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Focus sur l’exploitation du zircon au Sénégal
Publié le mardi 27 avril 2021  |  vivafrik.com
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© Autre presse par DR
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Le Sénégal est officiellement entré dans le cercle restreint des pays producteurs de zircon. En effet, la société française Eramet exploite l’un des plus grands dépôts de sables minéralisés au monde depuis des ans pour en extraire du titane et du zircon.

Un chantier gigantesque à l’abri des regards, dans lequel on ne pénètre que sur autorisation. Dans un lac artificiel de plus de 10 mètres de profondeur remplit grâce à un forage qui puise l’eau de la nappe phréatique, une énorme drague, l’une des plus grandes du monde, avale du sable qu’elle propulse vers une usine flottante, monstre de tubulures. Il y est centrifugé, malaxé, filtré et trié et les matériaux nobles sont convoyés vers le port de Dakar sur une voie ferrée spécialement construite pour l’occasion.

Ce minerai est utilisé notamment pour la fabrication de matériaux de construction, dans la joaillerie ou dans l’industrie nucléaire. Lancée en 2014, où en est la production notamment au Sénégal ?

C’est un étonnant petit désert, le seul du Sénégal, à environ 150 km au nord de Dakar : Lompoul est la prochaine zone d’exploitation du zircon par la société Grande Côte Opérations. Cette deuxième phase du projet devrait débuter en 2023.

L’entreprise minière, contrôlée à 90 % par groupe français Eramet, et à 10 % par l’État du Sénégal, exploite déjà le zircon –et un autre minerai, l’ilménite- à Diogo, au sud de Lompoul. Sa concession s’étend sur une centaine de kilomètres le long de la côte. C’est le quatrième gisement le plus important au monde, a détaillé Charlotte Idrac dans sa « Chronique des matières premières » parue le 20 avril 2021 dans les colonnes de rfi.fr.

Le ministère sénégalais des Mines a informé que le groupe a produit 85 000 tonnes de minerai en 2020. Tout est exporté, essentiellement vers le marché européen. L’objectif du Plan Sénégal Emergent est fixé à 90 000 tonnes par an, a ajouté Charlotte Idrac.

Pour qui, les opérations consistent à draguer le sable, puis séparer le minerai. « Nous n’avons pas pu entrer en contact avec les responsables de Grande Côte Opérations ». Sur son site internet, la société assure que 98 % du sable extrait est remis dans les dunes après valorisation de sa partie minéralisée. Elle met en avant les 735 emplois directs et 1 000 indirects – à 94 % sénégalais- liés à l’exploitation du zircon, a-t-elle précisé.

Dans le cadre de la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) les dirigeants de la société mettent en avant toutes les actions menées dans les villages alentours : construction de cases de santé et d’écoles, emploi des jeunes, réhabilitation des sols et pépinières, fourniture de semences…

Malgré tout, les conséquences de cette exploitation se font sentir suscitant l’inquiète de la population à Lompoul : « Quelles seront les conséquences sur l’écosystème, et les activités de maraîchage dans la zone ? », s’interroge Amadou Penda Sène, de l’association Walli Daan. « Que vont devenir les opérateurs touristiques du désert de Lompoul ? » Des questions aussi sur l’indemnisation des populations qui seront déplacées. « Il y a un manque de communication, de consultation et de débat public » autour de l’exploitation de zircon, regrette Demba Seydi, coordonnateur régional de la coalition « Publiez ce que vous payez ».

À Niafrang, en Casamance – dans le sud du Sénégal -, un autre projet d’exploitation de zircon par la société australienne Astron se heurte depuis plusieurs années à des réticences d’une partie de la population, et du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC), un mouvement indépendantiste.

Rappelons que le zircon de Niafrang, localité située dans le département de Bignona, en Casamance, suscite beaucoup de polémiques. Depuis la découverte de cette ressource minière, son exploitation divise les populations locales. Mais, de l’avis d’Ibrahima Diaw, Géologue, Directeur du cabinet Harmony Group, «l’exploitation de cette mine va faire bénéficier des infrastructures à la zone et donner beaucoup d’emplois aux populations de la Casamance».

Moctar FICOU
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