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Le Soleil N° 13111 du 7/2/2014

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Gratuité des soins, baisse de la mortalité maternelle et infantile... : Les bons points du village du Millénaire de Léona
Publié le vendredi 7 fevrier 2014   |  Le Soleil


La
© Autre presse par DR
La ministre de la Santé et de l’Action sociale, Awa Marie Coll Seck


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Sous des chaumières, des tentes ou des bâtiments modernes, ou encore au poste de santé, les habitants de la communauté rurale de Léona vantent les prémices du Projet du village du Millénaire. A juste raison. En plus d’une couverture sanitaire élargie, 35.000 âmes ont accès aux soins de santé dans des délais raisonnables. Les taux de mortalité maternelle et infantile, la mortalité liée au paludisme, à la diarrhée, à la malnutrition ont connu un effondrement sans précédent. Plus de 300 jeunes venus de 53 pays d’Afrique et des pays de la Diaspora ont visité ce modèle que le Sénégal projette de reproduire.
Les jeunes leaders panafricains des Nations unies avaient déjà entendu parler du village du Millénaire de Léona depuis Dakar. Leur convoi composé deux 4 bus et de 4x4 et pick-up s’immobilise à Louga. Il faisait aux alentours de midi. Il n’y a que 25 km à parcourir entre Louga et Léona. Par une route bitumée et balafrée par endroits, nous traversions des villages, des espaces inhabités. La route déroule, sur plusieurs dizaines de kilomètres, un panorama envahissant prenant presque un relent symphonique sous une atmosphère presque inqualifiable. Il ne faisait ni chaud, ni frais. La température est amène. De part et d’autre de la route, les dunes portent çà et là des plantes aguerries des milieux arides.
Au bout d’environ 1 heure de route, Léona s’élève sur une terre de sable fin clair. Cette communauté rurale a été choisie par les menaces qui pèsent sur les activités horticoles du fait des mouvements des dunes, vers des dépressions, mais également les risques potentiels de pollution de la nappe phréatique à cause de l’utilisation de l’engrais. A l’ouest, l’océan n’est pas loin de Léona. Fondé vers 1894, le village offre des conditions agro-écologiques intéressantes pour les activités agricoles, le maraîchage, l’élevage. Des concessions disparaissent peu à peu, comme ce soleil qui est au-dessus de notre tête. Des maisons en dur avec tout le symbolisme d’individualisme pointent leur toit dans le ciel de Léona. Sur la droite, en venant de Louga, plusieurs bâtiments peints en blanc se distinguent de l’architecture des maisons environnantes. C’est le poste de santé de ce bourg.

Pas d’accouchement à domicile
Dans l’enceinte, deux ambulances ont leur capot ouvert. Elles sont en état d’alerte en permanence. « Il n’y a plus de femme qui accouche à domicile. Chaque femme a, dans son carnet de consultation, le numéro de téléphone de l’ambulancier. Les femmes l’appellent dès qu’elles ressentent des douleurs. Les accouchements à domicile sont des habitudes qui sont derrière les femmes dans cette zone », confie la sage-femme, Awa Guèye. Au hall de la maternité deux femmes, apparemment des matrones, se prélassent. Les consultations matinales sont terminées. Toutefois, dans la communauté rurale de plus de 35.000 âmes, on se départit peu à peu des consultations tardives. Des pools de relais, constitués dans le cadre du Projet du village du Millénaire parcourent alors les contrées. Ils détectent et décèlent et réfèrent les cas graves. Les prémices de l’engagement communautaire sont vantées par tous. A Léona, comme dans les autres contrées, les maladies battent en retraite grâce à l’action des relais et praticiens de la santé. « Le paludisme, la diarrhée, les infections respiratoires aigües, la malnutrition ont diminué de façon nette. Il y a un travail de sensibilisation qui est fait de façon régulière. Les choses commencent à bouger », se plaît d’apprécier l’infirmière chef de poste, Aminata Diop.

Le souci de la pérennisation
Entre les bâtiments du poste de santé, des notables, des femmes, des jeunes parlent avec entrain du projet du village du Millénaire devant plus de 300 jeunes originaires de 53 pays d’Afrique et de la Diaspora, notamment du Brésil et de la Jamaïque. « C’est grâce au projet que le centre de santé est doté d’un laboratoire et d’un appareil d’échographie. Il est très rare de voir ces appareils dans d’autres postes de santé. Nous vivons une régression des maladies parce que les personnes sont soignées gratuitement », rapporte le président de la Communauté rurale, Dianjodi Bâ. Combien de temps la gratuité va durer ? Ici, le chef de village, les notables qui l’accompagnent prient pour la pérennisation du projet. Ils sont moins cartésiens que les plus jeunes.
En face d’un bloc de bâtiment, un petit bâtiment peint à la chaux porte une inscription « mutuelle de santé ». C’est le jalon de pérennisation de la gratuité des soins de cette communauté rurale. « Nous avons identifié dans des villages des indigents. Ces derniers cotisent. Lorsque le projet prendra fin, ces adhérents bénéficieront des soins de santé grâce à la mutuelle de santé », dévoile le gestionnaire, Moustapha Seck, soumis à l’interrogatoire des jeunes leaders. Un relais, Penda Bâ, à l’aide d’un portable, démontre comment ils centralisent les données dans le téléphone. Les jeunes veulent en savoir plus sur les applications que les relais utilisent. Dans ce village, les téléphones sont au service de l’amélioration des soins de santé.
En face du centre de santé et de l’autre côté de la route, sous un acacia albida, un groupe d’élèves est attiré par certains membres de la délégation. Ces derniers échangent avec une vieille mère. « Vous avez combien de filles ? » D’un signe de main, elle leur signifie qu’elle en trois. « Est-ce qu’elles ont fréquenté l’école ? » demande une dame de la délégation. « Elles sont toutes mariées », répond-elle en peulh. De nos jours, les lignes ont commencé à bouger. Sur l’artère principale, les filles voilées pour se protéger des nuées de poussière se dirigent à grandes enjambées vers le lycée. « Ici, il y a peu de jeunes de notre âge qui ne sont pas inscrits à l’école », confie un lycéen.

L’élevage à l’ère de la modernisation
A la sortie de Léona, sur une élévation dunaire, des haies de plantes rampantes semblent former des diadèmes sur deux bâtiments sécurisés par un mur. Des pasteurisateurs sur roulette, des écrémeuses et des remplisseuses verticales sont isolés dans les angles des compartiments. Une chambre froide se trouve dans une section spacieuse. Des éleveurs (hommes et femmes), dans la langue locale, exposent leur nouvelle forme d’organisation. Ils regardent leur avenir avec plus d’optimisme. « Nous allons améliorer les races des vaches et augmenter la production laitière », se plaît à expliquer le président de l’Association des éleveurs, Omar Sow.
A Léona et dans les villages des alentours, tous ont hâte de voir leur élevage basculer vers la modernisation afin de mieux s’adapter aux transformations sociales imposées par les mutations écologiques du milieu. Léona, fondé il y a environ 120 ans par Samba Todi Ndiaye, est sorti de l’anonymat grâce au Projet du village du Millénaire. Mais pour combien de temps le vent d’espoir soufflera sur ce bourg situé à 25 km de Louga ? Le gouvernement du Sénégal envisage de reproduire ce modèle. Les jeunes leaders des Nations unies conduits par une forte délégation dirigée par Dr Djibril Diallo contribueront certainement à exporter le modèle.

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