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Sud Quotidien N° 6226 du 29/1/2014

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Suppression des régions par l’acte III: Aliou Niang et Cie « bravent » Macky
Publié le mercredi 29 janvier 2014   |  Sud Quotidien


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© Autre presse
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La décision de Macky Sall de supprimer les régions, via l’Acte III de la décentralisation, a fini de créer une véritable levée de boucliers parmi les présidents de régions du Sénégal. En conférence de presse organisée à Dakar hier, mardi 28 janvier, le patron de l’Ars, Aliou Niang et cie, ont ainsi déterré la hache de guerre contre le nouveau code général des collectivités locales et sa mesure de suppression des régions comme entités administratives n’ayant d’ailleurs pas fait « l’objet de concertation avec les élus ».

L’Association des régions du Sénégal (Ars) a saisi cette occasion pour apporter un démenti au ministre des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Omar Youm, lequel avait réduit, devant les députés, à la portion congrue, l’apport financier des régions alors même qu’elles génèrent annuellement plus de 27 milliards FCFA dans le cadre de la coopération décentralisée.

L’Acte III de la Décentralisation n’a pas encore fini de faire couler de la salive. En témoigne la virulente sortie de l’Association des Régions du Sénégal (Ars) qui est montée au créneau hier, mardi 28 janvier, à la Maison des Elus, pour apporter un cinglant démenti à Omar Youm, le ministre des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, et pour tirer surtout la sonnette d’alarme, quant à la perte qu’engendrerait la suppression des régions.

Selon Aliou Niang, président de l’Association des régions du Sénégal (Ars) et non moins président du Conseil régional de Saint Louis, «cette décision à été prise de manière unilatérale sans aucune concertation préalable avec les élus». Dans son argumentaire, Aliou Niang révélera que le Chef de l’Etat avait d’ailleurs validé le rapport du comité de pilotage dont il faisait parti. Dans ce rapport, note-t-il, il y avait trois ordres de politiques, à savoir «le maintien des 14 régions, des 42 départements si on exclut Dakar, et la communalisation intégrale».

Dans la même lancée, Aliou Niang affirmera que le Président Macky Sall était favorable à la tenue des élections municipales, départementales et régionales lorsqu’il avait reçu les élus, dans le cadre des concertations sur le report des élections. «Grande a été notre surprise quand nous avons appris, dans un communiqué de presse émanant du gouvernement, qu’il y aurait deux élections avec le consensus des élus, à savoir celles départementales, et celles communales» s’est-t-il étonné. Et de déclarer qu’ « il n’a jamais été question de suppression des régions ».

CONSEQUENCES ECONOMIQUES ET SOCIALES

Aliou Niang a par ailleurs apporté un démenti à Omar Youm concernant les propos tenus par ce dernier devant la représentation nationale et qualifiant les régions de «gouffres financiers, de budgétivores». Pour le patron de l’Ars, «dire que les régions sont budgétivores, c’est ignorer totalement l’apport de celles-ci dans le cadre de la coopération décentralisée». Et de révéler, en guise d’argument, que l’ensemble des régions dans le cadre de la coopération décentralisée, «génère plus de 27 milliards FCFA, chaque année» alors que l’Etat ne «dégage que 6,5 milliards FCFApour le budget des 14 régions».


Soucieuse de tirer la sonnette d’alarme pour informer l’opinion nationale et internationale, l’Ars a estimé que la suppression des régions aura des conséquences sur le développement économique et social. Selon Aliou Niang, trois régions du Sénégal, à savoir Ziguinchor, Fatick et Saint Louis, ont été choisies pour servir de test à la Fao, dans le cadre de la sécurité alimentaire. Ce projet émanant de l’Association Internationale des régions francophones, et qui compte 58 régions, est voué à l’échec, a révélé le patron du Conseil régional de Saint-Louis.

Abondant dans le même sens, Babacar Gaye, le vice-président de l’Ars chargé du dialogue politique, a estimé que «dans le cadre juridique qui organise la coopération au développement et à la solidarité de la France, il n’est pas possible qu’une région puisse collaborer avec un département». Ainsi, il évalue la perte à des milliards de francs CFA si Macky Sall et son gouvernement persistent dans leur optique. Continuant son propos, Babacar Gaye a indiqué que les départements n’ont pas la possibilité de recruter du personnel d’appoint pour appuyer les hôpitaux, les collèges et lycées, comme le Conseil régional le faisait. La conséquence, a-t-il estimé, est que beaucoup de gens seront envoyés au chômage, à cause de cette décision de suppression des régions.

PLAN D’ACTIONS DE L’ARS

Pour mener à bien son plaidoyer, l’Ars compte d’abord informer les populations sur les conséquences de la mesure. Ensuite, elle envisage de se déplacer dans tous les foyers religieux pour expliquer le fait et les impliquer, car «c’est des médiateurs sociaux», a soutenu Babacar Gaye.

L’Ars entend également accompagner le personnel du Conseil régional qui se bat pour sa survie. Enfin, Aliou Niang et cie envisagent de prendre part à toutes les rencontres internationales, pour expliquer ce qui se passe au Sénégal, avec l’Acte III de la décentralisation.

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