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Deux ans dont six mois de prison pour le meurtre de Ndiaga Diouf: Le maire Barthélémy Dias et Cie condamnés mais libres
Publié le samedi 18 fevrier 2017  |  Enquête Plus
Référendum
© aDakar.com par MC
Référendum - Le maire de Mermoz Sacré-Coeur a voté
Dakar, le 20 mars 2016 - Les opérations de vote suivent leur cours dans le centre de vote de l`école Mass Massaër Niane 1 des Baobabs. Le maire de Mermoz Sacré-Coeur, Barthélémy Dias y a accompli son devoir civique. Photo: Barthélémy Dias, maire de Mermoz Sacré-Coeur




Finalement, Barthélémy Dias ne retournera pas en prison. Même cas de figure pour toutes les autres personnes impliquées dans la fusillade de la mairie de Mermoz-Sacré-Cœur. Des événements ayant entraîné la mort du nervi Ndiaga Diouf. L’édile a écopé hier de 2 ans de prison dont 6 mois ferme pour coups mortels, coups et blessures volontaires et détention d’armes sans autorisation administrative. Même peine pour Habib Dieng et Babacar Faye. Les nervis du Pds ont, eux, pris 2 ans avec sursis pour association de malfaiteurs, participation à un rassemblement illicite suivi d’actions diverses. 4 d’entre eux ont bénéficié d’une relaxe.

C’est connu. Six ans après les faits, Barthélémy Dias a été déclaré hier coupable de coups mortels, coups et blessures volontaires et détention d’armes sans autorisation administrative par le tribunal correctionnel de Dakar. Pour cela, il a écopé d’une peine de 2 ans dont 6 mois d’emprisonnement pour le meurtre du jeune plombier et non moins lutteur Ndiaga Diouf, le 22 décembre 2011. Le fils de Jean Paul Dias n’est pas le seul à avoir pris une peine ferme dans l’affaire de la fusillade à la mairie de la commune de Mermoz-Sacré-Cœur. Habib Dieng et Babacar Faye ont été condamnés à la même peine pour lesdits délits.

En sus, ils devront verser solidairement à la famille de la victime la somme de 25 millions de F CFA. Alors que les avocats de la partie civile avaient réclamé la rondelette somme de 150 millions pour toute cause et préjudice confondus. En effet, ils avaient soutenu mordicus que celui qui a tué Ndiaga Diouf n’est personne d’autre que Barthélémy Dias, qui a par la suite, fait disparaître l’arme du crime. Et que lui et ses deux co-prévenus ‘’devaient être traduits devant la chambre criminelle parce qu’ils ont ôté la vie d’un individu. Qu’ils n’avaient aucunement le droit d’agir ainsi’’.

Toutefois, Barthélémy Dias et Cie ne seront pas envoyés à la citadelle du silence de Rebeuss, car ils ont été sanctionnés à une peine qui est couverte par la durée de la détention provisoire.

Tous libres

Au même moment, Samba Diouf alias ‘’Ndiol’’, Badara Guèye, Bocar Sy, Cheikh Diop, Seydina Oumar Mangane, Cheikh Mbackiyou Siby ont pris 2 ans assortis de sursis. Ce, pour association de malfaiteurs, participation à un rassemblement illicite suivi d’actions diverses et vont allouer le franc symbolique au maire de Mermoz-Sacré-Coeur. Là où Abdoulaye Diène, Malick Thiombane, Hamath Guèye et Bocar Sy Doucouré ont obtenu la relaxe. Au finish, ils hument tous l’air de la liberté.

Le Parquet avait requis 10 ans de prison contre l’édile pour coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner et le décernement d’un mandat de dépôt. ‘’La ruse et le mensonge ne passeront pas dans ce procès’’, faisait-il remarquer. Concernant les camarades de Barthélémy, il avait demandé 5 ans ferme sans mandat de dépôt. Le maître des poursuites avait également demandé au tribunal d’entrer en voie de condamnation pour les ‘’nervis’’ du Parti démocratique sénégalais (Pds) pour une durée de 2 ans. Mais, Me Aïssata Tall Sall (actuellement en Afrique du Sud) et Cie avaient plaidé la légitime défense pour leur client, Barthélémy Dias. D’autant que, avaient-ils fait savoir, l’arme du crime reste introuvable.

Interjeter appel pour sauver la carrière politique du député-maire ?

Après le prononcé de la décision du juge correctionnel, Me Khoureïchy Ba, un des conseils de Dias-fils, s’est entretenu avec la presse. Il s’est d’abord réjoui ‘’personnellement’’ du délibéré face au réquisitoire ‘’très violent’’ du substitut du procureur. Ensuite, avec ironie, il a déclaré : ‘’Aujourd’hui, on se retrouve avec une telle décision. Je compatis à sa douleur. Je comprendrais même qu’il (le substitut du procureur) soit le premier à interjeter appel dans cette affaire. Parce que, c’est une affaire dans laquelle il a perdu et nous pouvons dire que nous avons gagné’’. A propos toujours de la sentence, il a ajouté : ‘’Dans le dispositif du jugement, on a un délibéré qui nous déclare coupable. Mais, en même temps, la peine est distribuée de sorte qu’il n’y aura pas de séjour en prison, puisqu’il y a une sorte d’arithmétique judiciaire qui a été très bien pensée’’. Poursuivant sa lecture du jugement rendu par le tribunal, Me Ba a soutenu : ‘’Déclarer coupable un prévenu, c'est-à-dire reconnaître le fondement de l’accusation. C’est quand même reconnaître qu’il a failli, qu’il a violé la loi pénale et cela, sur le plan éthique, ça me pose problème.’’

Toutefois, il n’a pas souhaité se prononcer sur la suite que lui et ses confrères de la défense comptent accorder à cette affaire. ‘’Par rapport à cette culpabilité, nous aviserons le moment venu, quand tous les confrères seront là’’. N’empêche que l’option d’interjeter appel n’est pas écartée et est même fort probable, si l’on en croit la suite de ses propos. ‘’Une décision de justice, quelle qu’elle soit, doit être critiquée. Et la meilleure critique, c’est de déférer la décision de ce jugement à la juridiction immédiatement supérieure pour que l’affaire soit de nouveau jugée. Que les prévenus continuent de bénéficier du principe sacro-saint de la présomption d’innocence’’, a-t-il dit. Avant de laisser entendre, en accord avec leurs clients : ‘’Si la nécessité s’impose, nous allons très certainement interjeter appel. D’autant plus qu’un problème d’interprétation peut se poser par rapport à la privation des libertés.’’ Une allusion très claire à l’avenir politique du député-maire Barthélémy Dias.

En tout état de cause, le maire socialiste aura toujours son argument de défense à la bouche : ‘’Je suis un acteur politique connu et reconnu. J’ai fait 6 mois de détention préventive. J’ai échappé à une tentative d’assassinat. On cherchait à attenter à ma vie et je me suis défendu.’’
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