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« Nos religions, les sauveurs de nos enfants » (Par Mary Teuw Niane)
Publié le vendredi 30 septembre 2022  |  Senego
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© Autre presse par DR
Travail des enfants
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Le Sénégal est un pays singulier, 95 % de musulmans, 5% de chrétiens et une grande majorité de la population qui a des pratiques relevant des religions traditionnelles africaines.
Les religions coexistent sans grande difficulté.

Il n’est pas rare que dans une famille il y ait des musulmans et des chrétiens.
Il y a des endroits où chrétiens et musulmans partagent le même cimetière. À Khor à Saint Louis, à Ziguinchor, à Joal, etc., Musulmans et Chrétiens inhument leurs morts dans le même cimetière.

À la Korité, à la Tabaski et à la Tamkharit les musulmans partagent leurs victuailles avec leurs voisins chrétiens qui leur tour rendent la monnaie à Noël et à Pâques.
Les écoles catholiques reçoivent beaucoup d’enfants musulmans en particulier dans une ville comme Saint Louis très ancrée dans ses traditions musulmanes.

Au bureau, nous sommes nombreux à avoir notre tapis de prière, notre Coran, notre chapelet et nos sandales en plastiques pour les ablutions. Nous nous aménageons un temps pour les prières de Dohr, d’Asr, de Maghreb et pour ceux qui restent tard au bureau la prière d’Isha.
Le vendredi les heures de travail sont aménagées pour permettre aux musulmans de prier le Juma.

Les fêtes religieuses musulmanes et chrétiennes sont fériées.
L’État construit des mosquées, réhabilite des mosquées, des cathédrales et des églises, il accompagne les musulmans au pélerinage à la Mecque et les chrétiens au pélerinage à Jérusalem et au Saint Siège.

Les musulmans et les chrétiens partagent les événements heureux comme les baptêmes, les mariages, les circoncisions, les communions et les événements tristes comme les deuils, les prières mortuaires et les enterrements.
La religion est au début et à la fin de tout ce que nous faisons. Nous débutons par la prière et nous terminons par la prière.

Au Sénégal tout est religieux, nous remettons tout à la bénédiction divine.
Nous ne sommes que religion!
Nos valeurs sont fortement imprégnées de morale religieuse et traditionnelle.
Notre habillement et nos comportements sont une synthèse entre nos us et coutumes et les influences arabo-islamiques, européennes et chrétiennes.
Au Sénégal il n’y a pas d’athéisme proclamé.

C’est pourquoi il est incompréhensible que depuis soixante deux ans que notre pays est indépendant, nos religions ne sont pas enseignées au préscolaire, à l’école élémentaire, au collège et au lycée.
À l’université, en dehors de l’UFR Civilisation, Religion, Art et Communication de l’Université Gaston Berger de Saint Louis, nulle part la religion n’est un sujet d’étude ou un objet de recherche.
Notre système éducatif et universitaire est fondamentalement extraverti.
Il ignore royalement ce qui constitue l’essence de notre personne et de notre personnalité, notre religion.

Il n’est pas alors étonnant que face à la démission de plus en plus grande des familles par rapport à l’éducation de leurs enfants, face à l’exhibitionnisme malheureux des progénitures des élites politiques, de plus en plus d’enfants perdent leurs repères, proies faciles des médias et des réseaux sociaux, ils acquièrent des attitudes et des comportements contre natures.

Notre école en excluant la religion de son champ a abdiqué sur son rôle majeur d‘inculquer à la jeunesse un savoir-être enraciné sur nos valeurs de civilisation et ouvert sur le monde.
Notre école n’est rien d’autre qu’une salle de classe sans porte et sans fenêtre, soumise quotidiennement aux vents violents des valeurs étrangères qui déracinent violemment notre savoir-être, notre manière de vivre pour greffer les plus mauvaises souches venant de l’étranger.

Nous avons de plus en plus de jeunes hybrides, paumés, fragiles, incapables de s’exprimer correctement, impudiques, violents et mal éduqués.
Le moment n’est-il pas enfin venu de reconsidérer la question pertinente de l’enseignement de nos religions dans notre système éducatif ?

Soyons nombreux à le demander car il y va du futur de nos enfants et de nos petits enfants.
Je rêve du jour où je verrai sortir de notre école des enfants, filles et garçons, qui maîtrisent le Coran ou bien le Catéchisme, leur langue maternelle, le français, l’anglais et les mathématiques.

Je vous souhaite une excellente journée sous la protection divine. Juma Mubaarak.

Dakar, vendredi 29 septembre 2022
Mary Teuw Niane

#Éducation #MaryTeuwNiane #Religions
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