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Dette africaine : Moratoire oui, annulation non !
Publié le jeudi 16 avril 2020  |  Autre presse
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© Autre presse par DR
Commission de l’Union africaine (CUA)
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De mémoire d’africain, rarement un président en exercice de l’Union Africaine a réussi à mettre ensemble, un noyau d’Africains dont les individualités comptent parmi les meilleures au monde. Cooptés d’une main heureuse ce dimanche 12 avril 2020 par Monsieur Cyril Ramaphosa de l’Afrique du Sud, Ngozi Okonjo-Iweala, Trevor Manuel, Donald Kabéruka et Tidjane Thiam avec pour mission ultime d’organiser la riposte contre les effets négatifs induits par le COVID-19 sur le très vulnérable espace territorial africain. La mise en place rapide de cette équipe nous amène à débourser un gros merci de notre tirelire que nous nous empressons avec un large sourire, d’adresser au Président en exercice. Ensuite, nous éructons un hourra de soulagement pour manifester à l’endroit de cette Dream-Team africaine au sein de laquelle on ne compte pas de Dame, notre satisfaction de les voir passer hauts les mains leur premier test de passage !

Pour les besoins de l’histoire et de notre curiosité personnelle, ce serait bien de savoir laquelle des deux parties à démarcher l’autre ! Le groupe des quatre vers l’UA ou l’UA vers l’équipe de rêve ? ! La réponse à cette observation est importante puisqu’elle va guider de son tempérament et de sa personnalité, la suite des évènements. Là ou entre autre élans de mansuétudes et de solidarités certains présidents occidentaux se proposaient d’annuler la dette de près de 50 Etats africains, Tidjane Thiam et ses amis rompus à la manœuvre internationale, ont su mettre dans la balance, la notion très responsable du moratoire. Je fais noter à cet instant précis que c’est là ou l’expérience cumulée des quatre Messieurs joue à fond sa carte d’une bonne connaissance des arcanes de la Haute Finance. Ainsi, en lieu et place de l’annulation, les pays créanciers se sont laissés charmés par un règlement des sommes empruntées que les pays débiteurs ont dûment contractées, à une plus longue échéance donc, le plus tard possible. En effet, pour les Africains que nous sommes et qui ployons sous le poids des effets induits de la colonisation, ce n’est pas une simple « nuance » qu’il y a entre annulation et moratoire.

Je fais remarquer au passage, que l’irruption sanitaire du COVID-19 dans nos paysages respectifs a montré qu’on pouvait être au même moment au même niveau de dénuement (masques et gels) avec les pays dits développés. Le désert médical est une donnée et surtout une constante finalement mondiale. Donc si le quatuor s’aligne sur la vision des gros prêteurs mondiaux traditionnels, cette grosse erreur reviendrait à reconduire toutes les pesanteurs coloniales, qui bouchent et qui rognent considérablement la nécessité de progrès du continent. Et ce n’est pas faute de disposer de toutes les grâces naturelles que le Bon Dieu nous a offertes. Je sais que certains de nos chefs d’Etat ne vont pas apprécier particulièrement cette préférence pour le rééchelonnement à très long terme. Pourtant ils prenaient plaisir à s’endetter au nom de nos pays et pour le développement de ceux-ci. On ne peut pas s’endetter massivement et se cacher le nez masqué derrière un virus pour réclamer et applaudir l’annulation de sa dette. Toute sa dette, en tout cas celle qui couvre la période de sa mandature. La dignité et l’élégance internationales voudraient que celui qui a endetté son pays au nom de son peuple, rembourse aux créanciers jusqu’au dernier sou. Il y va de la dignité de ce peuple pour lequel on se dévoue tant et pour lequel on s’endette tant.

Au-delà du fait que le moratoire introduit une version est dans le langage du paysage coloré « du colon aux pays colonisés », il faut savoir qu’aucun Etat à la surface du monde, n’échappe à la récession économique provoquée par le COVID-19. Cette forme passagère de pauvreté qui frappe le monde entier au même moment, pourrait couter très chère demain aux « 40 » Etats qui lorgnaient vers un effacement total de leurs dettes. Même si l’annulation envisagée par la Pape François était du même genre que celle préconisée par Paris, je vous jure que je resterai scotché à ma prudente réticence. Car c’est le meilleur moyen pour ces Etats de se réserver et de disposer à leur guise de nos ressources naturelles et de s’adjuger par la même occasion, des parts de marchés dans le BTP, dans le pétrole, sur nos minerais, nos matières premières etc… !

La main qui reçoit n’est pas condamnée à rester dans une posture inférieure et infériorisante. C’est pour cela que je félicite le groupe des quatre pré-positionnés comme des garde-fous par l’UA ! Mais ce groupe d’experts mondialement reconnu, joue sa seconde carrière et devrait négocier ce virage, en s’aménageant le meilleur angle de visibilité possible. Il faudrait que dans le cadre de leur mission temporaire, que les critères d’éligibilités des pays soient explicités au grand jour. J’entends que les pays qui lambinent quant à soutenir avec beaucoup de générosité et d’à-propos la communauté des acteurs qui se coltine à la tâche, soit assisté au prorata de leurs efforts. En d’autres termes, celui des pays qui consacre peu de moyens pour soutenir les acteurs de son économie dans cette période de confinement, de couvre-feu, ne devrait pouvoir toucher ni, le jackpot ni la cagnotte.

D’ailleurs il faudrait qu’un jour que ceux qui savent, me disent pourquoi certains de nos chefs d’Etats sont particulièrement enjoués à l’idée de voir leurs dettes cumulées effacées comme par enchantement ou par un coup de baquette magique ? Or donc avoir pour programme de société l’endettement à tout va n’est pas une bonne chose ? Eh ben dit donc ! Ensuite il faudra valider et suivre l’exécution d’un certain nombre de projets populaires dans les domaines de la santé et de la formation. Prioritairement. Car pour nous il ne s’agira pas de faire « la manche » pour que cela serve à tout sauf au peuple. Qui doit être le seul et grand bénéficiaire de cette opération qui vise à « blanchir », à mobiliser et à coordonner, la somme du soutien international aux efforts de l’Afrique à vaincre sans trop de dommages, le COVID-19.

Une contribution de KONE KOBALI

Libre auteur, créateur
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