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Éradication de la vente illicite de médicaments: Les pharmaciens prescrivent la bonne ordonnance
Publié le mardi 15 novembre 2016  |  Enquête Plus
Médicaments
© Autre presse
Médicaments trafiqués




Face aux attaques répétées contre les officines, les pharmaciens indiquent à l’Etat les meilleurs ‘’médicaments’’ pour éradiquer le phénomène : fermer les lieux de vente illicite, donner plus de moyens aux forces de l’ordre et voter la loi renforçant les sanctions.

Les pharmaciens n’en peuvent plus face aux cambriolages et agressions. Le double meurtre de gardiens d’officine à Ndioum n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ces dernières années par exemple, huit pharmacies ont été totalement dévalisées à Mbour. Pour dénoncer de tels actes, les pharmaciens ont observé vendredi dernier un arrêt de travail de 8 à 15 heures, à l’instar de leurs autres collègues du Sénégal. Ils ont en plus arrêté les gardes de nuits jusqu’à nouvel ordre pour des raisons de sécurité. Pourtant, si l’on en croit Dr Talla Diop, président du secteur syndical de Mbour, la décision n’a pas été prise de gaité de cœur, vu l’importance du rôle que cette branche de la santé joue au sein de la société.

C’est pour cette raison d’ailleurs qu’il pense que lui et ses semblables ‘’au service de la population’’, doivent bénéficier de beaucoup de protection de la part de l’Etat. Trouvée dans sa pharmacie, Marième Diba, affiche une mine triste dès lors qu’on aborde les meurtres de Ndioum. ’’Ca nous a fait vraiment mal et personne n’est à l’abri. Nous avons toujours peur, quand nous sommes de garde. Ce qui n’est pas normale. Il faut que l’Etat réagisse en renforçant la sécurité des pharmaciens de garde’’, plaide-t-elle. Pour cette dame, il fut un temps où il était rare d’entendre des cambriolages dans une officine. Mais depuis que le marché illicite est né, les cambriolages se multiplient. Et elle en fait l’expérience en 2005. ‘’Nous avons reçu la visite de cambrioleurs. Notre pharmacie a été totalement dévalisée. Ils ne nous ont rien laissé’’, se souvient-elle.

Le plus dur, selon Dr Diop, est que les acteurs s’endettent pour construire et remplir leur pharmacie, et se voient dévalisés par les braqueurs avant même qu’ils aient fini de payer les banques. Et après, ce sont les hors la loi qui en tirent les ficelles. ‘’Si les officines sont attaquées pendant la nuit, c’est pour alimenter le trafic illicite de médicaments’’, s’offusque-t-il. Par conséquent, l’éradication de ces marchés illicites est nécessaire pour lutter contre un tel fléau.

L’autre solution consiste à renforcer la sécurité des pharmacies qui sont de garde. Mais le plus important, selon lui, c’est de doter aux forces de sécurités des moyens de défenses pour faire face à de telles situations. ’’Imaginez qu’à Joal, il n’y a que quinze éléments de la gendarmerie. Si un délit est commis, comment peuvent-ils protéger les gens’’, se demande-t-il

Les vendeurs de cosmétiques sont aussi pointés du doigt, par Dr Diop. D’après lui, ces derniers vendent des produits destinés à la vente dans une pharmacie. ‘’Il faut le démantèlement du marché illicite de médicament. Mieux, fermer les dépôts illégaux sur toute l’étendue du territoire national. L’Etat a intérêt à renforcer la sécurité, car lui aussi perd dans les casses d’officines’’, fait-il remarquer.

Outre des rondes fréquentes dans les pharmacies, les acteurs exigent le vote de la loi relative au renforcement des sanctions pénales et pécuniaires pour le délit de vente illicite de médicaments et d’exercice illégal de la pharmacie.
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