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Non endettée auprès de l’Adm : Aliou Sall dénonce un déséquilibre en faveur de Dakar
Publié le samedi 16 janvier 2016  |  Le Quotidien
Aliou
© Autre presse par DR
Aliou Sall, maire de Guédiawaye, élu président de l`Association des maires du Sénégal (AMS)




Pour mieux aider les collectivités locales à s’émanciper, l’Etat doit veiller à l’équité territoriale : c’est l’avis de Aliou Sall, président de l’Association des maires du Sénégal. Il s’exprimait lors de l’installation du comité de coordination de la préparation du nouveau programme d’appui à la décentralisation.

Selon lui, l’endettement des communes envers l’Agence de développement municipale (Adm)­ tel que révélé hier dans Le Quotidien relève certes des exécutifs locaux. Mais pour certains cas comme celui de sa ville Guédiawaye, cela est dû à l’impossibilité de faire face à certaines charges. «Si je prends l’exem­ple de ma ville Guédia­waye, nos ressources propres tournent autour de 50 millions de francs Cfa par mois, avec une masse salariale de 46 millions par mois. Au moment où dans la même région, une ville comme Dakar se retrouve avec un excédent de ressources dû aux taxes appliquées aux entreprises. Entreprises qui s’enrichissent parce qu’elles utilisent des employés venant de Guédia­waye, de Pikine, etc. En retour, ces taxes sont versées à une seule collectivité qui se voit déchargée de l’essentiel de ses compétences», s’indigne Aliou Sall.
Dans ces conditions, Aliou Sall n’est pas surpris de voir que Dakar soit la seule à pouvoir rembourser ses dettes et à ne pas être endettée auprès de l’Adm. Il souhaite donc que l’évaluation prenne en compte l’équilibre dans la distribution des ressources, notamment pour mettre en exergue certaines solidarités régio­nales, vu que la richesse est développée par l’ensemble des habitants de la région. Elle devrait être aussi partagée par ces mêmes habitants, souligne M. Sall.
Néanmoins, la crédibilité des collectivités locales a été abordée pour leur permettre de bénéficier des financements du nouveau programme d’appui à la décentralisation. Les collectivités qui ont bénéficié de financements de l’Adm à travers le Programme de renforcement et d’équipement des collectivités locales (Precol) et qui doivent encore de l’argent à cette structure risqueraient de ne plus en bénéficier. Aliou Sall est parfaitement conscient qu’avant d’être éligible à un appui du Precol, toute collectivité locale fait l’objet d’un audit qui permet notamment de mesurer son niveau de solvabilité et ses capacités de remboursement. C’est à partir de ces éléments que les crédits sont alloués avec des délais de remboursement, le tout sous la supervision et la garantie du préfet. La question est qu’une fois les crédits obtenus, les maires jettent leurs engagements à la poubelle, surtout ceux qui sont proches du pouvoir en place. Et les préfets sont quelque part complices par leur silence.
Et sans doute pour montrer ses nouvelles résolutions, le président de l’Ams a annoncé : «En tant que maire de Guédiawaye, je fais partie des maires les plus endettés vis-à-vis de ce programme. Dans les débats budgétaires de cette année, le conseil de la ville de Guédia­waye s’est engagé à consacrer l’essentiel de ses investissements à un remboursement progressif parce que nous devons 300 millions et un peu plus. Nous ne pouvons pas tout rembourser en une année. A partir de cette année, nous allons consacrer plus de 90% de nos ressources d’investissements à cette dette et à d’autres. Nous engagerons les collectivités locales concernées à faire de cet appel une priorité. Parce que nous ne pouvons pas réclamer davantage d’investissements sans pour autant assumer nos responsabilités», explique-t-il.
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