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Violences politiques : Tous au banc des accusés
Publié le mercredi 1 decembre 2021  |  Le Quotidien
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© aDakar.com par LB
Violentes manifestations à Saint-Louis pour la libération d`Ousmane Sonko
Saint-Louis, le 5 mars 2021 - Des manifestations ont également eu lieu, à Saint-Louis, au nord du Sénégal, pour exiger la libération de Ousmane Sonko.
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Instaurer et instruire la paix, respecter la Constitution : ce sont, entre autres, les conditions pour faire régner la stabilité dans le pays. C’est ce qui est ressorti des différentes interventions, lors du panel organisé hier par Seneweb sur les violences politiques.

Par Dieynaba KANE – Les violences politiques étaient au centre des débats hier, lors d’un panel organisé par Seneweb, dans le cadre de la célébration de son 20ème anniversaire. Un sujet d’actualité, avec le projet de Jammi Rewmi, de faire signer aux acteurs politiques une charte de non-violence. Abordant cette question, Pr Fatou Sow Sarr, qui faisait partie des panélistes, a émis des réserves sur le respect de cette charte par les acteurs politiques. Et Pr Sarr d’expliquer : «J’appelle les acteurs politiques à faire un pacte de sang avec leur pays. C’est bien de signer une déclaration, mais des gens qui n’ont jamais respecté ni leur Constitution, ni aucun texte qu’ils ont fait, comment voulez-vous qu’ils respectent ce que le Cadre unitaire va leur demander de faire ? Evidemment, ils vont signer pour le principe de signer, mais je ne crois pas qu’ils respecteront ce pacte.» Toutefois, la sociologue estime que c’est important de faire prendre aux acteurs politiques, cet engagement.
Il s’agit, d’après Fatou Sow Sarr, «de l’amener dans leur conscience et de les culpabiliser. C’est ça la mission, les amener devant le Peuple sénégalais, à prendre un engagement. C‘est important, parce que demain avant de faire le contraire, ils réfléchiront doublement. C’est moins le papier, c’est moins le processus, c’est la démarche qui est essentielle et fondamentale», a-t-elle déclaré. Mamadou Diop Decroix aussi s’est prononcé sur cette initiative. Pour le leader d’Aj Pads, puisqu’on est «dans une situation politique très complexe», les gens doivent discuter, «mais sur la base de principes très clairs».
Decroix, qui fait savoir que «le droit à la résistance» existe, précise toutefois «qu’on ne peut pas mettre tout sur le dos du pouvoir. Tout le monde doit s’ajuster. C’est une interpellation qui est faite à tous les Sénégalais». De son côté, Pr Amsatou Sow Sidibé, qui se dit favorable à cette initiative, préfère «que tout le monde signe parce que la paix doit être instruite». Et d’ajouter : «Je sais que c’est une initiative privée, mais par rapport aux violences politiques, il faut obligatoirement rappeler à l’Etat ses devoirs régaliens, ses obligations, le principe de redevabilité. C’est l’Etat, le principal responsable de la mise en œuvre des droits des personnes.» Pr Sidibé s’est également interrogée sur le rôle que doit jouer l’Etat. «II y a de belles initiatives du privé ; est-ce que l‘Etat est prêt à la refondation ? Il faut une refondation pour plus d’équilibre entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, sinon ça sera la souffrance, parce qu’il y a une suprématie de l’exécutif sur le législatif et le judiciaire, et cela est cause de violence dans notre pays», a-t-elle insisté.
Le Professeur de droit a plaidé, lors de son intervention, pour le respect de la Constitution. Le tripatouillage de la Constitution est considéré, par Mme Sidibé, comme source d’instabilité. «La règle de droit n’est pas faite pour ça. II y a des principes de droit, quand ça bouge, ça change, c’est l’instabilité.» Dans la même dynamique, elle a dénoncé «les suspicions sur le processus électoral». «On ne sait pas si ça va se passer normalement ou bien s’il y’aura des défaillances qui vont porter atteinte durablement à la démocratie sénégalaise».
Par ailleurs, les participants à ce panel se sont prononcés aussi sur les causes des violences. A ce propos, Decroix soutient qu’il «y a un potentiel de violence dans la société et les acteurs politiques ne sont que l’émanation de la société». D’après lui, «ils portent les faiblesses et les limites de la société». Evidemment, ajoute-t-il, «on aurait pu s’attendre de leur part, à un peu mieux puisqu’ils ont la prétention de diriger notre pays».
M. Diop a aussi pointé du doigt le fait que le clientélisme politique a pris le dessus sur la conviction. «Plus les difficultés économiques s’accroissent, plus le combat autour des opportunités devient intense, et cet aspect peut expliquer la violence», a-t-il argumenté. Pour instaurer un climat de paix, Amsatou Sow Sidibé a appelé l’Etat à bannir «l’existence des milices privés dans notre pays, qui peuvent nous mener loin négative­ment. Nous n’en avons pas besoin, il faut une meilleure organisation».
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