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Art et Culture

Le réalisateur Cheikh Fantamady Camara : Le premier lauréat Sembene se remet en piste
Publié le mardi 22 septembre 2015  |  Le Quotidien




Il fut le premier réalisateur à avoir reçu le grand prix Ousmane Sembene du festival africain de Khouribga en 2006. C’était avec son premier long métrage Il va pleuvoir sur Conakry. Neuf ans après, le réalisateur Guinéen Cheikh Fantamady Camara revient en compétition avec sa dernière production Morbayassa. Un film qui selon lui, «traite des thématiques de sociétés dramatiques très fortes, des liens humains». «C’est en réalité, le combat d’une femme pour rejeter le destin qui lui est imposé par la force des choses, afin de construire un avenir rêvé» dit Cheikh Fantamady.

Pour l’histoire, Bella, une belle Guinéenne de 30 ans, est danseuse dans un cabaret de Dakar au Sénégal. Elle mène une vie de prostituée sous l’emprise d’un réseau de proxénètes dirigé par Kéba. Bien que soumise à ce destin de débauche, Bella a pourtant un objectif essentiel lié à son passé : trouver les moyens nécessaires pour aller à la recherche de sa fille, abandonnée à sa naissance à Bamako (Mali), 18 ans auparavant, alors qu’elle était une prostituée de 15 ans. «Morbayassa est un pacte intime de réconciliation entre les différentes péripéties de la vie de Bella. Dans une aventure où se succèdent de douloureux événements, à l’issue desquels elle cherche désespérément à maîtriser son destin…», précise le synopsis.
Ce film en compétition officielle a-t-il des chances de remporter la plus grande distinction du festival ? Les avis sont partagés. Si pour certains cinéphiles cette production est à la hauteur des attentes du public, il n’est pas forcément le film le plus abouti en lice. D’autres vont jusqu’à reprocher à cette fiction, certaines scènes qui heurtent et qui serait «acides». En réalité, cette œuvre est un vieux conte guinéen que le réalisateur Cheick Fantamady Camara a réinterprété pour raconter le combat de Bella. Mais d’où a émergé l’idée de ce film ? «C’est venu d’une simple remarque entre un ami français et moi. En 1995, à Bamako, j’étais deuxième assistant-réalisateur d’un film dont j’ai rencontré l’ingénieur du son. Deux ans après, je suis parti en France pour un stage. Alors j’ai retrouvé l’ingénieur du son qui me disait avoir adopté entretemps avec sa femme, une petite fille au Mali. J’étais très content pour eux. Un jour, invité chez lui, je lui ai posé la question : à l’adoption, on vous a dit que les parents de la fille sont morts, mais si un jour sa maman descendait du ciel pour vous dire qu’elle vient pour reconnaître son enfant, quelle serait votre réaction ? Il m’a regardé bizarrement. C’est là que l’idée du film est née» confesse le réalisateur.
Pour cette 18e édition, le réalisateur guinéen n’est pas d’ailleurs pas dépaysé. Que son film ne remporte ou pas une distinction ne semble pas être une priorité. Il discute, rigole avec des amis de longue date et se plait à parler de cinéma devant les micros qui se tendent vers lui, et face aux caméras de Khouribga. «Je garde de très bon souvenir de Khouribga qui est un festival professionnel et convivial» a-t-il confié.
Né en 1960 à Conakry en Guinée, Cheick Fantamady Camara a suivi en 1997 une formation à l’écriture de scénario à l’Ina et en 1998 à la réalisation en 35 mm à l’Ecole nationale Louis Lumière. En 2000, il réalisa son premier court métrage “Konorofili”, suivi de “Bé Kunko” en 2004. En 2006, il réalisa son premier long métrage “Il va pleuvoir sur Conakry”, primé par une vingtaine de prix à travers le monde, dont le Prix Ousmane Sembène à Khouribga en 2008. C’est en juillet 2010, qu’il avait tourné à Dakar, son second long métrage “Morbayassa” avec les principaux acteurs de son précédent long métrage.
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