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Grève “And Gueusseum“: Le procès des agents de santé
Publié le samedi 9 juin 2018  |  Enquête Plus
Les
© aDakar.com par DF
Les travailleurs de la santé affiliés au SUTSAS ont marché ce matin à Dakar
Le Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l`action sociale a organisé une marche, ce jeudi 23 janvier à Dakar. Les revendications des blouses blanches se résument autour de quatre points : l’affection arbitraire des 32 agents de Louga, la restitution de l’enveloppe des heures supplémentaires, le paiement des trois mois de salaire des agents dans les zones difficiles du pays. Ils doivent rencontrer demain vendredi le gouvernement pour des négociations. En attendant les blouses blanches promettent de paralyser le secteur de santé. Ils ont marché de la place de l’Obélisque à la Rts où elles ont tenu un point de presse en présence des représentations du Syndicats d’enseignant entre autres.
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Depuis quelques mois, l’Alliance des syndicats autonomes de la santé (Asas) And Gueusseum est en grève pour réclamer le respect des accords signés avec le gouvernement. Mais cela n’est pas du goût des patients qui ont fait leur procès.

‘’Vous allez me rembourser. Vous êtes tous des escrocs !’’, lance un monsieur vêtu d’un Lacoste gris avec un jean bleu à une dame. ‘’Je ne vous dois rien du tout. Arrêtez de m’emmerder !‘’, rétorque la dame dans son bureau à l’hôpital Gaspard Camara. Le ton monte. Les curieux se précipitent pour suivre la scène. Tenant un garçon dans ses bras, Dame Diouf est dans tous ses états. Il veut poser le petit, mais ce dernier ne cesse de crier à cause des éclats de voix. Certains témoins s’en mêlent. Les uns donnent raison à la dame, les autres prennent parti pour M. Diouf.

A l’origine de la dispute, un ticket que Dame Diouf a acheté pour faire consulter son enfant. Une fois sur place pour la consultation, il s’est rendu compte que l’infirmier est absent. Lorsqu’il s’est renseigné sur la cause de cette absence, on lui a fait savoir qu’ils sont en grève. Une pilule qu’il n’a pas pu avaler, parce que, dit-il, la caissière savait bien qu’ils sont en grève. ‘’Elle ne devait pas me vendre le ticket. Elle aurait dû, au moins, me mettre au courant de la grève. Mais elle n’a rien dit. C’est de l’arnaque’’, crie-t-il. Pour ce quadragénaire, la somme compte peu, pour lui. ‘’C’est l’acte qu’il trouve malhonnête. Ils ne f... rien et veulent nous arnaquer’’.

Mais la dame, qui n’a pas voulu donner son nom, campe sur sa position. Selon elle, son rôle est de vendre des tickets. ‘’Il y a un bureau de renseignement. Il aurait dû s’informer avant de me donner son argent. Je ne vais rien lui donner’’, tonne-t-elle. Pour mettre fin à la querelle, un des vigiles est venu supplier M. Diouf de laisser tomber. ‘’Nous sommes dans un mois béni. Je te supplie, d’homme à homme et en tant que croyant, de partir. Je ne cherche pas à connaitre le coupable, ni la victime. S’il te plait, laisse tomber tout cela’’, supplie-t-il. Appuyé par certains curieux, Monsieur prend son bébé et sort de la structure.

Après son départ, les commentaires vont bon train. Assise sur un des bancs de la structure, Bintou Thiam est venue voir le dentiste. Lui ne fait pas partie de la grève. Mais cette dernière déplore la situation. ‘’Cela fait des mois qu’ils sont en mouvement. Ils doivent arrêter. On ne joue pas avec la santé des populations. Ils ne font que le service minimum, ce n’est pas normal’’, argue-t-elle. Comme s’ils se sont donné le mot, tous les patients sur place donnent leur avis. ‘’Je pense que l’Etat les laisse faire. Si on avait pris des décisions fermes, ils allaient rejoindre les hôpitaux. Ils font ce qu’ils veulent. Ce sont des irresponsables’’, fustige Mariétou Kane. Selon elle, quand on fait la grève pendant des semaines et qu’il n’y a pas de solutions, il faut savoir raison garder. ‘’Si les revendications étaient sérieuses, l’Etat allait tout régler. C’est parce que c’est des détails’’, ajoute Suzanne Basse.

Abass Ndao

A l’hôpital Abass Ndao, cette grève qui s’étire a aussi un grand impact sur le travail. Un médecin diabétologue renseigne qu’il y a un tas de travail qui est fait par les infirmiers. ‘’S’ils ne sont pas là, tout le travail est bloqué. Parce que le médecin ne peut faire toutes les tâches. C’est un peu difficile, mais on fait avec’’, dit-il. Sur la même lancée, il soutient que l’Etat doit régler ce problème, car les patients souffrent. ‘’Le travail, à l’hôpital, c’est une chaine. S’il y a un maillon qui manque, tout est bloqué. Parce que nous n’avons pas le rendu de leur travail. Ils bloquent toutes les informations. Il faut régler cette situation et leur permettre de travailler dans de bonnes conditions. C’est tout ce qu’ils demandent’’, défend-il.

‘’Je vois des malades pleurer ici, parce qu’ils ne sont pas pris en charge. Je ne sais pas ce qui retient l’Etat. Cette situation est déplorable. Nous sommes tous des travailleurs. Je ne comprends pas pourquoi l’Etat signe des accords qu’il n’est pas sûr de respecter. C’est irrespectueux. Cette grève a trop duré’’, déplore le vigile Makhtar Thioune.

Ce qui est sûr, est que And Gueusseum ne compte pas baisser les bras, tant qu’il n’a pas gain de cause.

NDIAME SOW, SECRETAIRE NATIONAL ADJOINT AND GUEUSSEUM

‘’Le gouvernement est le seul responsable’’

Composée d’infirmiers, de sages-femmes, d’assistants sociaux, de techniciens, de travailleurs des collectivités locales, entre autres, l’Alliance des syndicats autonomes de la santé (Asas) And Gueusseum ne compte pas lâcher du lest dans son bras de fer avec le gouvernement. Sa série de mouvements d’humeur dure depuis maintenant trois mois. Pour le secrétaire national adjoint de l’Alliance des syndicats autonomes de la santé (Asas) And Gueusseum, tout est de la responsabilité de l’Etat. Parce que, déclare Ndiamé Sow, ils avaient signé un protocole d’accord avec le gouvernement depuis 2014. Entre-temps, il y a eu des questions nouvelles dont les arriérés de salaires du plan Jica et des contractuels du plan Cobra. Egalement, les heures supplémentaires de 2014, 2017 et de cette année.

‘’Il y a aussi le plan de carrière des infirmiers d’Etat, des sages-femmes et des techniciens supérieurs. Nous avons porté une revendication, parce qu’au niveau de l’Oas, seul le Sénégal recrutait les infirmiers et les sages-femmes au niveau Bfem. Le Sutsas a porté le combat pour qu’on avance le recrutement au niveau du Baccalauréat. De fait, c’est un Bac+3, donc c’est le niveau de la Licence. Il fallait passer par l’Endss qui est une école de référence nationale. Mais cela n’a pas était fait’’, déplore M. Sow.

Le syndicaliste de renseigner qu’ils pouvaient observer une grève totale, mais il y a les patients. ‘’On assure le service minimum et les urgences. Nous sommes allés par paliers. On a commencé par une marche, un sit-in national. Il ne faut pas qu’on se focalise sur les conséquences, il faut d’abord voir les causes. On a fait la rétention des données sanitaires. On va évaluer le samedi. S’il n’y a aucune réaction du gouvernement, nous irons vers le boycott des programmes’’, avertit-il.

‘’Ce qui nous a radicalisés’’

L’autre revendication de l’alliance est l’épineuse question de la Couverture maladie universelle (Cmu) qui, selon lui, a plombé toutes les structures sanitaires. Il renseigne que l’Etat devait 16 mois aux structures. Une avance de 4 mois a été faite ; il en reste 12 à payer. ‘’Si je prends comme exemple l’hôpital de Pikine qui a consacré tout son budget à la Couverture maladie universelle, l’Etat lui devait 1 milliard. Ils ont eu comme avance 135 millions. Les postes de santé aussi n’ont reçu que 4 mois’’.

Mais, poursuit-il, ‘’là où le problème se pose réellement, c’est dans le système indemnitaire. Le gouvernement avait dit que le régime précédent avait bouleversé le système indemnitaire. Donc, il faut faire une étude pour rétablir l'équité et la justice sur ce régime indemnitaire. Il faut que tout le monde attende la fin de cette étude’’. Mais grande a été leur surprise, quand l’Etat a donné à certains corps des indemnités sans attendre l’étude. ‘’C’est ce qui nous a radicalisés et nous avons dit qu’on ne peut plus attendre l’étude’’. Aujourd’hui, ils demandent que l’indemnité de risque, qui est à 50 mille francs depuis le temps d’Abdoulaye Wade, soit portée à 100 mille.
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