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Sud Quotidien N° du 11/11/2013

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Chimamanda Ngozie Adichie : Un discours afro-centré
Publié le lundi 11 novembre 2013   |  Sud Quotidien


L’écrivaine
© Autre presse par DR
L’écrivaine nigériane, Chimamanda Ngozie Adichie


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Dans son premier roman, Purple Hibiscus, paru en 2003 (la traduction française sort en 2008 chez Gallimard, sous le titre l’Hibiscus Pourpre), l’écrivaine nigériane, Chimamanda Ngozie Adichie, donne la parole à Kambili une narratrice de 15 ans

Elève brillante mais taciturne, elle raconte la désintégration de sa famille au rythme de la crise politique et de la répression militaire qui secoue le Nigéria de l’époque. Kambili est la fille d’Eugène. Editeur passionné, lauréat d’un prix Amnesty International, dévot et généreux bienfaiteur de sa congrégation, il est le seul à s’agenouiller à l’Eglise devant la « statue grandeur nature de la vierge blonde ».

Mais Eugène est aussi un fanatique compulsif qui inflige à sa famille toutes sortes de sévices pour la tenir dans le droit chemin. Frère Eugène n’hésite pas en effet à asperger les pieds de Kambili d’eau bouillante pour la dissuader de fréquenter son païen de grand-père paternel, qu’il a renié pour avoir refusé de se convertir à la religion catholique. Les Droits humains qu’il défend sur la place publique, Eugène les bafoue dans son foyer . Sa femme fait une fausse couche après qu’il l’ait rouée de coups.

Pendant que celle-ci l’empoisonne à petites doses, Kambili et son frère Jaja trouvent une échappatoire chez leur tante Ifeoma, un foyer où des enfants de leur âge reçoivent une éducation moins stricte, donnant lieu à l'expression d' un esprit critique et à une constante interaction entre la mère et ses enfants. Ifeoma, sœur cadette d’Eugène est professeure d’université et veuve. Bien qu’elle loge dans la cité universitaire, elle subit les affres d’une tyrannie militaire dont les initiateurs font peu de cas des élites intellectuelles.

Des politiques publiques désastreuses privent peu à peu les familles de vivres de première nécessité. Une pénurie d’essence, d’eau courante et d’électricité tiennent les masses populaires en haleine. Les enseignants ne reçoivent pas leurs salaires, les journalistes sont assassinés. Bref, la ans cette situation peu reluisante, Ifeoma, après maintes hésitations, émigre en Amérique avec ses enfants. Là-bas, « son travail sera reconnu » en dehors de toute considération politique.

Dans son deuxième roman, Half of a Yellow Sun, paru en 2006, ce sont les aventures de deux sœurs jumelles, Olanna et Kainene, qui sont narrées. Leurs rencontres, leurs amours, leurs désillusions, et leurs espoirs sont inextricablement liés à la guerre civile du Biafra de 1967 à 1970. Le titre, littéralement, « l’autre moitié d’un soleil jaune », est une référence très nette au drapeau de la « République » qui voulait faire sécession avec le Nigéria. Le livre a reçu le Prix Orange pour la fiction en 2007. Il a été adapté au cinéma cette année par le réalisateur Nigérian Biyi Bandele et compte au casting, les acteurs Thandie Newton et Chiwetel Ejioffor. Le dernier roman d’Adichie, Americanah, est paru cette année. Il relate la vie d’immigrés nigérians aux Etats Unis, thème que l’auteure avait déjà exploré en 2009 dans un recueil de nouvelles, That Thing Around Your Neck.

A près de 38 ans, Chimamanda Adichie se positionne comme la digne héritière de Chinua Achebe, un des auteurs les plus prometteurs de sa génération. L’auteure qui vit au Nigéria collectionne les nominations et les prix littéraires. Elle est d’autant plus plébiscitée qu’elle est très attachée à ses racines. Ses œuvres sont truffées de références à ses origines et au folklore igbo, une plume au service d’un discours afro-centré.

Dans une adresse au Ted Talks en 2010, « the Danger of a Single Story », elle décriait la manière dont, petite, une littérature qui n’était pas la sienne lui était enseignée. Les personnages de ses livres étaient blonds et avaient des yeux bleus, ils « mangeaient des poires et buvaient du ginger bear ». Une perspective unique qui occultait la petite fille noire aux cheveux crépus qui n’avait pas sa place dans cette littérature, faisait-elle remarquer.

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