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« Ma vision du Sénégal de demain » : Moubarack Lô accuse Mamadou Diop Decroix de «plagiat »
Publié le mercredi 13 novembre 2013   |  ferloo.com




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A peine rendu son document pour un Sénégal émergent, Mamadou Diop Decroix est accusé de «plagiat » dans l’esprit et dans le texte « Ma Vision du Sénégal de demain», par le conseiller du président de la République, l’économiste Moubarack Lô.

Nos tentatives de rejoindre Mamadou Diop Decroix restent vaines. Toutefois, nos colonnes lui sont ouvertes pour permettre à nos lecteurs de découvrir ce document intitulé "Gëm Sa Bopp" (Croire en soi) où il donne les clés d’un Sénégal émergent.

Dans l’attente du document "Gëm Sa Bopp" de Mamadou Diop Decroit, Ferloo vous propose "Ma Vision pour le Sénégal de demain" de Moubarack Lô

«En vérité, Dieu ne change pas l’état d’un peuple tant qu’il n’a pas changé ce qui est en lui-même » (Coran, Sourate XIII, Verset 11)

C’est à la suite d’une réflexion approfondie que j’ai décidé de m’impliquer dans la Présidentielle de 2012, dans une perspective mue par un constat, une conviction et un but.

Le constat, c’est les maux multiformes qui assaillent notre pays. Plus de cinquante ans après son indépendance, le Sénégal tarde toujours à assurer son développement et demeure classé parmi les pays sous-développés. Aujourd’hui, prés d’un Sénégalais sur deux est considéré comme pauvre ou souffrant d’une alimentation insuffisante. Le chômage gangrène les jeunes, y compris les diplômés, et les pousse à chercher à émigrer. De nombreux chefs de famille arrivent difficilement à assurer la dépense quotidienne, du fait d’un coût de la vie excessif et mal maitrisé. Neuf enfants sénégalais sur 100 meurent avant d’atteindre 5 ans et quatre femmes sur mille décèdent en donnant naissance. Dans le monde rural, les agriculteurs et des éleveurs sont presque laissés à eux-mêmes, sans possibilité de crédit, d’intrants, de conseil ou d’équipement pour améliorer leur productivité, tandis que les prix au producteur demeurent faibles comparés aux marges engrangées par les autres acteurs intervenant en aval. Des milliers de villages sont encore privés d’eau potable, d’électricité et de pistes d’accès. Trente ans après son déclenchement, le problème casamançais demeure entier, malgré les multiples efforts engagés par les Pouvoirs publics. Notre patrimoine culturel national se délite, l’Etat se préoccupant insuffisamment de sa sauvegarde.

Notre pays accuse bien dix siècles d’existence. Mon dixième arrière grand père, Ndasmi LO, s’est installé à Mboul dans le Cayor et gérait tranquillement une exploitation de coton florissante. Notre pays a toujours contribué à forger l’histoire de l’Afrique, par la capacité de ses fils et filles à marquer leur époque. Le Sénégalais est évocateur, aussi bien au plan religieux, politique, économique, social et culturel. Notre pays, terre d’escale, de rencontre de plusieurs cultures et de teranga, peut assurément prétendre au statut de patrimoine de tous les peuples du monde. Aujourd’hui, en tant qu’héritiers de la riche et longue histoire de notre pays, pouvons-nous être fiers du flux inexorable de bras valides de la brousse vers Dakar, et de Dakar vers l’espoir tant entretenu de l’eldorado européen ou américain. Oui, si l’on regarde ce qu’il est advenu des contrées du Sénégal où le goût de l’aventure a tardivement tenté ses habitants. Non et trois fois non, si l’on constate que l’Europe ferme ses portes, que Dakar ne peut plus supporter davantage la misère dans ses banlieues, et qu’aucune perspective rassurante ne s’offre aux jeunes qui se sont stoïquement résolus à rester dans le pays.

Pendant ce temps, certains responsables publics et élus, en toute insouciance, continuent à mener un train de vie dispendieux, dans un contexte de mal gouvernance, d’affaiblissement permanent de l’Etat, de politique politicienne et de promotion des contre-valeurs au détriment des valeurs. Le Sénégal, naguère célébré partout pour sa sagesse et ses avancées démocratiques, fait l’objet de railleries, au niveau africain et mondial, et le pays perd, année après année, de son influence sur la scène diplomatique.

A qui la faute ? Nul ne peut se dédouaner face à cette situation et chaque acteur a une certaine part de responsabilité. Au premier plan, l’Etat, pour n’avoir pas pu ou su, depuis l’indépendance du pays, matérialiser l’articulation indispensable entre la politique de développement et les potentialités du pays. S’y ajoute, malheureusement la politique dite « politicienne» et, depuis quelques temps, les méfaits de la mal gouvernance. Les élites et les forces vives de la société ont également leur part de responsabilité, du fait de leur faible implication dans la gestion de la Nation, leur manque d’engagement citoyen et, malheureusement, de plus en plus, la priorité donnée à la défense des intérêts personnels ou corporatistes. Enfin, les populations de base ne sont pas étrangères à cette situation, en raison de leur manque de culture citoyenne qui se manifeste dans la propension à ne tenir nullement compte des programmes proposés par les candidats aux élections, à monnayer parfois leur choix électoral et à ne pas sanctionner les promesses non tenues.

Ce panorama apparaît sévère et pessimiste. Faut-il rester fataliste ? Assurément non. Car, fort heureusement, ces populations ont pris la pleine mesure du malaise ambiant. Ces derniers temps, elles ont posé d’importants actes pour montrer leur rejet de la forme de gouvernance en cours : port de brassards rouges lors de visites du chef de l’Etat sur le terrain, interventions dans les émissions de radio (« Wax Sa Xalat »), marches, immolations par le feu, grèves de la faim, irruption du « mouvement Y en marre », etc.

De leur côte, la Société civile et les partis d’opposition (absents pour la plupart du Parlement), ont su bâtir sur ce lit de mécontentement populaire pour exercer une pression sur le Pouvoir, dénoncer ses errements et organiser, avec succès, des Assises nationales ayant abouti à l’élaboration d’une nouvelle charte de la gouvernance publique que toutes les parties prenantes s’engagent à mettre en œuvre dans le futur.

En tant que simple citoyen, je comprends et partage toutes ces manifestations, puisque je vis, avec ma famille large et mes voisins, les mêmes difficultés. Nous souffrons, du point de vue physique ou moral, des mêmes manques. En un mot, nous sommes tous dans la même galère et nous disons tous « Y en a marre ».
Mais, il ne saurait suffire de dénoncer cette situation et de n’avoir comme seul slogan « Na dem, Na dem Na dema dema dem » (en français : « que le Pouvoir dégage, qu’il dégage vite »). En 2000, c’est ce même slogan qui a emporté le régime d’Abdou Diouf qui était pourtant engagé dans un vrai aggiornamento au sortir de la dévaluation du FCFA en 1994 et qui commençait à recueillir les fruits de ses efforts de réforme. Onze ans après, la déception l’emporte très largement sur l’enthousiasme, même si Abdoulaye Wade a pu remporter de vrais succès dans certains domaines, aidés en cela par le sens républicain des fonctionnaires qui, comme les militaires commis, ont continué à gérer les chantiers économiques et sociaux de l’Etat, sans états d’âme, n’ayant comme seul souci que celui d’être au service du peuple.

Aujourd’hui, il est urgent de bien établir, sans parti pris, le diagnostic du pays, de corriger les faiblesses et de consolider les acquis, en dessinant de vrais programmes alternatifs, crédibles parce que bien réfléchis et proches des faits réels. Et, il est regrettable de constater qu’à huit mois de la Présidentielle, la classe politique n’ait jamais pris la peine de penser, dans le cadre de séminaires spécifiques, les programmes sectoriels qui pourraient être mis en œuvre après l’élection de 2012.

La Charte des Assises nationales, même pertinente, ne saurait représenter à elle seule un programme de gouvernement, ni les quelques idées discutées en marge des réunions. Rien, en dehors des questions de gouvernance qui ne pourront que s’améliorer au vu de l’état actuel de fragilité, rien ne garantit que la vie puisse être globalement meilleure demain pour les citoyens s’ils décidaient d’alterner l’alternance. Et, aujourd’hui, la sphère politique s’est transformée en une foire d’empoignes sur des faits crypto-personnels, plutôt que d’être un lieu de sérieux débats sur les douloureux problèmes que vivent les Sénégalais.
Or, le peuple a donc urgemment besoin d’être rassuré sur les pistes d’avenir que ses dirigeants potentiels souhaitent lui tracer et mettre en œuvre. Tel est le sens de mon engagement personnel en direction de l’élection présidentielle de 2012. Tel est l’objet des lignes qui suivent.

De fait, trois défis majeurs caractérisent le Sénégal d’aujourd’hui : le défi de l’accélération de son développement, le défi de l’amélioration de la qualité de vie des populations, en particulier les plus démunies d’entre elles, et, enfin, le défi de la consolidation des valeurs nationales. Chacun de ces défis devra trouver des réponses adaptées, à travers des stratégies et actions clairement définies.
Ma conviction, une forte conviction, c’est que le Senegal regorge de d’atouts lui permettant de relever ces défis. « Yalla yalla baye sa toole » dit l’adage wolof. J’ajouterai « Mbédioum kanam, borom mokoy fadial bopam ». Je martèle enfin que « Lou fa djiwou djogoul, diekhoufa ». Le Senegal dispose de ressources humaines capables de matérialiser l’adage « Nitt, nitay Garabam ». Dans le monde entier, se trouvent des fils et filles du pays, connus et appréciés pour leur discipline, leur ingéniosité et leur sens de la solidarité. Malheureusement, le Senegal ne tire pas assez profit de ses ressources humaines. Ceci doit changer, ici et maintenant. En vérité, ce pays ne saurait connaître l’essor auquel il est en droit de prétendre sans des ruptures majeures dans la façon de gouverner. Les jeunes, les femmes et les hommes du Sénégal méritent un sort autre que celui de vivre dans des cités ou des villages sans perspectives autres que l’émigration, des bourgades insuffisamment loties au plan des infrastructures de base et de la voirie, sans tissu industriel, avec une agriculture qui se meurt.

Ma conviction, c’est encore que la pauvreté et le sous-développement ne sont pas une fatalité. Pour y faire face, il suffit de susciter l’engagement résolu de tous les citoyens, à la mesure de leurs capacités, autour des défis essentiels. Rien, absolument rien ne justifie, à notre avis, que les villes et villages du Sénégal en soient encore, au 21ième siècle, à réfléchir à des solutions pour assurer les services de base à leurs habitants. Il faut nous donner la main et poser des actes forts pour que la majorité silencieuse soit entendue. Le Mouvement « And Suxli Senegal/ Mouvement pour un Sénégal émergent (Mousem) » s’inscrit dans cette dynamique.
En mettant en place cette structure, notre but exclusif est d’élargir le débat jusque-là concentré entre les seuls partis politiques.

Pour atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, nous comptons mettre en œuvre une approche fondée sur la concertation, l’élaboration d’un programme rigoureux, sa promotion auprès des citoyens et son enrichissement.
Ma Vision du Sénégal de demain, c’est un Sénégal émergent, pleinement intégré à une Afrique unie, où la pauvreté et l’ignorance auront été vaincues. C’est un Sénégal, en paix avec lui-même, fier de ses valeurs, qui allie modernité et tradition, dont la gouvernance s’inspire des enseignements et de la pratique de ses illustres fils comme : (i) le grand leader Abdoul Khadre Kane, connu pour sa vertu et ses capacités d’homme d’Etat ; (ii) Serigne Cheikh Mbacke Gainde Fatma et Abdoul Aziz Sy, intellectuels et marabouts à la fois ; (iii) Mamadou Dia, pour son sens élevé de l’Etat et pour sa rigueur ; (iv) Cheikh Anta Diop, pour son attachement au patrimoine culturel et à l’unité de l’Afrique.

Ma Vision du Sénégal de demain, c’est un Sénégal aussi prospère que la Malaisie, aussi ingénieux que la Corée du Sud et aussi organisé que Singapour. C’est un Sénégal, dirigé par des responsables honnêtes et équitables, sages et sobres, qui mettent les populations au cœur des politiques publiques, qui les servent sans se servir des ressources publiques pour améliorer leur propre sort, qui considèrent chaque citoyen comme un enjeu et qui ont à cœur de lui permettre de vivre une vie digne, partout sur le territoire national et à l’étranger.
Je détaillerai, au cours des deux prochains mois, le programme complet, chiffré et daté, que je propose aux Sénégalais. En attendant, je voudrais présenter ici quelques mesures-phares qui en constitueront l’ossature en ciblant cinq domaines : le social, l’économie, la culture et les valeurs, les relations extérieures et la gouvernance.

Mettre en place un nouveau contrat social
Dans le domaine social, il s’agit de ré-inclure plusieurs couches sociales situées aujourd’hui en marge du développement. Nos priorités porteront sur la formation et l’emploi des jeunes, la réforme du système éducatif, la prise en charge sanitaire et la protection sociale de la jeune mère et de ses enfants, la réduction du coût de la vie, l’augmentation du pouvoir d’achat des travailleurs, la promotion du micro-crédit pour les couches vulnérables et l’amélioration de la qualité de vie dans les quartiers et dans les villages.

Chaque jeune se verra garantir un droit à l’emploi, à un stage, à une formation professionnelle ou à un suivi-conseil en vue d’une insertion. Les travaux à haute intensité de main d’œuvre seront systématisés dans tous les secteurs. Tout citoyen pourra effectuer, s’il le désire, un service civique national d’au moins six mois et suivre une instruction militaire.
Chaque jeune sera encouragé à contribuer au développement national, en plantant au moins un arbre, là ou il le souhaite, et en l’entretenant continuellement. Le système éducatif sera entièrement remis à plat, afin d’éradiquer l’échec scolaire, le manque de qualifications et le chômage. Un pacte de performance dans le milieu scolaire sera conclu avec les enseignants, avec pour objectif d’avoir des années scolaires sans grève. Les enseignants retraités seront mobilisés pour offrir des tutorats aux jeunes élèves et aux adultes analphabètes, et partager ainsi leur savoir avec ceux qui en ont le plus besoin. La radio scolaire sera réhabilitée.
Les Daaras coraniques et structures d’accueil agréées bénéficieront d’une subvention annuelle, afin d’éradiquer le phénomène des enfants de la rue. L’enseignement arabe et franco-arabe sera réformé, grâce à l’introduction de programmes et de manuels officiels, l’organisation des épreuves du certificat d’études primaire, du brevet d’études élémentaires et du baccalauréat arabe par les services du ministère de l’éducation, la création de passerelles avec l’université et les structures de formation professionnelle et l’augmentation du nombre d’enseignants arabes dans les écoles et collèges.

Des centaines de centres de formation seront mis en place à travers le pays, y compris pour les handicapés, et des accords seront signés avec les corps de métiers du secteur informel pour la promotion et la reconnaissance de l’apprentissage. Une université des métiers sera ouverte dans chacune des régions du Sénégal, en les adossant à des zones industrielles et artisanales pour créer une réelle synergie entre la production, la formation et la recherche. L’Etat confiera aux universités la mission de vulgarisation de la science auprès des populations à l’image des « Green Lands » aux Etats Unis.
Les résultats de la recherche seront également mieux vulgarisés, afin de promouvoir la création d’entreprises et d’emplois. Les universités et écoles publiques et privées locales seront accompagnées dans la recherche de partenariats à l’étranger, de manière à attirer au Sénégal les meilleurs enseignants de la planète et à a encourager les jeunes étudiants à poursuivre leur formation dans le pays. La gratuité des frais scolaires sera une règle absolue dans les écoles publiques pour les élèves d’origine modeste. Il en sera de même des frais d’accouchement et de transport vers les postes de santé les plus proches pour les femmes dont la grossesse est arrivée a terme.

Les hôpitaux bénéficieront d’une vraie autonomie de gestion et de contrats de performances, l’Etat se limitant à subventionner les constructions et la prise en charge, partielle ou en totale, de certains patients. Des caravanes médicales publiques seront organisées en permanence dans les zones rurales, en ciblant les marches hebdomadaires (loumas) pour permettre aux villageois d’accéder à moindre frais à des services de sante de qualité.
Chaque ménage bénéficiera d’une allocation familiale universelle pour ses enfants et d’une couverture maladie universelle. Des crèches seront aménagées autour des services publics, animées par des monitrices payées par l’Etat. Les entreprises seront encouragées à faire de même. Les femmes pourront ainsi mieux combiner travail et entretien de leurs nouveaux nés, et assurer un allaitement exclusif au sein pour les six premiers mois.

Le micro-crédit sera soutenu, à travers des lignes de refinancement et des coûts d’accès réduits. Les populations indigentes seront identifiées dans les quartiers et villages et elles recevront une aide périodique en nature. Le droit inaliénable de tout citoyen à l’alimentation sera ainsi préservé. Le salaire minimum et le salaire de base seront révisés pour les rendre plus conformes à l’évolution du coût de la vie. La régulation des prix sera rendue plus dynamique et plus pro-active, afin de prévenir les hausses de prix non justifiées par la conjoncture économique internationale. A cet effet, une attention particulière sera apportée aux produits de première nécessité, comme le riz, l’huile, le sucre, le lait et la tomate. Le programme d’électrification rurale sera accéléré, en dotant, à l’horizon 2015, chaque village du Sénégal au moins d’un kit solaire pour éclairer sa place centrale. La construction de forages et de puits à multiples usages (alimentation en eau, irrigation) sera développée.
La fourniture d’énergie électrique sera stabilisée, sans délestages, grâce à un programme à long terme de renforcement des capacités énergétiques, incluant un important volet solaire et éolien, et allant plus loin que la simple couverture du gap actuel qui augmente de jour en jour. La même solution structurelle sera recherchée pour ce qui concerne les inondations. Un programme de construction de 50.000 logements sociaux (avec un coût par logement ne dépassant pas 10 millions de FCFA), sera réalisé, dans les différentes villes du pays, sur les cinq prochaines années. Le transport urbain et inter-urbain sera réorganisé pour améliorer le confort et la sécurité des voyageurs. En relation avec les collectivités locales, un système public de transport rural sera mis en place au niveau des villages centres, pour faciliter les rotations entre les villages et les villes les plus proches.
Le cadre de vie des populations sera fortement amélioré, en ville comme en campagne, en faisant de la propreté et de la gestion rationnelle des déchets des impératifs non négociables. Un palais national des arts martiaux sera érigé, en plus de l’arène de lutte, de l’hippodrome national et du palais des sports déjà programmés. De même, l’ensemble des CDEPS seront réhabilités et dotés d’infrastructures multifonctionnelles. Des subventions directes seront versées aux fédérations sportives, en contrepartie de la signature de contrats de performances avec l’Etat et du contrôle de l’utilisation des fonds. Des bourses mensuelles seront attribuées aux athlètes de haut niveau de toutes disciplines sportives. Des programmes d’insertion professionnelle seront développés en faveur des sportifs.
Faire du Sénégal un pays émergent en 2020.

Dans le domaine économique, il s’agira de mettre en place les bonnes politiques permettant de faire du Sénégal un pays économiquement émergent en 2020, c’est-à-dire un pays à croissance rapide et durable (9 à 10% par an en moyenne, afin de doubler le revenu par tête tous les dix ans), qui réussit à transformer structurellement ses bases économiques et à maintenir sur la durée un cadre macroéconomique sain. La priorité sera accordée à l’amélioration de la compétitivité globale de l’économie et au soutien direct aux agriculteurs, éleveurs et pécheurs, aux artisans, aux commerçants et aux petits et moyens entrepreneurs.
La modernisation de l’agriculture sera accélérée, en portant notamment le budget du programme agricole annuel à 10% du budget, conformément aux engagements pris au sein de l’Union africaine. A cet effet, les efforts porteront sur la réhabilitation des coopératives de producteurs aujourd’hui en veilleuse, en partenariat avec l’Inde, le développement de la mécanisation (sous forme de mutualisation des moyens), l’amélioration de la fertilité des sols, la promotion de l’agriculture biologique, la revalorisation des prix aux producteurs et la réorganisation des circuits de commercialisation. La maitrise de l’eau et la mise en place d’un réseau hydrographique national performant constitueront également des priorités. Les domaines agricoles privés seront encouragés. Ils offriront un encadrement aux petits et moyens producteurs et un accès, sous forme de location, à la terre et à des facilites diverses. La lutte contre la désertification, la dégradation des terres et les feux de brousse sera activement menée. Un plan national de gestion du phénomène du changement climatique sera conceptualisé et mis en œuvre. De grandes fermes collectives seront construites à travers le pays, pour permettre aux éleveurs d’accéder dans un même lieu à l’eau, à des services de sante vétérinaire et de conseil en production animale, ainsi qu’à des infrastructures de collecte de lait. Certaines de ces fermes pourront accueillir des usines de pasteurisation du lait. En matière de pêche, l’urgence c’est de d’assurer la durabilité des ressources, par le moyen d’un programme d’aménagement et de régulation adapté. Les accords de pêche avec les pays étrangers seront évalués et révisés dans un sens conforme aux exigences de la pêche durable et de la promotion de la flotte maritime locale qui bénéficiera d’un effort de renouvellement et de mise à niveau technologique.

Les efforts porteront également sur la promotion de la transformation, au moins partielle, des produits primaires avant leur mise sur le marché, et sur la relance du développement industriel fortement érodé ces dernières décennies, en mettant l’accent, pour ce qui concerne le textile par exemple, sur la confection, domaine dans lequel le Sénégal possède d’énormes atouts. L’assemblage sur place de biens manufacturiers sera encouragé. Les commerçants chinois seront invités à changer d’option et à créer de la valeur ajoutée sur le territoire national avant de pouvoir écouler leurs produits, en gros, sur le marché sénégalais.
Une autre priorité économique, c’est la transformation du Sénégal en une vraie puissance numérique sous-régionale et régionale dont le secteur des TIC constituera un réel moteur pour la croissance et pour l’emploi. Les entreprises de télécommunications seront encouragées à développer la sous-traitance et le télé-travail sera promu, en s’inspirant des meilleurs exemples dans le monde. Pour sa part, l’Etat conservera son niveau de participation dans le capital à la Sonatel et veillera à démocratiser l’usage d’Internet en faisant un meilleur usage du fonds d’accès au service universel. Une concertation sera menée avec les sociétés de téléphone mobile pour rationaliser les investissements en infrastructures. La réforme concernant le contrôle des appels entrants sera menée en toute transparence et l’ARTP sera renforcée en capacités pour la rendre plus efficace. En outre, la portabilité des numéros de téléphone et la tarification à la seconde seront effectives pour tous les operateurs des 2012.

Des Etats généraux seront organisés autour de la contribution des émigrés au développement national. Des efforts seront immédiatement faits en vue de réduire les frais de transfert d’argent vers le Sénégal, en encourageant notamment les émigrés sénégalais à ouvrir des comptes en banque au Sénégal et à l’étranger. Les négociations seront poursuivies et étendues avec les pays étrangers pour développer l’emploi temporaire des jeunes sénégalais, leur formation et leur retour au Sénégal dans le cadre de projets professionnels.

Les PME-PMI nationales seront mieux prises en compte dans la commande publique, à l’effet d’augmenter l’impact des investissements publics sur la création de richesses et d’emplois au niveau national. Les barrières à l’entrée qui persistent encore dans beaucoup de secteurs seront levées, afin d’encourager la recherche de la productivité et de faire bénéficier les consommateurs de prix réduits et d’une meilleure qualité. L’entrepreneuriat sera promu, à travers des formations ouvertes à des personnes de tous horizons sociaux, la facilitation de l’accès au crédit et l’appui-conseil. Concernant l’artisanat, le projet de maisons à outils sera mis en œuvre et élargi à une plus grande cible. Par ailleurs, des lots spécifiques (appelés « ilots des Métiers et de l’artisanat ») seront aménagés dans chaque quartier pour accueillir les artisans et les corps de métiers (mécaniciens, tôliers, menuisiers, électriciens, tailleurs, etc.). Ces lots seront dotés de toutes les fonctionnalités pour pouvoir fonctionner en toute autonomie (éclairage au solaire).

Des autoroutes à quatre voies seront construites sur les grands axes du territoire national, et les routes nationales ou régionales réhabilitées sans tarder. Les schémas directeurs d’aménagement du territoire au niveau national et régional seront mis en œuvre en toute rigueur, afin d’assurer un respect strict des normes de construction. Les chantiers entamés par l’équipe du président Wade seront évalués en toute rigueur. Les projets ayant démontré leur pertinence et leur valeur ajoutée seront poursuivis, les autres seront arrêtés. Cette même méthodologie sera appliquée au niveau des multiples agences créées depuis 2000.

La fiscalité directe sera remise à plat, en faisant passer notamment l’impôt sur les sociétés des grandes entreprises tournées vers le marché intérieur à 35%, au lieu de 25% aujourd’hui, sur les résultats non réinvestis vers l’emploi social. L’effort d’utilisation des matières premières et intrants locaux par les entreprises sera encouragée à travers des incitations fiscales graduelles. La Suneor sera renationalisée en donnant aux paysans au moins la moitié du capital de la nouvelle Société. La Senelec sera conservée dans le giron public, en en faisant une entreprise rentable, tandis que la convention liant la SDE et l’Etat sera revue. L’actionnariat national sera promu dans les grandes entreprises, en encourageant les promoteurs étrangers a systématiquement réserver un pourcentage du capital aux entrepreneurs locaux. Les conventions minières et pétrolières seront évaluées et reformulées au besoin.

Promouvoir la culture et les valeurs nationales
Dans le domaine culturel, il urge de mieux mettre en valeur le patrimoine culturel national. A cet effet, un nouveau musée du patrimoine national sera construit, ainsi que des musées locaux dans toutes les capitales régionales. Ceci contribuera notamment à développer le tourisme culturel au Sénégal et à se faire approprier par les jeunes les vertus et les bonnes pratiques de nos devanciers. L’enseignement de l’histoire sera totalement revu, en mettant l’accent sur la valorisation de notre histoire nationale et ce jusqu’au baccalauréat, plutôt que de donner la priorité aux cours sur la première et la seconde guerre mondiale par exemple. Les langues nationales seront pleinement introduites dans l’éducation nationale, ainsi que des cours de morale, de religion et de civisme, y compris au niveau de l’enseignement secondaire. Le calendrier des fêtes et célébrations nationales sera revu, en vue de les rééquilibrer et de magnifier l’apport des grandes figures nationales. Les programmes des chaines de télévision publiques et privées seront mieux régulés et appuyés, afin de les rendre plus conformes aux valeurs nationales.

Promouvoir la diplomatie économique et l’intégration africaine
Au niveau des relations extérieures, le Sénégal possède de très grands atouts sur lesquels il peut se reposer pour retrouver son influence un peu perdue ces dernières années sur la scène africaine et mondiale. La priorité sera accordée à la ratification, en urgence, de l’ensemble des textes adoptés par l’Union africaine, la CEDEAO et l’UEMOA, de manière à regagner notre rang de moteur de l’intégration africaine. Des actions seront également menées pour partager avec les autres pays de la CEDEAO la vision de transformation de la CEDEAO en une confédération dotée notamment d’une monnaie commune, d’un marché unique et d’une armée commune. En partenariat avec le Maroc et la Mauritanie, le Sénégal fera la promotion de la création d’une Agence de Développement de l’Afrique du Nord-Ouest regroupant les trois pays. Le réseau diplomatique sera repensé, de façon à mieux l’adapter aux objectifs politiques, culturels, économiques et commerciaux du Sénégal. Les ambassades et consulats du Sénégal seront de vraies vitrines économiques et commerciales pour le pays. Ils seront animés par de vrais professionnels de la diplomatie et des affaires économiques et se verront fixer des objectifs précis en termes d’attraction de l’investissement et de développement des exportations. Un partenariat stratégique sera conclu avec les pays émergents et développés d’Asie, d’Amérique et d’Europe, en ciblant notamment le transfert de technologie et le développement des investissements et du commerce.

Faire de la bonne gouvernance une règle absolue
Dans le domaine de la gouvernance, plusieurs chantiers seront menés pour à la fois corriger les faiblesses constatées dans la décennie passée et ouvrir de nouvelles pistes dans le secteur de la décentralisation. Il s’agit là d’un pré-requis et d’une étape indispensable avant de pouvoir réussir les chantiers envisages dans les autres secteurs.

L’urgence, c’est d’abord et avant tout de mettre au terme aux gaspillages.
Le Gouvernement comprendra ainsi au maximum 18 ministres et ses membres seront soumis à une obligation de déclaration de patrimoine. Le programme de travail des ministres sera exécuté tel que prévu, à cent pour cent, grâce à un suivi-évaluation dynamique et bâti sur des indicateurs de performances bien identifiés, coordonné par le premier ministre et dont les résultats seront publies tous les six mois dans la presse. Les ministres les moins performants seront ainsi encouragés à redoubler d’efforts. La fonction de planification sera réhabilitée et gérée au niveau du premier ministre, en mettant en place une Vision prospective Sénégal 2033, deux perspectives Décennales (2012-2022 et 2023-2033) et quatre plans quinquennaux (les actuels documents de politique économique et sociale).
Les coûts des services publics, à tous les niveaux, seront réduits au strict minimum, notamment les dépenses de fonctionnement (carburant, téléphone, fournitures de bureau) qui constituent souvent des niches de gaspillage. Les usagers des services publics seront traités en toute équité et leurs demandes prises en charge avec célérité, sans qu’il soit nécessaire pour eux de faire de multiples visites pour influencer l’avancement de leurs dossiers. Un bureau des complaintes sera installé à la Primature. La Société civile et le secteur privé sera associé à sa gestion. Les documents officiels (rapports publics, textes législatifs ou réglementaires) seront systématiquement traduits en langue nationale.

L’Administration sera gérée dans le respect strict du principe du seul mérite. La formation à l’Ecole Nationale d’Administration sera refondue, pour mieux préparer les futurs hauts fonctionnaires à la complexité de leurs tâches. Tout cadre de haut niveau devra effectuer un passage d’au moins deux ans en région, au cours de sa carrière, pour pouvoir prétendre à une fonction de chef de division ou de directeur d’une administration centrale. L’Armée sera mieux associée aux chantiers de développement national pour donner tout son sens au concept d’Armée-Nation. Les agences et projets seront remis à plat, de façon à mieux les mettre en cohérence avec les directions. Les nominations à la tête des entreprises publiques se feront par appels d’offres.

L’indépendance de la Justice deviendra une règle absolue. Le Parlement (réduit à l’Assemblée nationale) retrouvera toute son autonomie et ses débats seront télévisés en direct. Le problème de la Casamance sera géré dans le cadre d’une approche multiforme, combinant un renforcement du dispositif sécuritaire sur le terrain, pour mettre un terme aux exactions des bandes armées, la reconstruction-relance des activités économiques, le désenclavement et, surtout, la promotion de la paix à travers les échanges culturels. Un Conseil des Sages sera installée auprès du Président de la République, afin de l’éclairer sur les grands choix stratégiques et d’anticiper les mutations au sein de la société. La Charte des Assises nationales sera mise en œuvre, dans son intégralité, sans délai.

En matière de décentralisation, une réforme sera introduite pour créer des conseils de département dotés de pouvoirs exécutifs, de manière à donner plus de tonus au développement local. Les conseils régionaux perdront leur vocation administrative et seront transformés en lieux de concertation périodique entre les collectivités locales de la Région et en cadres de planification. Des directeurs généraux des services municipaux et départementaux seront recrutés par appel d’offres et installés dans les mairies et conseils de département, avec pour responsabilité de gérer au quotidien les chantiers et dossiers des collectivités. Les Agences Régionales de Développement (ARD) et les Centres d’Appui au Développement Local (CADL) seront dotés de ressources humaines et de moyens adaptés, pour leur permettre de mieux remplir leurs missions au service des collectivités locales. Des cellules de développement communautaire seront mises en place au niveau des communautés rurales, en lieu et place des simples agents qui manquent souvent de tout. L’effort d’investissement public dans chaque collectivité locale fera l’objet d’une publication annuelle, afin de garantir l’équité dans les affectations de ressources. Chaque village de plus de 200 habitants sera doté d’une plateforme multifonctionnelle alimentée par une source d’énergie solaire, pour soutenir les activités économiques et sociales locales. Les découpages administratifs effectués récemment seront annulés, et l’Etat veillera à consulter systématiquement les populations concernées avant toute réorganisation territoriale. Des référendums locaux pourront être organisés au besoin, sur des thèmes d’intérêt local

La Vision du Sénégal émergent ainsi décrite ne pourra devenir réalité que si les Sénégalais, comme les turcs ont su le faire avec Taib Erdogan, les Singapouriens avec Lee Kwan Yiew et les Malaisiens avec Mohamed Mahathir, mettent à leur tête une nouvelle génération de leaders eux-mêmes émergents, des leaders jeunes, en phase avec le peuple dans toute sa diversité, des leaders courageux et « transformationnels » (qui savent ce que c’est le développement et sont aptes à mener les reformes à leur terme, imbus des principes de méthode et d’organisation et capables de servir d’exemples et de moteurs pour le changement à leurs populations), des leaders irréprochables sur le plan éthique (qui choisissent la transparence et l’obligation de rendre compte comme modèles de gouvernement), des leaders républicains et patriotes qui mettent les intérêts du pays devant toutes les autres considérations.

Les idées que voici constituent une base pour bâtir un agenda pour le Sénégal de demain. J’invite tous les patriotes sincères à l’enrichir par de nouvelles idées et par de nouvelles suggestions. C’est ainsi que nous pourrons faire en sorte, ensemble, que l’année 2012 soit un vrai tournant pour le Sénégal et une étape décisive dans notre marche vers l’émergence et le développement intégral.


Par Moubarack LO
Président du Mouvement pour un Sénégal émergent

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