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Traque des réseaux de migrants : L’Espagne envoie des policiers au Sénégal pour freiner l’émigration clandestine
Publié le lundi 23 novembre 2020  |  IGFM.sn
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© Autre presse par DR
La ministre espagnole des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez Laya reçu par son homologue du Sénégal
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L’Espagne va envoyer des policiers en mission au Sénégal pour freiner cette vague meurtrière de l’émigration. L’annonce a été faite hier dimanche par le ministre espagnol des Affaires étrangères en visite au Sénégal.

Ils sont des centaines de jeunes sénégalais à braver, au prix de leur vie, le grand bleu pour rallier les côtes espagnoles dans le cadre de ce voyage de la mort. Plusieurs centaines d’entre eux meurent en cours de route. Une situation déplorable qui oblige les deux pays (Sénégal et Espagne) à conjuguer encore plus leurs efforts pour freiner cette vague meurtrière. Une question qui a été discutée au cours de la visite au Sénégal du ministre des Affaires étrangères espagnol, Arancha Gonzalez Laya. Une occasion pour la diplomate espagnole d’annoncer que son pays augmentera sa présence policière au Sénégal pour lutter contre les réseaux criminels derrière cette recrudescence de l’émigration clandestine de la côte ouest-africaine. Une déclaration faite hier dimanche par la ministre des Affaires étrangères Arancha Gonzalez Laya à l’agence de presse Reuters. «Elle s’est exprimée après avoir rencontré son homologue (Aïssata Tall Sall, ministre des Affaires étrangères : Ndlr) dans la capitale sénégalaise Dakar pour discuter de la crise qui a vu environ 17 000 migrants atterrir cette année aux Îles Canaries, une augmentation de plus de 1000% par rapport à 2019, en raison des difficultés économiques pendant la pandémie du Covid-19», a écrite l’agence de presse anglaise.

Pour lutter contre cette émigration meurtrière, l’Espagne compte encourager les potentiels migrants à suivre des canaux réguliers. Mieux encore, l’Espagne compte élargir les droits de sécurité sociale des citoyens sénégalais résidant légalement en Espagne, a déclaré Gonzalez Laya aux journalistes de Reuters. En outre, l’Espagne va renforcer sa «présence d’hommes et de femmes de la Guardia Civil (le Gendarmerie), la Police nationale, luttant pour démanteler les réseaux criminels de traite des êtres humains au Sénégal», a-t-elle déclaré sans donner plus de détails.

Du côté des autorités sénégalaises, l’on déclare attendre que l’affaire soit officielle pour se prononcer. Ce qui devrait intervenir aujourd’hui lundi.

Reuters rappelle que la Guardia Civil collabore avec les garde-côtes sénégalais depuis 2006 pour intercepter et dissuader les migrants d’entreprendre la périlleuse route atlantique vers les Îles Canaries espagnoles au large des côtes du nord-ouest de l’Afrique. Plus de 400 Sénégalais seraient mortes en tentant le passage depuis le début du mois d’octobre 2020, selon Alarm Phone, un service d’assistance téléphonique pour les migrants bloqués en mer. Jeudi, les autorités locales du Cap-Vert ont déclaré que les corps de six migrants présumés s’étaient échoués sur la rive de l’île de Sal, située à plus de 600 km (373 miles) au large des côtes ouest-africaines.

La surveillance aérienne, le maillon faible du dispositif

Le maillage mis en place par l’Agence de l’Union européenne des garde-frontières et garde-côtes, (Frontex) pour contenir les vagues d’embarcations de migrants, souffre de failles qui fragilisent la lutte contre l’émigration clandestine. Selon des sources de L’Observateur, le dispositif Frontex était parvenu, dans la période allant de 2006 à 2016, à contenir la saignée. «Il n’y a quasiment pas eu d’arrivées de pirogues convoyant des migrants durant cette période. Une réussite due en grande partie à une surveillance aérienne constante effectuée par un hélicoptère espagnol et un moyen aérien de l’Armée de l’air sénégalaise», confie des sources. Seulement, soufflent nos interlocuteurs, «cet appui aérien crucial fait défaut depuis le début de cette nouvelle vague». L’autre faille et pas des moindres du dispositif, porte sur le maillage effectué sur ce qu’il convient d’appeler le tracé de la route de l’émigration qui passe par le Sénégal, la Gambie, la Mauritanie, le Cap-Vert, le Maroc et l’Espagne. Seulement, de ces six pays, seuls quatre sont impliqués dans le dispositif du Frontex : le Sénégal, la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne. Le Cap-Vert qui se trouve sur ce tracé et la Gambie n’y figurent pas. Le cas de la Gambie est d’autant plus préoccupant que plusieurs départs de migrants sont notés depuis ses côtes. Pour exploiter cette faille, les convoyeurs qui partent de ce pays, font souvent cap sur les eaux internationales pour éviter le dispositif Frontex, avant de chercher à rallier l’Espagne.

Sur les côtes sénégalaises, les convoyeurs rivalisent d’ingéniosité pour passer entre les mailles des filets du dispositif du Frontex. «Ils positionnent en haute mer une grande pirogue affrétée pour le voyage en Espagne. Puis, les migrants sont acheminés en groupe de 5 passagers par de petites embarcations. La ruse des convoyeurs consiste à jeter l’ancre tard dans la nuit. Une façon de profiter de la visibilité réduite pour déjouer la surveillance des patrouilleurs. Pour pallier à ces manquements, l’Espagne a mis à la disposition du Sénégal des moyens nautiques de surveillance.
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