la forte remise en cause de l’intervention française par les opinions publiques françaises’’, analyse-t-il.

Selon le spécialiste du Sahel, il ne faudrait pas s’étonner, outre mesure, suite à ces nouvelles mesures de la France. ‘’Barkhane, justifie-t-il, a fait huit ans dans le Sahel. Et le bilan est mitigé. Elle a certes permis de stopper la progression des djihadistes vers la capitale malienne à l’époque, mais elle n’a pas permis de débarrasser le Mali et la région du terrorisme qui continue de faire des ravages. Je ne pense, donc, pas qu’il faut s’inquiéter outre mesure’’.

Cela dit, il estime qu’il revient aux Etats africains de revoir leurs politiques sécuritaires. ‘’Dans le temps long, souligne-t-il, il faudrait qu’on comprenne que la sécurité au Sahel, la sécurité de nos Etats incombent à nos armées. Il faut que la CEDEAO travaille dans ce sens. Il nous faut une véritable armée : dynamique, bien entrainée, performante pour assurer la sécurité de toute cette zone. Dans l’immédiat, il faut souligner que le retrait n’est pas total….’’.

Dans la foulée, des observateurs ont relevé un certain agacement du président français comme s’il avait été fortement touché par les multiples remises en cause l’intervention française en Afrique et particulièrement dans le Sahel.

Thierno Niang précise : ‘’Peut-être, Paris pense que si elle se retire, ce sera le chaos. Pour moi, c’est toujours une aubaine. C’est une occasion pour se ressaisir, tâtonner au besoin pendant quelque temps. Mais c’est comme ça qu’on construit un Etat. Il faut reprendre en main notre destin sécuritaire. C’est fondamental. Comme nous l’a appris Cheikh Anta, la sécurité précède le développement.’’

Revenant sur la remise en cause, par la France, des autorités issues du putsch, le spécialiste invoque le deux poids, deux mesures, pour remettre en cause la sincérité de la France. ‘’On a vu que la France n’a pas la même attitude par rapport aux nouvelles autorités tchadiennes. Ce qu’il faut relever, par contre, c’est que le fait que le pouvoir malien ait entamé des négociations avec les djihadistes n’a pas plu aux autorités françaises. Mais celles-ci doivent savoir que le Mali est en droit de réunir tous les protagonistes pour dialoguer, afin de trouver une solution à la crise’’.
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