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Lutte contre le trafic de bois: ‘’Le différend est purement juridique’’
Publié le lundi 29 juin 2015  |  Enquête Plus




Pour lutter efficacement contre la coupe abusive de bois dans les régions de Kolda et Sédhiou, 400 nouveaux agents des Eaux et Forêts seront recrutés cette année. La révélation a été faite par le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Bibi Baldé, lors d’un comité régional de développement (CRD) tenu ce jeudi 25 juin à Kolda.



Déconcertant, alarmant, effrayant..., les adjectifs et les superlatifs ne manquent pas pour décrire l’ampleur du trafic du bois dans les régions de Kolda et de Sédhiou et ses conséquences sur l’économie régionale ou nationale. Car, malgré la ténacité des agents des Eaux et Forêts et l’Armée, le trafic illicite de bois ne faiblit pas. Ainsi, pour barrer la route aux trafiquants, l’Armée, le service des Eaux et Forêts et toutes les autres forces de sécurité ont décidé, le jeudi 25 juin, lors d’un CRD, d’unir leurs efforts pour contrecarrer les « ennemis » de la forêt. Le ministre des Forces Armées, Augustin Tine, a déploré le fait que le bois coupé au Sénégal soit déporté dans les pays voisins comme la Gambie où sont installés depuis belle lurette les Chinois. Selon Augustin Tine, le Sénégal ne peut plus continuer à perdre ses ressources naturelles.

La gendarmerie, l’armée, la douane, la police et les eaux et forêts vont intensifier, dans les prochains jours, la lutte contre ce pillage. « Si le mal est en nous, nous devons combattre ce fléau afin de sauvegarder notre forêt. Ceci, pour le bien-être de la population », a ajouté le ministre, avant de souligner l’urgence de réagir le plus rapidement possible ‘’sinon, d’ici quelques années, le Sénégal va devenir un désert ».

En 2015, 400 nouveaux agents des Eaux et Forêts seront recrutés

Pour y arriver, 400 nouveaux agents des eaux et forêts seront recrutés cette année. En outre, le ministre de l’Environnement et du Développement durable, Abdoulaye Bibi Baldé, estime qu’il faut durcir les sanctions et la répression. « Nous allons renforcer le dispositif et même sur le plan institutionnel, quitte à légiférer pour alourdir et accroître la répression. Parce que le problème devient de plus en plus inquiétant. Le Sénégal perd chaque année 400 hectares de forêt, du fait de l’action néfaste de l’homme sur cette ressource », a souligné le ministre.

Il faut dire que le trafic intense en cours le long de la frontière avec la Gambie constitue la goutte de trop. Pour mettre fin à ce fléau, les plus hautes autorités ont déclaré la guerre sans merci aux pilleurs. Sur les causes de l’ampleur de la coupe abusive de bois, certains évoquent la pauvreté et le manque d’emploi. Ce qui ne pourrait être une excuse, selon le ministre de l’Environnement et du Développement durable. Qui rappelle que, pour sortir les jeunes de la pauvreté, l‘Etat du Sénégal a initié d’importants programmes comme les domaines agricoles communautaires dont les populations pourraient bientôt bénéficier.

Des menuiseries et des scieries constituent des facteurs aggravants

En tout cas, au vu du rythme où vont les choses, les régions de Kolda et de Sédhiou qui abritent l’un des derniers massifs de forêts du pays risquent de voir leurs forêts disparaître progressivement. Il ne se passe pas un jour sans que la forêt ne subisse les attaques des bûcherons. Alors que les arbres prennent des années pour se régénérer.

Cette lutte contre le trafic et la coupe abusive de bois dans la forêt ne fera tâche d’huile que si les autorités sénégalaises collaborent avec celles de la Gambie qui abrite les Chinois qui font qu’aujourd’hui, le marché du bois est devenu très juteux. Mais aussi, limiter les ateliers de menuiserie. Dans les régions de Kolda et de Sédhiou, le nombre impressionnant de menuiseries et de scieries fait froid au dos. Et malheureusement, tous ceux-là ne vivent que du bois. Ce qui fait dire qu’il faut repenser l’octroi des permis de coupe et l’installation des scieries.
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