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Le Quotidien N° du 8/11/2013

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Relégué au rang de simple militant par Macky : Pourquoi Macky a rabaissé Alioune Badara ?
Publié le samedi 9 novembre 2013   |  Le Quotidien


Me
© Autre presse par DR
Me Alioune Badara Cissé numéro 2 de l’Alliance Pour la République (APR)


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Le jeu de ruse n’a que trop duré entre Macky Sall et Alioune Badara Cissé. Depuis le remaniement, qui a mis fin à ses fonctions de ministre des Affaires étrangères, Abc vit en solo dans son parti et Macky épie les faits et gestes de son numéro 2. Le «cumul d’infractions» de l’avocat, qui ne rate aucune occasion pour lancer de petites allusions à son chef, l’a relégué au rang de simple militant. Apparemment, le chef de l’Etat ne veut plus de numéro 2. Le Quotidien crève cet Abc-ès qui s’est formé entre les deux hommes qui vont inéluctablement vers le divorce. Si ce n’est déjà le cas.

Macky Sall a décidé de condamner l’avocat et coordonnateur national de son parti. Le communiqué sanctionnant la réunion du Secrétariat exécutif national (Sen) de l’Apr informe que Alioune Badara Cissé (Abc) est démis de ses fonctions de coordonnateur national et de «toutes les instances de direction du parti (Sen et directoire politique national)». Préci­sion importante : il n’est pas exclu du parti, mais relégué au statut de simple militant. Cela rappelle un certain Oumar Guèye que Idrissa Seck avait démis de son poste de secrétaire national chargé de l’intérieur et des élections. Le communiqué du leader de Rewmi précisait, en effet, que «Oumar Guèye devient un simple militant, mais il n’est pas exclu du parti». On connaît la suite puisque l’homme de Sangalkam n’a pas adhéré à l’Apr, mais s’est taillé une veste de Vrp (Vaste rassemblement pour le progrès) pour Macky. L’Apr n’utilise pas les mêmes termes, mais c’est la même stratégie. Macky Sall veut pousser son numéro 2 dans le parti à la porte en lui laissant l’initiative de la séparation. Mais Abc, qui est bien initié à l’alphabet de la haute politique, semble opté la logique du pourrissement et de la victimisation. En marge de la cérémonie de passation de service avec son successeur aux Affaires étrangères, il avait répondu à la question d’un journaliste qui lui demandait s’il restait toujours membre du parti. «Bien sûr ! Je suis le géniteur de l’Apr», avait-il tranché. C’était Apr(e) pour Macky qui l’avait trouvée Sall comme réponse. Mais surtout qui l’avait prise pour une défiance. Et il y aura bien une suite à cet affront parce qu’il en livrera un autre.

«Ami» de l’«ennemi» Pape Diop
Quelques semaines après sa défenestration du ministère des Affaires étrangères, Abc était aux côtés de Pape Diop, lors du lancement de son parti, Convergence démocratique/Bokk gis gis (Cd/Bgg). Une (nouvelle) «amitié» célébrée en grande pompe et couronnée par une petite phrase qui a éclipsé Cd/Bgg. Il dit à l’endroit de Pape Diop : «Il ne faut jamais oublier ses amis d’hier.» Se considérait-il déjà comme un ami que Macky Sall avait déjà conjugué au passé ? Dans tous les cas, le chef de l’Etat et chef de l’Apr y a vu «l’ami de mon ennemi est mon ennemi».

Vu de l’Apr, Abc était «à la périphérie des activités du parti». Son silence «intriguant», ses sorties «impertinentes», ses «absences» aux réunions et à son bureau en tant que coordonnateur national seraient autant d’accusations que le «tribunal» de l’Apr lui colle à la robe. Et la peine est lourde, si l’on suit le «réquisitoire» du communiqué : «Protéger le Parti de toutes dérives fractionnistes ou de nature à l’affaiblir.» Est-ce également un avertissement à des responsables qui ne s’inscrivent pas sur la ligne du parti ? Cheikh Diop Ndione avait défié Niasse, candidat désigné par Macky pour le Perchoir, et ses collègues Mame Khary Mbacké et Abdou Lahad Seck avaient quitté le groupe Benno bokk yaakaar (Bgg). Si l’Apr dit vouloir «remettre les choses en ordre», comme le confie un de ses responsables, il reste que Alioune Badara Cissé n’a pas encore de remplaçant à son poste. Macky Sall semble adopter la leçon de Abdoulaye Wade qui, après avoir «tué» ses numéros 2 (Idrissa seck et Macky lui-même), avait décidé de supprimer le poste de numéro 2 et «repris les choses en main», selon la formule consacrée. A moins que le Premier ministre, qui l’est de facto, soit confirmé.

L’impossible recollage
Ce feuilleton Macky-Abc ressemble à celui Wade-Idy. Les coulisses, les intrigues, les suspenses sont la trame de ce film joué à distance. Au Palais, les notes Sall de Macky et Saleh de Mahmout ne plaidaient pas en faveur de l’avocat. D’aucuns pensent que le ministre-conseiller du chef de l’Etat, récemment promu directeur de cabinet politique, fomentait son «coup d’Etat rampant» contre Cissé avec ses piques pimentées. Il y a eu Fatick d’abord où il mettait en garde le second de Macky dans le parti, qui multipliait les tournées dans les régions, puis Louga où il précisait que «l’Apr n’a qu’un seul chef» et que «ceux qui ne veulent pas l’accepter sont libres d’emprunter leur propre chemin». A Saleh, qualifié de «taupe», Abc répond que «la bave du crapaud n’atteindra jamais la blanche colombe». Et le ndewnel (étrenne) du porte-parole du Président, Abou Abel Thiam, le jour de la Korité, appelant à des retrouvailles entre Macky et son ex-ministre, ne pouvait pas ramener la paix.

hamath@lequotidien.sn

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