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Titre de docteur Honoris Causa à Valérie Pécresse: Le SAES se barricade
Publié le lundi 9 mars 2015  |  Sud Quotidien
Ucad
© Autre presse
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La coordination du syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (Saes) de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) se dit surprise du titre de Docteur Honoris Causa à Mme Valérie Pécresse. Yankhoba Seydi et ses camarades considèrent que l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche symbolise la précarisation et la dégradation des universités françaises. Ils l’ont fait savoir hier, vendredi 6 mars, au centre de conférences de l’Ucad 2 où la cérémonie solennelle de remise des insignes, du diplôme et du titre de Valérie Pécresse devait se tenir.

L’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar élève au grade de Docteur Honoris Causa Madame Valérie Pécresse. La cérémonie solennelle de remise des insignes, du diplôme et du titre a été tenue hier, vendredi 06 mars, dans un hôtel de la place (voir par ailleurs). Initialement prévue au Centre de Conférences de l’UCAD II où le récipiendaire prononcera une leçon sur le thème : « L’Université, Facteur de croissance et de développement », les autorités rectorales ont délocalisé la cérémonie pour éviter toute perturbation annoncée par le syndicat autonome de l’Enseignement supérieur (Saes). En effet, le Saes avait décidé de faire une forte mobilisation pour qualifier la cérémonie de « provocation puérile, ridicule et inutile ». La cérémonie délocalisée, Yankhoba Seydi et Cie ont jugé inacceptable la remise du titre de Docteur Honoris Causa à l’ancien ministre de l’Enseignement supérieur et de Recherche devant les journalistes.

« L’Ucad a décidé d’honorer Valérie Pécresse qui symbolise plus que toute autre personne, la précarisation, la marchandisation et la privatisation des universités ainsi que la dégradation volontaire de l’autonomie des universitaires, a soutenu Yankhoba Seydi. Avant de poursuivre : le Saes affirme que l’Ucad ne saurait être un laboratoire d’expérimentation des idées de Mme Pécresse et que les universitaires sénégalais n’ont que faire de sa leçon ; l’Université, facteur de croissance et de développement ».

Le coordonnateur du Saes de Dakar n’a manqué de souligné que l’ex ministre des universités et de la Recherche a mené des réformes « controversées » à travers sa loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités (LRU) qui affaibli les enseignants et chercheurs dans les instances de décision académiques. En effet, indique Yankhoba Seydi, la LUR a consacré la « précarisation de l’enseignement et de la recherche. Elle est le retrait du pouvoir de recrutement, d’évaluation et de promotion des universitaires aux pairs pour son transfert à des administratifs qui n’ont ni les aptitudes scientifiques, ni les dispositions méthodologiques nécessaires ».

Par conséquent, le Saes attire l’attention de Mary Teuw Niane « sur le fait que le destin qui unit sa loi cadre à la LRU de Pécresse est du même rapport que le destin qui unit un mauvais produit à sa contrefaçon : tôt ou tard tous deux se retrouveront à la poubelle ».
Cette action du Saes de Dakar s’inscrit toujours dans une dynamique de lutte contre la loi cadre déjà promulguée. Les Camarades de Seydi Ababacar Ndiaye, Secrétaire général du Saes, n’entendent pas lâche prise pour exiger la relecture de la loi relative à la gouvernance universitaire.

Si le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche estime que la « loi définit un cadre global et reste ouvert sur les modalités d’application », le Saes rejette en revanche ces propositions en rangeant aux oubliettes les décrets d’application qui, disent-ils, ne sont pas au-dessus d’une loi. La loi est un préalable du protocole d’accords ».
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