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Une Burundaise et une Ivoirienne s’engagent pour le retour de la paix en Casamance
Publié le samedi 14 decembre 2013   |  Agence de Presse Sénégalaise


Casamance
© Autre presse par DR
Casamance


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Ziguinchor - Domitille Barancia et Marie France Gofri, participantes à une mission de solidarité venues respectivement du Burundi et de la Côte d’Ivoire, deux pays post-conflit, ont pris, vendredi, l’engagement d’accompagner et de partager leurs expériences avec leurs sœurs de la région de Ziguinchor, pour un retour définitif de la paix dans la partie sud du Sénégal.

‘’Il y a une diction de chez nous qui dit qu’il faut parler des douleurs de l’enfantement à la femme qui a déjà accouché. Donc le témoignage que j’apporte, c’est celui d’une femme africaine qui connait les douleurs de l’enfantement’’, a témoigné Domitille Barancia, venue de la capitale burundaise, Bujumbura.

Des femmes leaders du Sénégal, du Mali, de la Guinée-Bissau, de la Gambie, de la Côte d’Ivoire et du Burundi ont bouclé leur mission de solidarité à Ziguinchor, vendredi, par un point de presse.

D'une durée de trois jours, celle-ci vient soutenir les actions déployées par les femmes actrices de paix regroupées au sein de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC).

Initiée par l’association Femmes Africa Solidarité (FAS), elle vise la sensibilisation des acteurs du terrain sur une meilleure implication des femmes dans la résolution du conflit en Casamance, renseigne un document remis à la presse.

La Burundaise a soutenu qu’elle est à Ziguinchor pour partager son expérience et apporter sa sympathie aux femmes de la Casamance, en proie à un conflit armé depuis 1982 entre l’Etat du Sénégal et le Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, rébellion).

Mme Barancia a renseigné que ''les femmes du Burundi ont profité de la solidarité de leurs sœurs d’Afrique pour sortir de la guerre interethnique''.

‘’Nous avons connu une guerre fratricide. Le conflit n’est pas une fatalité. Nous nous en sommes sortis, alors que nous étions descendus trop bas. C’est un message d’encouragement que je lance à mes sœurs pour leurs dire qu’elles en sortiront’’, a-t-elle dit.

‘’Je ne suis pas Burundaise. Je suis Africaine, je suis Sénégalaise. Quand les femmes sénégalaises souffrent, je souffre aussi’’, a-t-elle martelé, tout en plaidant pour une ''participation effective'' des femmes casamançaises aux futures négociations de paix entre l’Etat et le MFDC.

‘’L’expérience que nous avons, c’est de montrer aux hommes qui sont si bons pour la guerre, que nous sommes les meilleures à faire la paix. Nous sommes dans une très bonne position pour leur donner des leçons, parce que nous avons d’autres intérêts que la paix’’, s'est réjouie.

‘’Les hommes ont d’autres positionnements et d’autres intérêts .Nous, le
seul intérêt que nous avons, c’est de protéger la vie que nous avons donné. Sur ce terrain-là, nous sommes en très bonne position pour donner des leçons’’, a-t-elle affirmé, insistant sur leurs ''qualités de mère, de sœur et d’épouse''.

L'Ivoirienne Marie France Gofri a dit la leçon que les Ivoiriens ont tiré de ce conflit dans leur pays, c’est d’avoir ‘’un comportement de paix’’.

‘’Nous irons partout avec notre bâton de pèlerin, accompagnées d’autres femmes, afin que la paix règne. C’est munies de cette conviction que nous sommes aujourd’hui en Casamance’’, a-t-elle expliqué.

‘’On en entendait parler de loin (...). Mais aujourd’hui, nous avons
compris l’histoire de ce conflit. Nous avons appréhendé tous les points obscurs de ce conflit. Les problèmes que les personnes qui étudient des conflits ne savent pas’’, a-t-il dit.

‘’C’est le conflit casamançais. Mais, c’est aussi un conflit ivoirien, parce que nous le prenons à bras le corps. Nous allons vous accompagner pour que la paix revienne en Casamance. Et vous allez nous accompagner aussi pour que la paix revienne définitivement en Côte d’Ivoire’’, a-t-elle lancé aux femmes de la PFPC

ASB/AD

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