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Le Soleil N° 13204 du 31/5/2014

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134e édition de l’appel de Seydina Limamou Laye : Sous le signe de la diversité confrérique
Publié le samedi 31 mai 2014   |  Le Soleil




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Il y a 134 ans que Seydina Limamou Lahi (Psl) lançait un appel à Yoff se déclarant le Mahdi attendu. La cérémonie d’ouverture a eu lieu hier. Au cours de la rencontre, le porte-parole du khalife a beaucoup insisté sur l’unité des croyants, la diversité et la tolérance. Selon lui, ces facteurs constituent des sources de richesses de notre pays.

Les talibés layènes ont convergé hier tôt le matin vers la place publique Diamalaye de Cambérène, là où a lieu la cérémonie marquant la célébration de l’anniversaire. Habillés de leur traditionnel ensemble blanc, hommes, femmes, garçons et filles ont tous frotté leur pied contre le sable mou de ce lieu sacré situé à côté de la mer. Rivalisant d’ardeur, la dame Khoudia Mbaye et ses collègues chanteurs religieux de la communauté layène ont tenu en haleine l’assistance pendant des heures avant l’arrivée du frère du khalife général des Layènes, Seydina Mamadou Lamine Laye, porte-parole du guide religieux et non moins son fils aîné, Seydina Issa Thiaw Laye ainsi que d’autres dignités de la communauté layène. Les fidèles, dopés par les louanges à l’endroit du Seigneur, du Prophète de l’Islam (Psl) et de leur guide Seydina Limamou Lahi, n’ont cessé de balancer leurs mains de gauche à droite et de la droite vers la gauche. Une marque déposée de la communauté layène. Mais tout se fait dans une grande ferveur. D’ailleurs, certains fidèles gagnés par l’émotion tombaient en transe. Heureusement que les sapeurs-pompiers et les agents de la Croix-Rouge veillaient au grain.
C’est à 10h 30mn que la délégation du khalife général des Layènes conduite par son frère Seydina Mamadou Lamine Laye est arrivée à la place Diamalaye de Cambérène. Ils sont allés se recueillir au Mausolée de Seydina Issa Laye, fils et digne continuateur de l’œuvre de Seydina Limamou Laye, avant d’aller s’installer sous la tente qui leur est réservée sous une bonne escorte policière.
Dans son intervention, le porte-parole du khalife général des Layènes a beaucoup insisté sur l’unité des croyants, la diversité religieuse et la tolérance. Selon Seydina Issa Thiaw Laye, ces facteurs constituent des sources de richesses de notre pays. Citant des exemples, il a rappelé que Dieu a créé tout la diversité. Et c’est cette dynamique qui rythme l’évolution du monde. A son avis, c’est l’intégration que Seydina Issa Rohou Lahi a réussie à Cambérène où on ne retrouve pas des divergences basées sur l’ethnie ou la religion. « On y retrouve toutes les composantes socio-ethniques et religieuses du pays. J’entends les gens dire mosquée des layènes, des tidianes, des mourides, etc. Mais je n’ai jamais entendu la Qibla (la direction vers la Kaaba, ndlr) des layènes, des mourides ou des tidianes, etc. Car les musulmans ont la même Qibla, à savoir la Kaaba », a-t-il martelé.
L’Etat moderne, a ajouté le fils aîné du khalife, est celui des droits de l’homme et de la citoyenneté. « Aucun pays ne peut se développer s’il est enfermé sur lui-même », a ajout Seydina Issa Thiaw Laye qui précise que c’est pour éviter ces désunions que son homonyme Seydina Limamou Lahi a mis de côté les considérations ethniques et religieuses pour endosser le nom laye-laye pour faire référence à Dieu. Le responsable spirituel a invité les Ahlou lahi (gens de Dieu) à retourner à la source.

Cultiver la paix

Celui qui est par ailleurs un conseiller à la municipalité de Dakar a également exhorté les talibés à honorer leurs prochains, comme le faisaient l’auteur de l’Appel et son fils Seydina Issa Rohou Lahi. « Le Sénégal n’a rien à envier à aucun pays en matière de religion et de culture de la paix. Les anciens ont joué leur partition, en nous laissant un pays de paix et de tolérance », a-t-il laissé entendre. Sur la zakat, le porte-parole du khalife a rappelé qu’on ne saurait parler de l’aumône légale sans le travail et la richesse. « Des milliers de musulmans vivent dans la pauvreté, alors que l’Islam est une religion de paix, de solidarité, d’entraide et de tolérance. Il faut se méfier de l’obscurantisme », a-t-il regretté.
Quant à l’animateur principal de la conférence, Mamadou Lamine Laye, frère du khalife, il a raffermi la foi des membres de la communauté et apporté la preuve à ceux qui doutent encore que Seydina Issa est l’héritier du Prophète. Invoquant verset après verset, il a, tout le long de son speech, construit un argumentaire capable de prouver que le Mahdi annoncé par les prophètes est bien celui qui a vu le jour à Yoff. «Les indices donnés par le Prophète Insa (Psl) montrent clairement que c’est lui.
Quant au Prophète Mohamed (Psl), il a bien dit que c’est lui qui sera son khalife. On peut donc dire que le Prophète Mohamed (Psl) est le dernier envoyé de Dieu, mais il n’est pas le dernier sur terre.» Comprenez par là que Seydina Issa est venu après ! Selon lui, si Seydina Limamou Lahi n’était pas l’envoyé de Dieu, Celui-ci aurait mis fin à cet Appel depuis longtemps. « Car seule la vérité est durable et impérissable », a-t-il rappelé. Selon lui, il y avait des gens qui avaient demandé à Seydina Limamou Lahi les personnes qu’il a ordonnées Cheikh. Il leur rétorquait en leur disant qu’il a béni Dakar. Aujourd’hui, fait-il remarquer, « avoir une portion de terre dans la capitale du Sénégal relève de la croix et de la bannière ».
« Quand on parle de Tivaouane, on pense à El Hadji Malick Sy, de Touba à Cheikh Ahmadou Bamba, et s’il s’agit de Dakar, je pense qu’on doit rendre hommage à Seydina Limamou Lahi », a avancé le guide religieux qui a invité les Sénégalais à cultiver la paix, la tolérance et à privilégier le dialogue social au grand bonheur des populations. « Rien ne vaut la paix !», a-t-il lancé. Quant au porte-parole du khalife général des Layènes, il a remercié le président de la République, Macky Sall, et son gouvernement de leur contribution pour la réussite de l’évènement. Il a prié pour le chef de l’Etat et pour son gouvernement pour que la paix sociale s’installe définitivement au Sénégal.
Ferveur et recueillement à la grotte de Ngor
Ngor est très symbolique dans l’histoire de la communauté « Layène ». C’est même un passage obligé pour la commémoration de l’Appel de Seydina Limamou Laye. Ce site est aussi un lieu de prières et de recueillement pour les fidèles.
L’Appel du Seydina Limamou Laye n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. La place de Ngor est « blanche » de monde en ce début d’après-midi du vendredi commémoratif du 134e appel. Les fidèles « Layènes », venus de tous les coins du pays, ont une fois de plus répondu nombreux à l’appel du « Mahdi ». Ce site est très symbolique dans l’histoire de cette communauté. « C’est là où se cache tout le mystère de Seydina Limamou Laye », a laissé entendre Mamadou Lamine Laye, frère du khalife Abdoulaye Thiaw Laye, en tête de la délégation. C’est sur ce site que le « Mahdi » aurait séjourné pendant des centaines d’années sous forme de lumière, explique Ousmane Laye, un fidèle qui cherche par tous les moyens à entrer à l’intérieur de la grotte, totalement clôturée et bien surveillée. « Nous allons vous laisser entrer par la porte pour prier après la causerie. Soyez patients ! Ce n’est pas possible en ce moment », lui oppose un préposé à la sécurité du lieu.
Un vent frisquet effleure les visages des fidèles déjà épuisés par une journée de forte canicule. C’est un véritable moment de foi, de prières et de ferveur religieuse. La tente érigée près de cette grotte qui porte les empreintes de « Baye Laye» vibre au rythme du « Zikroula » (l’invocation du nom d’Allah) et de louanges au Prophète Mohamed (Psl), en attendant l’arrivée des autorités religieuses. Les dames soigneusement assises sur le sol marin, toutes vêtues de blanc, accompagnent les chants religieux par des balancements de bras tantôt à gauche, tantôt à droite. Ces gestes imitatifs des pêcheurs traditionnels lébous en action en pleine mer traduisent en quelque sorte l’histoire d’amour qui existe entre ces premiers occupants de la capitale et le métier de la pêche. Par ailleurs, les membres du comité d’organisation et les forces de l’ordre veille au grain. Ils sont soucieux de l’ordre.
La délégation religieuse n’est arrivée sur le lieu qu’aux environs de 16h 30mn, sous escorte des éléments de la gendarmerie nationale. La cérémonie démarre par des prières. « C’est le Prophète Mohamed (Psl) qui était parti, c’est Lui qui est revenu. Il n’y a aucun doute à avoir sur cela », lance d’emblée Imam Moussa. De son côté Mamadou Lamine Laye exhorte les jeunes à chercher des références. « Toutes choses qui ne s’appuie pas sur un support solide est facile à déloger », estime-t-il. Il informe également qu’il existe aujourd’hui un décret interdisant la baignade sur ce site symbolique.
Après la causerie, commence une bousculade monstre. Tout le monde veut entrer en même temps à l’intérieur de la grotte pour se recueillir et prier.
« C’est la première fois que je vois une telle foule dans ce lieu. Je vais devoir patienter encore pour pouvoir aller prier dans la grotte. Ce site est très symbolique pour nous « Layènes » et nous avons espoir que toutes les prières qui y seront formulées seront exaucées par le bon Dieu », déclare Sokhna Astou Laye, une fidèle. « C’est une erreur grave que de venir jusqu’ici sans poser mes pieds sur ces pierres qui portent les empreintes des sains pieds de « Baye Laye », ajoute un autre pèlerin pressé par la sécurité à vider le lieu.

KIDNAPPING DES 200 LYCEENNES AU NIGERIA : La communauté Layène s’indigne
La communauté layène, par la voix du porte-parole du khalife général des Layènes, s’est indignée hier, à l’occasion de l’ouverture de la 134e édition de l’Appel de Seydina Limamou Lahi, du kidnapping des 200 lycéennes par la secte Boko Haram au Nigéria. « On dit toujours que l’Islam est agressé, alors que ce sont les musulmans qui s’attaquent à leur propre religion, à leurs propres frères », a-t-il regretté. Pour le guide religieux, l’acte posé par la secte Boko Haram est indigne d’un musulman car il n’honore pas sa religion et ses coreligionnaires. « Il ne faut pas en vouloir à personne. Car ce sont des musulmans qui s’attaquent aux fondements de leur propre religion, à savoir la paix, la tolérance et le culte de la non-violence », a-t-il fait savoir.

A L’IMAGE DE LA MEDINA : Cambérène célèbre ses 100 ans cette année
La 134e édition de l’Appel de Seydina Limamou Laye coïncide cette année avec les 100 ans de la création de Cambérène par Seydina Issa Rohou Lahi, fils aîné de Seydina Limamou Lahi en 1914. Selon le porte-parole du khalife général des Layènes, Seydina Issa Thiaw Lahi, c’est à cause de la peste qui s’était déclarée dans un endroit où il habitait non loin de la Cité Fadia que Seydina Issa Rohou Lahi a déménagé pour fonder Cambérène qui signifie littéralement « Kem Médine » (c’est comme Médinatoul Mounawara), ville d’adoption du prophète de l’islam (Psl) qui se trouve à La Mecque. A ce titre, Seydina Issa Thiaw Laye a révélé qu’un comité d’organisation a été mis sur pied et en train de mener une réflexion pour la commémoration des 100 ans de la cité de Seydina Limamou Lahi.

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