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Conséquences du Covid-19 : Le tourisme à genoux
Publié le jeudi 19 mars 2020  |  Le Quotidien
L`IPRES
© aDakar.com par DG
L`IPRES lance ses cartes biométriques en faveur des retraités
Dakar, le 6 septembre 2019 - L`Institution de Prévoyance Retraite du Sénégal (IPRES) a procédé, jeudi, au lancement de ses cartes biométriques. Elles sont destinées aux retraités pensionnaires de l`institution. Photo : Mamadou Racine Sy, Président du Conseil d`administration de l`IPRES
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Le président du Fopits, Mamadou Racine Sy, a affirmé hier que le secteur du tourisme, le deuxième de l’économie du Sénégal, était déjà sinistré avec la crise du coronavirus. Ses collègues et lui demandent un appui urgent des pouvoirs publics pour aider les acteurs à faire face aux effets dévastateurs de cette pandémie, et permettre au secteur à se préparer à sa relève prochaine.

Le Covid 19 ne frappe pas que les individus, il met en mal également la santé économique du pays. Premier secteur à en ressentir les effets, le tourisme connaît des moments parmi les plus difficiles de son existence au Sénégal. Hier, à l’hôtel King Fahd Palace, Mamadou Racine Sy, le président de la Fédération des organisations patronales du tourisme et de l’hôtellerie du Sénégal (Fopits), a indiqué que le secteur du tourisme est sinistré. Le patron de l’hôtel King Fahd Palace a demandé de la part de l’Etat, des mesures énergiques pour faire face à la situation.
Face à une très forte majorité de propriétaires et patrons de réceptifs hôteliers du pays, ainsi que des agences de voyage, dont le président du syndicat, M. Mamadou Sow, était présent, aux côtés de Aimé Sène, la patron d’Hertz Sénégal, et accessoirement, hôtelier lui aussi, et du Directeur exécutif du Conseil national du patronat, Hamidou Diop, M. Sy a expliqué que l’Etat devait accompagner le patronat du secteur touristique en facilitant un report des échéances fiscales et sociales des hôteliers, ainsi que d’obtenir des banques un moratoire des créances dues, et sans intérêt. Le patron des hôteliers ajoutera qu’il faudrait que l’Etat prévoie des «mesures de soutien à la trésorerie de nos entreprises. S’il le faut, que l’on voie avec la Caisse des dépôts comment mettre en place un fonds spécial de soutien au tourisme». Ce fonds permettrait aux acteurs de faire face à des charges fixes, qui doivent être réglées, même en cas de fermeture des hôtels.
Comme l’a fait remarquer l’un des participants, même en cas de non-fonctionnement, un hôtel demande un certain entretien. Et s’il faut mettre la plus grande partie du personnel en chômage technique, il faudrait voir comment cela pourrait se mettre en œuvre.

Fermeture des hôtels
Les mesures devront se prendre très rapidement, parce que les effets de la fermeture des frontières aériennes commencent déjà à se faire sentir. Ainsi, l’un des fleurons de l’hôtellerie sénégalaise, le Lamatin Beach de Saly, a déjà fermé ses portes depuis trois jours, du fait de l’assèchement de ses marchés fournisseurs, la France, l’Italie, l’Espagne et la Belgique, entre autres, tous des pays qui n’ont plus de liaison aérienne avec le Sénégal. Un autre hôtel prestigieux, le Terrou Bi, a annoncé hier que, étant à cette période de haute saison touristique, à moins de 20% de taux d’occupation, il se préparait à fermer ses portes d’ici la semaine prochaine. Et ces deux hôtels ne seront pas seuls. Comme le disait Mamadou Racine Sy, «tous les secteurs sont touchés, mais nous, nous sommes sinistrés». Son hôtel a déjà perdu, à ce stade, plus de 800 millions de francs Cfa, et cela risque de continuer, avec les annulations d’évènements et des réservations. Mais il est convaincu que seules des décisions collectives permettront la relance prochaine du secteur. «Personne ne pourra s’en sortir seul et sans les autres», assure-t-il, s’appuyant sur sa longue expérience.
Son joyau, le King Fahd, était hier comme un gros navire vide. A part la rencontre qu’il avait conviée, aucune autre manifestation ne s’y tenait. «Tout le monde a annulé», a déclaré le directeur de l’hôtel, M. Mbow. Les annulations de vols sont passées par là. Mais le patron du Palm Beach de Saly lui, se retrouve avec une situation autrement plus difficile, avec 200 touristes sur les bras, abandonnés par leur tour operator. «Les compagnies d’aviation ne peuvent pas les rapatrier, puisque les vols sont annulés. L’ambassade de France dit ne rien pouvoir faire pour eux. Et nous ne pouvons pas les mettre dehors. Mais la question est de savoir, qui va prendre en charge ces frais supplémentaires ?», se lamentait M. Sow. A côté de lui, les restaurateurs ont également vu leur chiffre d’affaires baisser fortement. En plus, certains parmi eux ont commencé à être victimes de mesures arbitraires de fermeture par des autorités non connues, ce qui ajoute encore à leur préjudice.
Ses collègues et lui envisagent, en cas d’aggravation de la situation, de fermer tous leurs réceptifs, au moins jusqu’à la fin du mois d’avril, et de mettre leur personnel en chômage technique. La question est de voir, avec les pouvoirs publics, les modalités à mettre en œuvre avec les syndicats ouvriers, pour assurer ce chômage technique de la meilleure manière qui soit pour tout le monde.
Les patrons du secteur ont demandé à tous les Drh des entreprises de se retrouver au siège du Cnp, pour étudier l’impact social et économique des mesures de sauvegarde qui doivent être prises.
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