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AUJOURD’HUI : 19 septembre 2012, Macky Sall supprime le Sénat à cause des inondations
Publié le vendredi 20 septembre 2019  |  Senenews
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© Autre presse par DR
Le Président Macky Sall
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Créée pour la première fois en 1999, le Sénat connaît deux vies relativement courtes. Appelée la Chambre haute, il constitue avec l’Assemblée nationale les deux institutions parlementaires du Sénégal, dans l’expérimentation du système bicaméral. Rétabli par Wade en 2007 après sa suppression en 2001, les inondations de 2012 remettent sur la table la question de sa pertinence et de son utilité. Le 19 septembre 2012, les parlementaires votent en grande majorité pour sa suppression afin de faire une économie de 8 milliards et de lutter efficacement contre les inondations.

Pour accélérer sa politique de décentralisation, le président Abdou Diouf décide de mettre en place le Sénat le 24 janvier 1999. L’exposé des motifs de la loi relative à la création du Sénat précise : « cette réforme s’inscrit d’abord dans le prolongement de la régionalisation ». Dans sa première composition, l’institution comprendra 60 sénateurs choisis comme suit : 12 d’entre eux seront nommés par le président de la République, 45 élus par l’Assemblée nationale et 3 élus par les Sénégalais de l’extérieur. Cette formule sera jugée assez injuste par l’opposition qui, considérant qu’elle n’a aucune chance d’avoir des sénateurs, optera pour le boycott sous la houlette du Parti démocratique sénégalais (Pds).

Pendant la campagne électorale de la présidentielle de 2000, le candidat Abdoulaye Wade fera la promesse de supprimer le Sénat et va s’y atteler dès qu’il sera investi. Pour des raisons d’économie, le président Wade propose et obtient la suppression de cette chambre lors du référendum du 7 janvier 2001. Mais après sa réélection en 2007, il restaure l’institution malgré les contestations de l’opposition qui soutient que c’est une manière de caser une clientèle politique.

Cette position va à l’encontre de ce qu’on peut lire dans l’exposé des motifs de la loi n° 2007-23 du 22 mai 2007 relative au Sénat : « Dans les systèmes de démocratie pluraliste contemporains, le bicamérisme apparaît comme un mode d’expression et de renforcement de la représentation nationale. L’expérience politique et administrative vécue au Sénégal ces dernières années a fini de convaincre de la nécessité d’une restauration du Sénat, qui permet d’assurer la représentation de proximité, notamment par la présence des élus locaux au Sénégal ». Des réformes majeures seront apportées. Désormais la Chambre haute est composée de 100 membres ; elle est la deuxième institution de l’Etat après le président de la République. Autrement dit, en cas d’empêchement de ce dernier, c’est le président du Sénat, en l’occurrence Pape Diop, qui va le remplacer et non le président de l’Assemblée nationale Macky Sall.

Août 2012, Dakar est sous les eaux. Un spectacle désolant qui ne milite pas en faveur du tout nouveau président, après six mois d’exercice. Pour lutter efficacement contre les inondations, le président Macky Sall annonce que le Sénat sera supprimé et son budget alloué à la lutte contre les inondations. Le projet de suppression est porté devant le Sénat, le 14 septembre 2012, mais la Chambre haute vote contre sa propre mort puisque le Pds y est majoritaire. C’est le 19 septembre que le Congrès (Assemblée nationale et Sénat) adoptera sa suppression avec effet immédiat, ce qui permettra de faire une économie de près de 8 milliards FCFA.
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