Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Politique
Article
Politique

[Le Récap] Condamné à deux ans de prison, l’éligibilité de Ousmane Sonko encore plus compromise
Publié le vendredi 2 juin 2023  |  seneweb
Sénégal:
© Autre presse par dr
Sénégal: l’opposant Ousmane Sonko condamné à 2 ans de prison ferme pour corruption de la jeunesse
Comment


Le Tribunal de Dakar a condamné jeudi Ousmane Sonko, accusé de viols, à deux ans de prison ferme pour "corruption de la jeunesse", compromettant encore davantage sa candidature à la présidentielle de 2024 dans un contexte de vives tensions.

La chambre criminelle, statuant en l'absence du plus farouche adversaire du président Macky Sall, l'a en revanche acquitté des accusations de viols et menaces de mort.

Elle a par ailleurs condamné à deux ans de prison ferme la co-accusée de M. Sonko, Mme Ndèye Khady Ndiaye, patronne du salon de beauté où M. Sonko était accusé d'avoir abusé d'une employée à plusieurs reprises.

La "corruption de la jeunesse" consiste à débaucher ou à favoriser la débauche d'un jeune de moins de 21 ans. La plaignante, Adji Sarr, avait moins de 21 ans au moment des faits qu'elle dénonce.

La décision paraît au vu du code électoral maintenir la menace sur son éligibilité et sur sa faculté à concourir à la présidentielle de l'an prochain.

Les implications immédiates de cette décision et une éventuelle arrestation de M. Sonko sont incertaines. Le tribunal ne s'est pas prononcé sur une éventuelle arrestation.

"La décision de l'arrêter ou pas dépend du ministère public", a dit un des avocats de M. Sonko, Me Djiby Diagne. Mais "la candidature d' Ousmane Sonko est hypothéquée", a-t-il déclaré.

Au moment de la décision de justice, M. Sonko, président du parti Pastef-les Patriotes et troisième de la présidentielle de 2019, était présumé se trouver chez lui à Dakar, bloqué depuis dimanche par un important dispositif policier, "séquestré" selon ses mots.

Les forces de sécurité ont repoussé, y compris par la force, toute tentative de l'approcher de la part de ses avocats ou de ses sympathisants.

Les forces de sécurité ont tenu les journalistes à une distance considérable de sa maison. Elles ont lancé des grenades lacrymogènes sans sommation vers un groupe de journalistes pour les éloigner.

Le verdict, point d'orgue d'un feuilleton qui tient le Sénégal en haleine depuis plus de deux ans, fait craindre de nouvelles violences.

M. Sonko n'a cessé de protester de son innocence et de crier à un complot ourdi par le président, qui s'en défend.

Il encourait jusqu'à vingt ans de réclusion pour viols.

L'enjeu est autant criminel que politique. L'éligibilité de M. Sonko, 48 ans, est déjà compromise par une récente condamnation à six mois de prison avec sursis pour diffamation contre un ministre.

Depuis février 2021 que l'affaire de viols présumés défraie la chronique, M. Sonko est engagé dans un bras de fer forcené avec le pouvoir pour sa survie judiciaire et politique.

Une vingtaine de civils ont été tués depuis 2021 dans des troubles largement liés à sa situation. Le pouvoir et le camp de M. Sonko s'en rejettent la faute.
Commentaires