Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Femmes    Pratiques    Le Mali    Publicité
aDakar.com NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Université - École Dior à l’heure de pointe: Le chemin de croix pour rentrer
Publié le lundi 18 janvier 2016  |  Enquête Plus




Après une journée de travail ou d’études bien chargée, rejoindre son domicile n’est pas si évident, selon les horaires de la descente. Ceux qui ont la malchance de finir le travail après 18 heures sont confrontés à d’énormes difficultés pour rallier les Parcelles Assainies, depuis l’Avenue Cheikh Anta Diop de Dakar.

Un ‘car rapide’ freine brusquement devant la rocade de l’université de Dakar dans un crissement de pneus qui ne surprend personne. Sur le marchepied, c’est le branle-bas de combat pour pénétrer dans ce véhicule de transport en commun afin de rentrer le plus rapidement possible. Malgré les avertissements de l’apprenti-chauffeur sur la surcharge, les clients ne veulent rien entendre. ‘‘Chauffeur démarre la voiture. On ne descend pas !’’ lancent les clients qui n’ont pu avoir de places assises et se sont agrippés à la barre métallique fixée sur le haut de cette vieille voiture. Le chauffeur, ruminant son amertume, se résout à partir avec cette surcharge qui ralentit davantage sa carlingue poussive. Les moins chanceux de cette bousculade, qui souriants, qui énervés, retournent faire le pied de grue, avant que la même scène ne recommence.

Quitter Dakar, le soir, pour rejoindre son domicile est un véritable chemin de croix. 19 heures à la rocade de l’Université de Dakar marque le début d’une heure de pointe qui peut aller jusqu’à 21 heures passées. Ici s’embourbent véhicules de transport en commun comme les cars rapides, Ndiaga Ndiaye, Tata, ainsi que les taxis et voitures particulières où chacun veut passer avant tout le monde. Dans un éprouvant concert de klaxons, d’exhalaison de fumées et parfois de sèches invectives entre conducteurs, les passagers attendent le bon bus pour rentrer, après une journée bien chargée. Devant les deux portes du Camp Jérémy, l’attente se fait longue pour cet étudiant de la faculté de Droit qui attend le car depuis le crépuscule. ‘‘Ça fait plus d’une demi-heure que j’attends une voiture pour rentrer. Chaque fois que je finis mes cours à 18 heures, c’est un vrai cauchemar pour moi. Je préfère, des fois, traîner à la bibliothèque universitaire, et attendre jusqu’à 20 heures passées pour rentrer’’, lance-t-il. Son ami Abdou Dia, de la même faculté, maudit quant à lui ses cours de l’après-midi. ‘‘Les lundis sont le jour que j’aime le moins de mon emploi du temps. Après les cours du matin et du soir, il faut venir jouer des coudes ici pour pouvoir rentrer’’, se plaint-il.

Une situation causée par la convergence de nombreux véhicules venant du centre-ville, combinée à l’absence de la Police de la circulation à la tombée de la nuit, selon ce chauffeur de 'car rapide' qui y va de sa propre analyse : ‘‘A cette heure, tout le monde veut rentrer. On dirait que tout le centre-ville sort en même temps et c’est ce qui pose problème, pas nous les transports en commun. Si les policiers, qui sont là dans la journée, assuraient une veille permanente, la situation serait moins critique’’, propose-t-il. Le moyen le plus commode est bien sûr de prendre le taxi mais, preuve que les points de passage menant à l’école Dior, la destination finale, sont redoutés, les taximen refusent carrément toute course impliquant d’aller au-delà du Cices. ‘‘Les Parcelles Assainies à cette heure ...? Non j’ai peur de m’embourber à la Foire’’, déclare ce chauffeur de taxi qui, malgré son accord préalable pour 2500 F Cfa, s’est ravisé. ‘‘On perd trop de temps à gagner cette destination’’, proteste-t-il, avant d’appuyer sur le champignon et de prendre la direction de Colobane.

La dictature des apprentis

Issa l'apprenti de la voiture qui nous transporte n’a jamais fait l’école, encore moins de cours d’Economie. Mais lui, comme ses compères qui opèrent à ces heures, ont compris une leçon : quand la demande est supérieure à l’offre, il faut en tirer un profit maximal. Dans son habillement débrayé, jean usé arrivant à mi fesses et un maillot de basket-ball des Lakers de Los Angeles malgré l’air un peu frisquet, il traîne volontairement le ton de sa voix et explique la technique. ‘‘Au lieu de faire le trajet jusqu’à l’école Dior, nous segmentons le parcours.

Maintenant à la Foire de Dakar, on demande aux clients de descendre et de là, nous faisons une nouvelle course jusqu’à Dior’’, déclare-t-il sans ambages. Une segmentation qui leur rapporte 50 ou 75 FCfa de plus, par client sur le tarif normal. ‘‘Ce qui est normal, puisque quand il n’y a pas de clients, nous ramenons le prix à 100 FCfa au lieu de 125’’, poursuit-il. Les contrôles de la police étant inopinés, les clients sont complètement à la merci des apprentis. ‘‘Nous n’avons pas d’autres choix. Mieux vaut payer cette somme modique que de se compliquer la tâche’’, souligne un client qui n’a pas compris la réticence des passagers à se plier à la règle, une fois arrivés à la Foire.

Rares sont les portions de route, entre l’Ucad et l’école Dior, où l’on peut vraiment rouler à allure normale à l'heure de pointe, le soir. Si la circulation est relativement fluide entre l’Université et l’Ecole normale, tout le reste se passe à vitesse d’escargot. De la station d’eau de Sacré-Cœur, bizarrement surnommée ‘Poste courant’, à la fin du trajet, une longue file de signalisation arrière des véhicules offre une vision de rouge à perte de vue. Les voitures avancent lentement et gagnent le moindre pouce de terrain devant quelques resquilleurs qui essaient de changer de position dans un concours de klaxons insoutenable. Moment choisi par les vendeurs à la sauvette pour se faufiler entre les véhicules et proposer leurs marchandises dans l'indifférence totale des conducteurs. Les chauffeurs de ‘cars rapides’ et ‘Ndiaga Ndiaye’ plus alertes, ou plus pressés, quittent la chaussée de la Voie de dégagement nord (Vdn) pour s’engager sur les routes secondaires cahoteuses en face des habitations cossues.

Les goulots d’étranglement les plus craints sont ce point de passage, le point de Sipres, l’échangeur de la Foire, le rond-point de Nord-foire et dans une moindre mesure, le tournant de l’unité 26. Ce qui pose un autre problème pour l’étudiant Abdou Dia : ‘‘Les apprentis prennent des raccourcis pour vite arriver. Ce qui fait que, des fois, nous faisons une partie du trajet à pied, pour ceux qui doivent aller à Diamalaye. Puisqu’ils bifurquent à l’intérieur des Parcelles. Il n’y a pas d’autres moyens que d’accepter’’, se résigne-t-il.
Commentaires

Dans le dossier

Société 2016
Sondage
Nous suivre

Nos réseaux sociaux


Comment