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Pape Saër Guèye (membre du comité directeur du Pds): ‘’Aida Mbodj est dans l’illégalité et dans l’indiscipline absolue’’
Publié le samedi 4 mars 2017  |  Enquête Plus
Cérémonie
© aDakar.com par DF
Cérémonie officielle de 122e édition du Magal de Touba
Touba, le 21 novembre 2016 - La Cérémonie officielle de la 122e édition du Magal de Touba s`est déroulée en présence du Khalife général des Mourides. Le gouvernement était représenté par le ministre de l`Intérieur. Le corps diplomatique était également fortement représenté. Photo: Aïda Mbodj, député




Le Parti démocratique sénégalais (PDS) est à nouveau au-devant de la scène. Avec une bataille sans merci que se livrent ses différents responsables. Au milieu de cette confusion, l’ancien ambassadeur Pape Saër monte au créneau. Et c’est pour tirer à boulets rouges sur Pape Samba Mboup, Farba Senghor et Aïda Mbodj. Aussi, dans cet entretien avec EnQuête, il soutient qu’une réunion tenue en dehors des instances régulières du PDS est tout simplement fractionniste.

Quelle appréciation faites-vous de la situation qui prévaut au sein de votre parti, le PDS ?

Le Parti démocratique sénégalais (PDS), depuis 2012, est passé par deux étapes significatives de sa vie. Il s’agit d’une part, de la perte du pouvoir à la suite de laquelle nous avons tenu un congrès extraordinaire qui nous a permis d’engager les élections législatives de 2012. Malgré les difficultés, nous sommes sortis avec 12 députés. Cela a été très significatif dans la vie de notre parti. D’autre part, pendant quatre ans, nous avons été victimes d’une violence d’Etat avec la fameuse traque des biens mal acquis qui était basée sur des accusations autour de l’enrichissement illicite de nos responsables. Et toutes nos manifestations ont été interdites et marquées par des arrestations de nos responsables. Maintenant, après l’exil forcé de Karim Wade, nous avons engagé un processus de remobilisation, de consultation et de réorganisation du parti.

A ce niveau, le Secrétaire général national Me Abdoulaye Wade a donc désigné une délégation dont la plupart des membres sont des responsables des structures internes du parti. Maintenant, il y a une ou deux personnes qui occupent des postes de responsabilité et qui revendiquent la légitimité de participer à cette délégation. Ce qui peut se comprendre. Mais c’est une commission où tout le monde ne peut pas participer. Il faut rationaliser les rares ressources que nous avons. C’est la compréhension que j’ai de la situation.

Pourquoi Aïda Mbodj n’a pas été coptée dans cette délégation ?

Aïda Mbodj est associée sur des choses beaucoup plus importantes. Elle a été accueillie dans le gouvernement et a été même ministre d’Etat. Quand on a quitté le pouvoir, elle a été successivement député sur la liste nationale et non départementale, maire, présidente de conseil départemental. Elle a été promue à la plus haute station politique qu’une femme n’a jamais occupée dans l’histoire du Sénégal, présidente de groupe parlementaire. Maintenant, je ne lui connais pas un poste dans le parti qui justifie sa présence dans cette délégation. Puisqu’elle ne dirige pas la structure des femmes.

Il se trouve aussi qu’Aïda Mbodj, qui occupe tous ces postes stratégiques, dirige un mouvement. Comment un responsable de parti peut-il diriger en même temps un mouvement ? Dans l’histoire politique du Sénégal, quand on assume des postes politiques, on n’a pas besoin d’avoir un mouvement. Mais pour soutenir quoi ? Personne ne peut me faire accepter qu’un responsable de haut niveau dans un parti puisse avoir parallèlement un mouvement de soutien, s’il n’est pas candidat à la présidentielle.

Vous pensez donc que la démarche d’Aïda Mbodj est solitaire ?

Je constate simplement qu’au regard des textes et règlement intérieur du parti, cela s’appelle de l’indiscipline militante. Nous sommes dans un monde où il faut gérer les difficultés. Mais cela ne doit pas nous empêcher de nous dire la vérité quand il le faut. Cette tournée qu’elle est en train de faire, je la fustige et je la condamne. C’est une tournée illicite. Quand on prend les ressources d’un parti, on ne doit pas les orienter dans le financement d’une tournée, si seulement ce sont des ressources légales ; parce que je ne lui connais pas d’autres activités que ses fonctions politiques.

Avec la paupérisation dans laquelle Macky Sall a entraîné le pays, on ne peut pas utiliser les ressources d’un parti d’opposition pour faire une mobilisation ‘’Ndiaga Ndiaye’’ des populations. Il faut qu’on reste sur terre. Pour gagner le pays, nous avons besoin de 2,5 voire 3 millions d’électeurs. Malgré toutes ces rencontres qu’elle agite, elle aura difficilement du mal à mobiliser dix mille ou vingt mille personnes. Pour nous, il n’y a qu’une seule base, c’est celle du parti. Cette culture de tendance socialiste n’est pas valable au PDS. Je rejette cette notion tendant à dire que telle personne a une base. C’est la base du parti. Les hommes et les femmes qui sont dans le parti n’appartiennent ni à Aïda Mbodj, ni à Pape Saër Guéye ou à quelqu’un d’autres. Ce sont des militants du parti.

Que pensez-vous de ses accusations contre Oumar Sarr qui, selon elle, l’écarte des activités du parti ?

Mais, Aida Mbodj elle-même écarte le parti dans la conduite de ses activités. Elle met à l’écart le parti, elle prend d’autres personnes qui viennent de son mouvement. Elle effectue une tournée sans aucune notification du parti et n’associe pas nos responsables locaux qu’elle trouve dans les zones visitées. Donc elle est disqualifiée pour juger la démarche d’Oumar Sarr, notre coordonnateur. Elle est dans l’illégalité et dans l’indiscipline absolue.

Il n’y a pas qu’Aïda Mbodj qui fustige la démarche jugée solitaire d’Oumar Sarr. Il y a également Farba Senghor, Pape Samba Mboup et autres.

Vous savez, l’unanimité n’est pas de ce monde. On peut avoir raison de dire que pour tel acte, je ne suis pas d’accord avec Oumar Sarr, Farba Senghor ou Pape Saër Guèye. Ça, c’est la marche démocratique d’un parti. Mais il y a une manière de le faire au niveau interne. Mais si cela se fait sur la place publique dans le but de ternir l’image du parti, nous sommes obligés de réagir. On ne peut pas rester les bras croisés lorsque des responsables tordent le fonctionnement du parti. Parce qu’une réunion, dans une maison, de responsables en dehors des instances du parti, est fractionniste. Dans aucune organisation, vous n’avez le droit de délibérer sur une question interne en dehors des instances régulières.

A qui faites-vous allusion, à Farba Senghor ou à Pape Samba Mboup ?

Je parle de tous ceux qui ont été à cette réunion par rapport à ce qui a été rapporté et qui n’est pas jusqu’ici démenti. A part Farba Senghor et Pape Samba Mboup qui ont fait une sortie publique, je ne connais pas la position des autres. Je ne connais pas dans le parti des responsables qui se réunissent pour se faire appeler des authentiques. Ils sont authentiques par rapport à quoi ? Quel est le nombre de militants authentiques au nom desquels ils parlent ? Qu’ils nous donnent leur référentiel pour qu’on puisse comprendre.

Ils sont peut-être authentiques par rapport à Aïda Mbodj. Ceux qui ont participé à cette réunion ne sont pas plus authentiques que nous. Je les défie. De Pape Samba Mboup à Farba Senghor, excepté deux d’entre eux, qu’ils nous disent quand est-ce qu’ils sont venus dans le parti. Il y a aujourd’hui une déformation de l’histoire du PDS. Il y a des gens qui se donnent des pouvoirs qu’ils n’ont pas. Quand ils étaient nommés par le Président Wade, ils n’étaient pas pourtant les meilleurs Sénégalais ou les meilleurs Libéraux.

Malgré tout, les gens les ont soutenus. Et ils ne sont pas allés se réunir pour dire pourquoi on n’a pas mis Pape Saër Guèye ou une autre personne. Pape Samba Mboup, est-ce qu’il était le meilleur chef de cabinet parmi tous les 14 millions de Sénégalais quand Wade le nommait ? C’est grâce à la confiance du Secrétaire général qui était à l’époque président de la République. Aujourd’hui il n’y a aucun problème qu’on mette d’autres au-devant même s’ils viennent d’adhérer au parti. Nous sommes une organisation qui évolue. Moi je suis plus ancien qu’eux et je ne revendique pas de participer à cette délégation. C’est un échantillon de responsables représentatifs qui vont collecter des informations et qui ne prennent aucune décision. A leur retour, c’est en Comité directeur qu’on va faire une évaluation. Il n’y a pas longtemps, le Président Wade avait chargé Farba Senghor d’aller faire une tournée pour faire le point du patrimoine du parti. Pourquoi il n’a pas pris un autre ? Il y a des mandats, les militants qui doivent les exercer, il faut les respecter.

Est-ce que le Comité directeur de votre parti ne doit pas s’autosaisir de cette question ?

Personnellement je suis allé voir Farba Senghor avec le ministre Kansoubaly Ndiaye pour lui rappeler qu’il fait partie des six qui sont régulièrement consultés par le Secrétaire général national. Moi je n’en fais pas partie. Est-ce à dire qu’il a plus de mérite que moi ? Et pourtant, je suis plus ancien que lui dans le parti. Donc ce n’est pas une question d’ancienneté. S’ils veulent une amélioration dans la gestion du parti, là, il n’y a aucun problème. Si maintenant, c’est un chantage, ça ne passera pas.

Vous faites allusion à qui?

Je m’adresse à ceux qui prennent nos mandats, qui ne participent pas à nos réunions, suivez mon regard. Ils ne participent pas à nos marches, ne défendent pas nos responsables condamnés et sont toujours au palais de la République pour rencontrer le président de la République. C’est ce chantage qu’ils avaient opéré sur le Président Abdoulaye Wade, qu’ils veulent rééditer. Aujourd’hui, tous ceux qui avaient occupé d’éminentes fonctions, qui ont des moyens et qui prétendent être majoritaires, doivent aller dans les listes départementales. Qu’on mette sur la liste nationale, à 90%, des forces nouvelles, des cadres qui nous ont rejoints dans le combat et qui ont plus de mérite que nous. Parce qu’ils sont venus au moment où il y a la violence d’Etat qui s’abat sur nous. Mais penser que parce qu’on a été ministre, député ou ambassadeur, on doit être investi, c’est se tromper. Le monde évolue et les données doivent changer. Le pouvoir de Macky Sall utilise certaines personnalités au grand jour. Tout ce qui les intéresse, c’est d’essayer d’affaiblir le Pds. Ceux qui font ça servent le leader de l’APR. Nous sommes informés dans ce pays. Il y a ceux qui vont voir Macky Sall sans l’autorisation d’Abdoulaye Wade.

Voulez-vous dire que c’est le Président Macky Sall qui, de loin, tire les ficelles ?

Moi, je n’ai pas de dossiers. Mais ceux qui ont des dossiers, qui sont enivrés par le pouvoir et qui ont des besoins à hauteur de dizaines de millions par an, ont des problèmes. Je vivrais dans une case, je serais heureux. Il y a des gens qui ont des dossiers. D’autres, par des rabatteurs politiques professionnels, sont en train de régler leurs problèmes. Ceux-là se reconnaîtront et nous ne leur laisserons aucune place.

Quels peuvent être les conséquences de cette situation sur les prochaines élections à venir ?

Vous savez, les élections, c’est la légitimité, la crédibilité de notre organisation. En allant avec des personnes intègres, engagés, décidés, nous aurons toutes les chances de gagner.

Est-ce que cette situation ne risque pas d’être un handicap pour vous ?

La présidentielle, c’est la rencontre d’un homme avec son peuple. Vous ne me direz pas que nous qui avions été sanctionnés, n’avions pas fauté vis-à-vis du peuple sénégalais. Nous devons nous amender. Et nous amender, c’est permettre à ceux qui ne peuvent plus mener le combat de donner la place à des cadres de haut niveau qui sont au Canada ou dans le domaine du pétrole, en Afrique centrale, aux Etats-Unis, en Suisse, au Gabon et partout ailleurs à travers le monde.

Ce sera avec ces gens qu’on va diriger ce pays et certains qui se sont bonifiés d’une première expérience d’Etat. On n’a besoin que de 25 ministres pour diriger un pays. Nous ne sommes pas prétentieux mais nous avons le respect les Sénégalais. Le bilan du Président Wade, la contribution significative de notre candidat Karim Wade et la manière dont il a géré les départements ministériels qu’on lui avait confiés, constituent autant d’arguments pour nous. Karim Wade a participé à la diversification de nos relations diplomatiques avec l’Asie, les pays du Golfe en respectant nos relations avec la France et les Etats-Unis. Celui-là est attendu avec un staff de cadres, de cultivateurs, de jeunes engagés pour le Sénégal.

Comment le Pds compte-t-il aborder les prochaines Législatives ?

Nous sommes la première force politique et nous allons vers une alliance. D’ailleurs, c’est ce qui dérange certains. Ils ne sont pas d’accord sur cette dynamique et ne peuvent pas le dire. Pour nous, les Législatives, c’est des élections de conquête de pouvoir. Nous avons la possibilité de nouer une alliance avec certaines organisations de l’opposition et de la société civile. Nous sommes capables d’imposer à Macky Sall une cohabitation en 2017.

Avec qui comptez-vous nouer ces alliances ?

On n’exclut aucune force de l’opposition, de la société civile et des personnalités indépendantes. Le Président Abdoulaye Wade est dans l’obligation de tendre la main à tout le monde. Si dans ce processus, il y a 20 formations politiques, organisations de la société civile ou mouvements qui acceptent de s’entendre, on va faire des concertations pour faire des investitures équilibrées à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
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