Accueil    MonKiosk.com    Sports    Business    News    Annonces    Femmes    Nécrologie    Publicité
NEWS
Comment

Accueil
News
Société
Article
Société

Diary Sow: “J’ai laissé assez d’indices derrière moi pour qu’on sache que je partais de mon plein gré“ (lettre)
Publié le vendredi 22 janvier 2021  |  aDakar.com
Disparition
© Autre presse par DR
Disparition de Diary Sow: la question de la pression sociale
Comment


Diary Sow a donné de ses nouvelles. La meilleure élève du Sénégal, en 2018 et 2019 et qui était en deuxième année en classe préparatoire au Lycée Louis Le Grand de Paris, est portée disparue depuis le début du mois de janvier 2021.

Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministre de l'Eau et de l'Assainissement, Serigne Mbaye Thiam, anciennement ministre de l'Éducation nationale et parrain de Diary Sow, annonce avoir reçu une lettre et avoir eu des échanges avec elle. C'est d'ailleurs c'est avec l'autorisation de cette dernière que le ministre Serigne Mbaye Thiam a publié quelques extraits de ladite missive.

"Nous avons enfin des nouvelles de Diary Sow qui va bien. Dans une lettre qu'elle m'a envoyée, suivie de plusieurs échanges ces derniers jours, elle brise le silence pour la première fois. Avec son accord et l'autorisation de sa famille, ci-dessous quelques extraits de sa lettre", a annoncé Serigne Mbaye Thiam sur Twitter.

Les extraits de la lettre publiés par le ministre Serigne Mbaye Thiam:

"Bonjour tonton.

Je tiens à préciser que je t’écris aussi librement que je suis partie. J’ai laissé assez d’indices derrière moi pour qu’on sache que je partais de mon plein gré. Je ne me cache pas. Je ne fuis pas. Considère cela comme une sorte de répit salutaire dans ma vie. Si je ne m’étais pas manifestée jusqu’à présent, c’est pour la simple raison que j’étais dans l’impossibilité de le faire.

Tonton,
Je comprends que vous soyez tous surpris. Je comprendrais aussi que vous soyez déçus.

La jeune fille que tu connais n’aurait pour rien au monde raté un jour d’école. La pression ? Non. La pression n’a jamais été un frein pour moi. Au contraire. Je ne suis victime d’aucune sorte de pression de la part de qui que ce soit, dans mon entourage. Je n’ai pas disjoncté à cause du confinement ou de la prépa. Ma vie était telle que je l’avais voulue, telle qu’il fallait qu’elle soit. Les doutes ? Je n’ai jamais douté de mes capacités ni de ma force. Mon départ n’est pas aveu de faiblesse.

Tonton,
Sache néanmoins que s’il m’avait été possible de faire autrement, je n’aurais pas agi ainsi. Je n’aurais jamais cru que mon nom allait alimenter autant de débats, qu’autant de gens allaient s’inquiéter. Et jusqu’au dernier moment, je ne réalisais toujours pas que j’étais effectivement en train de passer à l’acte. Je n’en ai parlé à personne. Par pudeur ? De peur d’être incomprise, mal comprise ? Il ne s’agit ni de surmenage, ni de folie, ni de désir de liberté.

Je t’en prie, lis-moi avec le cœur, il y a certaines choses que la raison ne peut entendre.Qui aurait d’ailleurs accordé le moindre crédit à ce désir irrépressible, irraisonné et si profondément irrationnel qui m’animait? Ma mère? J’avais trop peur de ce qu’elle allait penser. Toi Tonton?

Tu aurais certainement cherché à me dissuader. S’il m’était possible de te demander cette faveur et que j’étais assurée qu’elle serait accueillie favorablement, m’aurais-tu permis cette petite pause, pour retrouver mes esprits?

Maintes fois, j’ai failli changer d’avis. La veille de mon départ encore, j’hésitais. En discutant avec toi de l’avenir qui m’attendait, que je voulais, je réalisais à quel point mon projet était insensé. Fugue ? Un mot bien péjoratif pour une quête si profonde. Je suis consciente de l’audace, de la cruauté même de ma démarche. Je sais à quels tourments me livre ma décision, je pressens les conséquences qu’elle va engendrer, qu’elle engendre déjà.

Tonton,
Je te prierais de rassurer les gens qui me cherchent. Je vais bien, je suis en sécurité. Sache que je suis terriblement, profondément désolée (...) Merci, tonton, de faire preuve d’autant d’indulgence à mon égard. Je comprends maintenant que mes peurs étaient infondées et que j’aurais dû t’en parler immédiatement. Ma famille mérite de savoir, en attendant que je trouve en moi, le courage et la force de reprendre contact avec elle. Ceux qui cherchent une explication rationnelle à mon acte seront déçus, puisqu’il n’en a aucune. Contrairement à ce que les gens semblent penser, aux paroles qu'on me prête, je ne renonce pas à ma vie d'avant. Je ne suis pas désolée d'être partie, je suis désolée des gênes occasionnées par mon départ et des gens que j'ai fait souffrir"

Makhtar C.
Commentaires