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Entretien / Ahmet Dieng BBY : « L’opposition sait qu’il n’y aura pas de cohabitation à l’assemblée… Le PR a beaucoup fait pour les jeunes, mais cela n’a pas été bien porté… »
Publié le mercredi 3 aout 2022  |  dakaractu.com
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© aDakar.com par BL
Le ministre de l`Intérieur a défendu à l`Assemblée nationale le projet de loi portant code électoral
Dakar, le 12 juillet 2021 - Le ministre de l’Intérieur était devant les députés, en séance plénière à l’Assemblée Nationale, le lundi 12 juillet 2021, jusque tard dans la nuit, pour défendre la réforme sur le code électoral.
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Dans cet entretien avec Dakaractu, le membre du directoire de campagne de Diourbel a fait le bilan de la campagne électorale, sanctionnée par un scrutin qui s’est bien déroulé. Ahmed Dieng, connaissant la tête de liste nationale Aminata Touré, l’a félicité pour son parcours durant toute cette période de campagne et salue, cette réussite, pour elle qui dirige pour la première fois une liste nationale pour des élections législatives. À cette reconnaissance du travail acharné de Aminata Touré, s’ajoute cette thérapie de l’opposition qui, celui lui n’est que dans ses habits de manipulatrice. Ahmed Dieng reste convaincu de l’obtention de la majorité par Benno sans oublier de tirer les conséquences d’un scrutin qui ne finit pas de livrer ses surprises.

Dakaractu - Comment avez-vous apprécié la campagne électorale ?

J’ai une appréciation très positive de cette campagne. Elle s’est globalement bien passée. Cela a démarré et pris fin à la bonne date selon la loi. Pendant la campagne on a senti une envie d’aller à la conquête des voix des sénégalais. Toutefois, à part quelques cas isolés, nous n’avons pas vécu une campagne faite de violence. Nous avons vu aussi des têtes de file dérouler une campagne empreinte de détermination, de bonne humeur, parfois des moments de détente avec une ambiance normale. Sauf que je déplore des intrus qui passent pour influencer avec des contenus qui n’ont rien à voir avec la réalité.

Mais on est dans un pays démocratique, il faut s’y habituer. Nous avons noté aussi la coalition Yewwi Askan Wi qui, malgré que leur liste nationale ait été invalidée, ont pris la place de leurs suppléants en battant campagne sans que l’on parvienne à reconnaître les visages de ces candidats. Moi qui vous parle, je ne parviens pas à reconnaître la tête de liste Cheikh Oumar Sy. Cette situation est à déplorer. C’était à la coalition Yewwi Askan Wi d’informer les gens du pourquoi ils les ont cachés. Une campagne est faite pour montrer les futurs élus aux populations qui les choisissent.

Dakaractu - Comment analysez-vous les discours des candidats ?

Il faut signaler que les discours ne sont pas très variés par rapport à ceux qui les tiennent. Si vous écoutez le discours de la tête de liste de Benno, Aminata Touré, elle le concentre toujours sur le factuel : Les réalisations du président Macky Sall, son programme politique, l’émergence etc... Elle se fonde sur les faits. Ceux qui ont adhéré à sa cause et son discours, l’ont fait certainement en se basant sur le concret. D’autres listes moins structurées avaient un discours plus nuancées : c'est le cas de Aar Sénégal par exemple, qui a été néanmoins une liste respectable. C’est tout le contraire chez nos amis de Yewwi Askan Wi qui, comme d’habitude, sont toujours dans leur optique va-t’en guerre. Ils ont cultivé le vote contestataire. 90% des voix obtenues ne sont pas réfléchies, mais juste des voix de contestation.

L’électorat qui a adhéré à Benno, sont des gens qui croient en quelque chose : ils ont choisi le concret. Chez Aar Sénégal, il y’a un contenu. Par contre à Yewwi il n’y a ni espoir, ni perspective. Qu’est-ce que Ousmane Sonko et sa troupe proposent aux jeunes en dehors de « Allons-nous battre » ? Ces gens ont juste exploité la fibre guerrière d’une jeunesse. Dans cinq ans, ces jeunes prendront conscience de ces erreurs qu’ils ont commises en suivant de manière irréfléchie, cette coalition. Cela ne veut pas dire que ces jeunes ne sont pas matures, mais ils ont juste faits ce qui correspond à leur âge. En réalité, Ousmane Sonko et Barthélémy Dias ne sont pas des références.

Dakaractu - Est-ce que nous assistons à un refus catégorique de cette jeunesse qui désavoue Macky et son régime ?

Ce qui se pose, c’est un problème de communication entre nous et les jeunes. Il faut briser cette barrière. En réalité, les jeunes ne sont pas contre nous, ils n’ont juste pas la bonne information. C’est ce qui s’est passé et bien évidemment, la nature a horreur du vide. Quand ces jeunes n’ont pas la bonne information, ils s’accrochent à ce qu’ils ont. Nous avons juste raté le train de la communication au moment où il le fallait. Mais dire que les jeunes ont désavoué Macky Sall, cela n’est que supputation.

Toutefois, il faut une communication directe, incisive et correspondante à l’état d’esprit de celui avec qui on parle. À ce niveau-là, il faut que nous ayons une approche différente de celle que nous avons. Le président de la République a beaucoup fait pour les jeunes, mais cela n’a pas été bien porté en terme de communication. Il faudrait s’y prendre autrement et aller vers des reconquêtes.

Dakaractu - Êtes-vous convaincu d’une cohabitation à l’Assemblée nationale ?

C’est du bluff. L’opposition elle-même sait qu’il n’y aura pas de cohabitation. Elle a même reconnu que la coalition BBY a plus de départements qu’eux. Sur l’échelle départementale, Benno a fait le double de ce que l’opposition a fait. Les statistiques donnent à Benno la majorité au niveau des départements. Aujourd’hui, 30 départements sur 46 sont détenus par Benno Bokk Yakaar. La question du quotient n’est pas calculée en fonction du nombre d’inscrits mais plutôt en fonction des votants. Même si Yewwi a gagné des grandes villes où il y’a un fort électorat, il faut qu’elle rappelle au sénégalais que le taux de participation n’est pas si élevé que cela. Dans les zones où l’opposition a gagné, les écarts ne sont pas soviétiques contrairement à nous. Il faut que ces gens le reconnaissent. Il ne faut pas que l’on ait une réflexion tendancieuse mais dans le groupe de l’opposition, il y a toujours ce genre de discours. Il ne faut pas nous entraîner dans les calculs chimériques. Toutefois, nous restons sereins. Il est évident que Benno sera majoritaire.

Cependant, il faut savoir qu’on est plus dans cette situation où dans l’assemblée, la majorité aura le droit de vie ou de mort sur tout le monde. L’opposition a progressé. C’est une avancée démocratique et c’est le lieu de féliciter le peuple sénégalais qui a fait son vote dans le calme et la sérénité.

Un autre élément à ne pas oublier : Yewwi a ses élus, Wallu de l’autre côté aussi, a ses députés. La fusion n’est pas automatique. L’élection s'est déroulée dans une démarche libre.

Dakaractu - Qu’attendez-vous de la prochaine législature ?

Nous serons dans une législature pas avec une rupture, mais de continuité avec des innovations. Notre pays avance depuis 1960 et à chaque étape qui permet d’aller vers des innovations. Une rupture ne se décrète pas, elle se construit. Aujourd’hui, nous sommes heureux de constater que nous allons vers une législature qui peut être meilleure que la 13e.

Dakaractu - Votre dernier mot

Nous tenons à remercier les camarades de la majorité pour leur unité qui permet d’avoir ces résultats-là. Mais également remercier et féliciter la camarade Aminata Touré pour son courage, sa ténacité, sa bonne humeur, autant de valeurs qui montrent que le président ne s’est pas trompé en choisissant une femme à la tête de notre liste. Je prie pour que cette promotion des femmes continue. Je rends vraiment un hommage mérité à Mme Aminata Touré qui a montré qu’elle a bien été à la hauteur. Aussi, à Diourbel nous avons eu une belle victoire. À 19h, tout le monde savait que Benno allait gagner les élections dans ce département. Sous la houlette du ministre Dame Diop, Diourbel a montré sa fidélité et sa constance au président de la République Macky Sall.
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