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Professeur Moussa Seydi sur la prise en charge de la Covid-19: ‘’Des jeunes sans comorbidités font des formes graves’’
Publié le lundi 5 juillet 2021  |  Enquête Plus
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© Ministère par DR
Point de presse du ministère de la Santé sur l`épidémie de Covid-19
Dakar, le 7 septembre 2020 - Les équipes du ministère de la Santé et de l`Action sociale en charge de la gestion de la pandémie de Covid-19 ont animé, un point de presse pour faire le bilan de la gestion de la maladie 6 mois après son apparition au Sénégal. Photo: Pr Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses et tropicales de l`hôpital Fann
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Dans la lutte contre la Covid-19, le Professeur Moussa Seydi considère que la vaccination est le seul moyen de sortir du gouffre. Il relève les difficultés, dans la prise en charge des patients, liées à l’oxygène et aux examens paracliniques. Et fait cas des jeunes sans comorbidités qui développent des formes graves.

La réunion du Comité National de Gestion des épidémies a été riche en enseignements. Les experts ont exposé les difficultés rencontrées dans la gestion de la Covid-19 et la prise en charge des patients. Le Chef du Service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann renseigne ‘’qu'il y a de plus en plus de jeunes sans comorbidités qui font des formes graves. Heureusement qu'ils s'en sortent, en général. Mais, c'est une raison pour insister sur la vaccination des adultes’’. Le Professeur Moussa Seydi estime que la vaccination est le nerf de la guerre, parce que, les mesures initiales, même si, elles sont efficaces, ne sont pas faisables dans la durée.

‘’On ne peut pas se permettre de demander aux gens de limiter leurs déplacements, maintenant. Il faut que l'on sorte de nos têtes : couvre-feu, état d'urgence etc. Ce n'est plus possible. Ce n’est pas parce qu’une mesure est efficace qu’il faudra toujours l’appliquer. Il faudra vraiment qu’on insiste sur la vaccination. Seule la vaccination nous permettra de sortir de ce gouffre sans fond. Il faut surtout gérer les rumeurs. Nous ne devons plus négliger ces rumeurs. Cela risque de nous poser préjudice’’, prévient-il. De ce fait, il milite pour une communication sur la vaccination plus agressive.

Il veut aussi une stratégie mobile. Par exemple, que les équipes de vaccination aillent dans les entreprises. ‘’Quand les équipes se déplacent, tout le monde se vaccine sans exception. Parfois, certaines personnes ne se déplacent pas, du fait d’un problème de disponibilité ; parfois du fait d’un problème de moyens. La stratégie doit être plus agressive. C’est la solution efficace’’, dit-il.

D’autant que les variants sont là et il faut les surveiller. ‘’Le virus Delta, on n’a pas prouvé qu’il est plus virulent. Mais, ce n’est pas la virulence qui est plus dangereuse, c’est la transmissibilité. Parce qu'un virus qui se transmet plus rapidement va tuer plus de monde que le virus qui est plus virulent, mais qui n’est pas très transmissible. Parce que le nombre de morts est proportionnel au nombre de cas. Nous avons beaucoup de cas, c’est vrai. Mais, moi, je me concentre maintenant plus sur les cas graves et les décès’’, fait savoir le Chef du Service des maladies infectieuses de l’hôpital de Fann.

‘’Il faut absolument et de manière définitive régler ces problèmes d'oxygène’’

En outre, Professeur Moussa Seydi a évoqué les tares dans la prise en charge des patients covidés. Il y a, dit-il, des problèmes d'oxygène au niveau des Centres de Traitement des Epidémies (Cte) et cela peut être fatal aux malades. ‘’Je le dis, depuis plusieurs mois, un Cte ne doit pas avoir une seule centrale d'oxygène. Il faut toujours deux centrales d'oxygène. Au niveau du Service des maladies infectieuses, nous en avons trois, plus en back up, les bouteilles d’oxygène. Parce qu'une centrale peut tomber en panne. Quand cela arrive, nous pouvons perdre des malades. Perdre une vie humaine que l'on pouvait sauver n'est pas quelque chose de banal’’, soutient Professeur Moussa Seydi.

Il invite à veiller à cette qualité d’oxygène. Car, informe-t-il, il y a fréquemment et très souvent des pannes d'oxygène et ce n'est pas seulement à Fann. ‘’C’est arrivé à Dalal Jam et ailleurs. Il faut absolument et de manière définitive régler ces problèmes d'oxygène qui peuvent exister durant la prise en charge’’, réclame Pr Seydi.

Sur ce point, Dr Amath Seck souligne qu’actuellement le ministère attend 35 centrales d’oxygène avec une capacité de 40 m3 par heure qui permettront de prendre en charge tous les besoins. Parce que, ajoute-t-il, le débit des centrales qu’ils ont est limité. La demande étant très forte, ils avaient des difficultés. Ces 35 centrales répartis dans le pays permettront de doubler la capacité en oxygène.

Les autres contraintes soulevées par l’infectiologue sont liées aux examens paracliniques. A ce niveau, il demande au ministère de la Santé et de l’Action Sociale d’aider les hôpitaux à gérer le problème de certains examens paracliniques. Par exemple, le scanner. L’hôpital Fann avait fait l’effort de le faire gratuitement pour un patient de Covid qui en avait besoin. Mais, depuis quelques temps, explique le praticien, on demande aux patients de payer. ‘’Si le patient est suspecté d’une embolie pulmonaire, c’est une urgence. Il faut que le malade paie, s’il ne paie pas, vous voyez ce que cela peut faire. Cela pose un problème pour la prise en charge des urgences. Le ministère devrait appuyer les hôpitaux, pour qu’ils puissent fournir des examens à leurs patients’’, sollicite-t-il.
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