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Travaux ménagers : 47 heures par semaine pour les femmes, 5 heures pour les hommes
Publié le jeudi 24 novembre 2022  |  Le Quotidien
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© aDakar.com par SB
La rareté du poisson ressentie à Dakar
Dakar, le 29 août 2018 - Une semaine après la fête de la Tabaski, les activités de pêche n`ont toujours pas repris normalement. Cette situation a créé une rareté du poisson dans les différents marchés de Dakar.
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Les femmes sont les véritables gardiennes des temples. Selon le rapport commandité par l’Onu-femme et le ministère de la Femme sur le Sénégal, elles consacrent plus de temps au travail domestique que les hommes. Les acteurs se réjouissent de l’existence d’un bulletin d’évaluation qui va permettre aux autorités de prendre des décisions et de corriger les inégalités et disparités entre les hommes et les femmes.

Par Justin GOMIS – Il n’est pas exagéré de dire que ce sont les femmes qui tiennent les maisons. Leur temps de travail domestique dépasse de très loin celui des hommes. Une étude récente sur le Sénégal, par rapport au travail domestique, commanditée par le ministère de la Femme et Onu-femme, révèle qu’elles consacrent 47 heures de travail par semaine, contrairement aux hommes qui ne comptabilisent que 5 heures sur le travail domestique. «Ces chiffres montrent que le temps utilisé par les femmes pour le travail non rémunéré, notamment des soins, est supérieur à celui des hommes», reconnaît Mohamed Ndiaye. D’après le directeur de Cabinet de la ministre de la Femme, de la famille et de la protection des enfants, «ce sont des statistiques axées sur le travail non rémunéré et le leadership féminin». C’est une injustice à réparer. Vu le volume de travail non rémunéré des femmes, le manque à gagner est inestimable. «Ce temps de travail n’est pas valorisé. Nous savons tous que si c’était valorisé dans nos systèmes économiques, on allait bien percevoir l’apport de la femme dans la croissance du Pib au Sénégal et dans le monde. C’est un enjeu de taille aujourd’hui dans le monde», souligne Mohamed Ndiaye. Selon lui, ce manque à gagner peut être estimé à coup de milliards. «Je n’ai pas de données statistiques, mais c’est une évidence que c’est énorme en termes de coût si nous prenons le coût unitaire par heure d’un salarié moyen d’un pays donné, qu’on multiplie par 47 et par 30 jours, vous verrez tout de ce suite ce que cela donne. Si on multiplie par 350 jours, on a une estimation annuelle de plusieurs mil­liards. Cette contribution dans la croissance du Pib est incommensurable», avance-t-il. D’après M. Ndiaye, le travail non rémunéré que fait la femme pour prendre soin de la famille, de la société, est une injustice. «Il nous faut réparer cela», dit-il.

«Une injustice à réparer…»
C’est dans ce sens qu’Onu-femme a développé le programme mondial intitulé «Women count» dans 11 pays dont le Sénégal, qui vise à induire un changement radical dans la production, la disponibilité, l’accessibilité et l’utilisation des données statistiques de qualité sur les aspects-clés de l’égalité entre les sexes et l’autonomisation de la femme. C’est toute la pertinence de cet atelier de partage et de validation du rapport sur l’Objectif de développement durable (Odd) genre et bulletin statistiques portant sur la participation politique et le leadership féminin, organisé pour deux jours par les acteurs. Cet important outil initié par le ministère de la Femme, à travers sa Direction l’équité l’égalité de genre, va offrir aux acteurs de l’écosystème, aux décideurs politiques, aux chercheurs et aux partenaires techniques et financiers, un moyen qui permettrait de mettre en œuvre un certain nombre de corrections importantes sur l’égalité et genre. «Il s’agit de veiller à ce que les hommes et les femmes soient d’égale dignité face à la délivrance des politiques publiques qui sont menées dans notre pays», a fait savoir le directeur de Cabinet du ministre de la Femme.

D’après Astou Diouf Guèye, la directrice de l’Equité et du genre au ministère de la Femme, «ce bulletin va permettre de mettre en lumière les disparités de genre qui existent dans certains secteurs, notamment au niveau du travail non rémunéré, mais aussi la participation des femmes et leadership des femmes». Il peut aussi être un outil d’information pour les décideurs et d’aide à la décision. Ces données, ajoute la directrice de l’Equité et du genre, vont permettre d’aller vers le changement. «C’est en s’appuyant sur ces données que nous pourrons proposer des mesures correctives pour renforcer le positionnement des femmes et éliminer du coup les disparités et inégalités», espère-t-elle . Car même si l’on sait que le Sénégal a enregistré des progrès remarquables dans la mise en œuvre des changements pris au niveau international en matière d’égalité de sexes et d’autonomisation des femmes, il reste des efforts à faire dans l’évaluation des écarts entre hommes et femmes dans les divers aspects de développement.

justin@lequotidien.sn
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