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Sénégal: les étudiants ont été instrumentalisés pour perturber la visite de Macky Sall à l’UCAD, selon des hommes politiques (SYNTHESE)
Publié le samedi 8 aout 2015  |  Xinhua




DAKAR -- Les jets de pierres contre le cortège du président Macky Sall, en visite à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar, vendredi dernier, ont été le fait d'étudiants instrumentalisés par des partis politiques, ont estimé certains leaders de la classe politique sénégalaise.

Des étudiants impliqués dans la perturbation de cette visite ont été arrêtés et sont toujours détenus, une procédure judiciaire étant ouverte contre eux.

D'anciens dirigeants du mouvement estudiantin, aujourd'hui leaders dans la classe politique, ont estimé dans la presse locale, que ces étudiants ont agi à la demande de certains politiciens.

Le président du parti Mouvement des patriotes pour le développement, Dr Aliou Sow, est catégorique : "on ne jette pas des pierres à un président. C'est inacceptable".

Pour lui, "ces jets de pierres peuvent être interprétés comme une tentative d'assassinat".

"Malheureusement les partis politiques instrumentalisent les étudiants à leur manière", a-t-il soutenu avant d'estimer que "c'est l'argent des politiciens qui crée des problèmes à l'université".

"Quand un parti politique donne à des étudiants une subvention de 5 à 7 millions, il les pousse à ne plus faire d'efforts mais à tourner autour des enjeux financiers", a-t-il avancé.

"Auparavant, les dirigeants du mouvement estudiantin alliaient études et politique. Dès lors que les plus nuls, qui veulent une ascension politique, s'imposent, cela devient un problème", a-t-il ajouté.

Toutefois, a-t-il estimé, "on ne peut pas empêcher la présence de la politique à l'université" et de souligner que "la radicalisation n'est pas la solution. Elle poussera les étudiants à se solidariser et à être plus violents".

Il a enfin proposé "la création d'une commission nationale pour la réforme démocratique du mouvement estudiantin avec des critères d'éligibilité clairs comme l'excellence".

De son côté, le président de Visions Alternatives pour le Sénégal (Visas), Déthié Diouf, a accusé "les autorités universitaires d'avoir violé la loi qui régit le mouvement estudiantin" en n'organisant pas depuis des années des élections de représentativité des étudiants.

"Si les gens préfèrent des interlocuteurs de convenance, cela peut marcher un moment, mais dans le long terme, il y aura un clash", a-t-il affirmé.

"Il faut aider les étudiants à s'organiser. On ne doit pas avoir peur de l'organisation des étudiants", a-t-il conclu.

Le président du groupe parlementaire Benno bokk yakaar (mouvance présidentielle), Moustapha Diakhaté, a, pour sa part, admis que "l'université est un espace très politisé" et d'estimer qu'"il y a manifestement des soubassements politiques puisque ce sont des étudiants politiques qui sont à l'origine des jets de pierres".

"Le mouvement estudiantin est débordé par des gens qui veulent régler des comptes politiques", a-t-il affirmé.

Pour le député, "les étudiants peuvent être en désaccord avec le président de la République et sortir des tracts contre lui".

Toutefois, "un jet de pierre n'est pas une arme pour des étudiants, c'est une insulte aux institutions de la République", a-t-il souligné avant de souhaiter que "les auteurs et les commanditaires soient recherchés et sévèrement punis pour que cela ne se répète plus".

Par ailleurs, la directrice générale de la police nationale, Anna Sémou Faye, a nié "tout manquement dans le travail des renseignements généraux de la police", avant la visite du président à l'université.

"Lorsqu'on n'est pas un professionnel de la sécurité on peut facilement se faire embarquer dans des analyses qui ne sont pas toujours objectives", a-t-elle soutenu.

"Les jeteurs de pierres ont été rapidement circonscrits et n'ont pas pu empêcher le président de la République de dérouler sa visite", a-t-elle affirmé.
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