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Ouverture de l’espace Schengen : À UE ET À DIA – Malgré les assurances de Mingasson, le Sénégal interdit d’accès – Dakar applique la réciprocité
Publié le samedi 18 juillet 2020  |  Le Quotidien
Mme
© Autre presse par DR
Mme Irène Mingasson
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Lors de la publication de la première liste excluant le Sénégal, les autorités sénégalaises avaient bandé les muscles et menacé les pays du système Schengen de réciprocité. Des négociations avaient suivi, qui laissaient espérer une amélioration dans la liste suivante. Celle qui a été publiée hier a douché les espoirs du Sénégal.

C’est une liste à laquelle il manque un nom. Celle de Schindler permettait de sauver des vies, mais celle publiée hier par le Conseil de l’Union européenne a eu le don de doucher les espoirs de nombreux Sénégalais. De plus, ce communiqué apparaît comme un énorme pied de nez à l’endroit du ministre du Tourisme et des transports aériens, M. Alioune Sarr. Cet officiel s’était dépêché, le 1er juillet dernier, lors de la première publication par la Commission européenne des pays éligibles à entrer sur le territoire européen, à clamer que le principe de réciprocité sera de mise pour l’entrée au Sénégal. Les déclarations de la Déléguée européenne à Dakar, Mme Irène Mingasson, avaient donné le sentiment à l’opinion sénégalaise, que l’Europe allait reculer face à la détermination sénégalaise. Et voilà que, patatras !, sans que l’on comprenne toujours pourquoi, le pays de la Teranga n’est pas aligné aux côtés du Rwanda, du Maroc et de l’Algérie, parmi les pays dont les ressortissants sont admis à se rendre dans les pays du système Schengen.
Ce qui pousse presque à se demander à quoi auront servi toutes les négociations dont les journaux ont fait état, entre les autorités sénégalaises, notamment le ministre Amadou Ba des Affaires étrangères, les représentants du Tourisme, Alioune Sarr étant en auto-confinement, et des représentants de la Com­mis­sion européenne, autour de l’ouverture des frontières aux ressortissants des diverses parties.
L’une des leçons à tirer de cette affaire est de se demander si les Européens font vraiment confiance à notre système de statistiques sanitaires. A la date du 16 juillet, le Sénégal a enregistré 8481 cas positifs au Covid-19, dont 5735 sont guéris et 2589 sous traitement. Le nombre des morts est aussi insignifiant par rapport à d’autres, même s’il nous impressionne car toute vie compte : 156 à la même date. Donc, selon les critères mêmes auxquels se réfère la Commission européenne, à savoir le nombre de nouveaux cas pour 100 mille habitants, nous sommes bien loin de la moyenne de l’Union européenne, qui reste à nos yeux, vertigineuse. De plus, on ne peut parler de pic soudain, depuis la levée du couvre-feu, le nombre de nouveaux cas reste stable. Peut-être pourrait-on nous faire grief d’avoir levé le couvre-feu et de laisser s’établir un certain laxisme en ce qui concerne les gestes barrières. Mais cela est aussi valable dans beaucoup des pays de l’Hémisphère nord, dont ceux de Schengen, qui par ailleurs, ont recommencé à confiner une partie de leurs populations.
Dans ce domaine, les autorités sénégalaises, sur bien de niveaux, ont fait le jeu de la transparence. A moins de les accuser de mensonge, on ne pourrait croire que les prédictions de l’Oms, qui voyait des cadavres dans nos rues, ont été avérées.
L’autre leçon, et la moins négligeable, est ce que Le Quotidien avait affirmé depuis le vendredi 3 juillet, dans son édition n°5207, que le Sénégal n’a pas les moyens de sa politique. Comme l’a dit hier un observateur, le Sénégal pourrait disparaître demain de la face du monde que l’on le remarquerait à peine. Mais si l’Europe venait à disparaître, la face du monde en serait fondamentalement changée. Vouloir appliquer la réciprocité aux Européens, ce serait interdire d’entrée les touristes qui voudraient revenir ici, au moment où les hôtels se sont réhabilités et préparés à accueillir les arrivants. On imagine le gros manque à gagner, pour des entreprises qui déclarent déjà des milliards de francs Cfa de pertes, pour l’ensemble de leur secteur. Et quand on connaît l’effet d’entraînement du secteur du tourisme, on peut s’attendre à ce qu’une crise prolongée affecte également d’autres secteurs économiques, à la longue. C’est peut-être cela qu’ont compris ceux qui, en Europe, établissent la liste des pays à admettre. Ayant entendu les propos de Alioune Sarr, ils auront peut-être voulu lui dire : «chiche ?», et voir si nous avons la capacité de tenir avec cette attitude de défiance.
C’est dire donc que la posture nationaliste et patriotique n’est pas nécessairement celle qui convient ici, car, comme on l’avait déjà dit, les pays Schengen ne sont pas les seuls à avoir ostracisé les voyageurs en provenance du Sénégal. Même en prenant la précaution d’écarter de la réciprocité les personnes dont le pays a besoin, ou les résidents au Sénégal, il n’est pas facile de convaincre que le pays a la capacité diplomatique de convaincre les grands pays du monde occidental -ceux qui ont mis en œuvre cette mesure d’ostracisme- que le pays pourrait se passer de leurs ressortissants.
On peut donc croire que les négociations vont se poursuivre avec Mme Mingasson, et sans trop de bruit, pour convaincre les Européens à revoir leur liste.
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