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Facebook, Twitter, Whatsapp, Instagram, Youtube ...: Les réseaux sociaux, pour le meilleur et pour le pire
Publié le jeudi 6 fevrier 2020  |  Sud Quotidien
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© aDakar.com par MC
L`institut Panos Afrique de l`Ouest publie un "guide d`utilisation et de bonnes pratiques des réseaux sociaux"
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Des tweets, des lives, des posts, des vidéos, des sons, des photos et autres images… ! Les réseaux sociaux sont devenus un élément essentiel pour accéder à l’information et offrent une plus grande liberté d’expression, entre autres avantages. Dans certaines circonstances, ils sont utilisés comme moyen de pression pour obtenir gain de cause ou à des fins inavouées, parfois. Ce que certains n’hésitent plus à qualifier de «diktat» des réseaux sociaux. Bref, les réseaux sociaux sont capables du meilleur comme du pire. Interrogés par Sud Quotidien, Ibrahima Bakhoum, journaliste et formateur, et Basile Niane, journaliste-blogueur, guident les professionnels des médias par rapport à la conduite à tenir face à une information dans les réseaux sociaux

Des tweets, des lives, des posts, des vidéos… aux portées insoupçonnées

Durant ses deux décennies, l’internet a consacré la montée en puissance des réseaux sociaux, devenus, pour certains, de véritables médias sociaux qui permettent aux internautes et aux professionnels de créer des pages-profils, des groupes, des sites d’information, entre autres, pour véhiculer ou partager l’information. Aussi sont ils utilisés comme moyens de pression.

Par exemple, durant le printemps arabe, les réseaux sociaux ont joué un rôle important dans la chute des anciens présidents Ben Ali en Tunisie, Mouammar El Kadhafi en Libye et Hosni Moubarak en Egypte. Par contre, grâce à ces mêmes réseaux sociaux, tromper l’opinion publique est devenu facile et monnaie courante, à travers la désinformation, l’intox et les «fake news». Ils servent également de plateforme de dénigrement et même d’acharnement. Et ce ne sont pas Miss Sénégal 2020 et les organisateurs de ce concours de beauté, qui ont récemment fait l’objet de «lynchage» médiatique à travers les réseaux sociaux, qui diront le contraire. Quid des intimidations, vengeance et autres actes de pédophilie et la cybercriminalité, etc. dont ces réseaux sociaux semblent devenir un terreau fertile, de nos jours ? Dans un autre registre, dans le domaine de l’éducation, ils contribuent largement dans les enseignements-apprentissages, la transmission des savoirs et connaissances, surtout avec l’avènement du e-learning ou enseignement ou formation en ligne, à distance.

A l’université Cheikh Anta Diop (UCAD) temple du savoir, des étudiants confient que les réseaux sociaux leurs facilitent beaucoup de choses. Mais, selon eux, il y a beaucoup d’inconvénients. «Les jeunes sont plus présents dans les réseaux sociaux qui permettent aux personnes de faire de nouvelles rencontre, avec les groupes whatsapp, instagram, facebook… N’empêche, les réseaux sociaux ont beaucoup d’inconvénients : les chantages faits aux filles qui envoient des photos d’elles nues à leurs copains. Il y a aussi le phénomène des pirates des comptes», déplore un étudiant d’Ensup-Afrique.

Pour cet autre étudiant, les réseaux sociaux sont une belle trouvaille pour bien apprendre ses cours et faires ses exercices. «Les réseaux sociaux ont facilité l’éducation et le travail des étudiants et professionnels car tout ce fait là-bas. En ce qui me concerne, par exemple, c’est à partir du groupe whatsapp de ma classe que je fais mes exercices, demande des explications sur les cours dispensés que je n’ai pas compris et plein d’autres choses qui m’apportent un plus dans mes études. On y suit aussi l’actualité, les informations, en temps réel», ajoute une étudiante au département d’Italien de la Faculté des Lettres et Sciences humaines de l’UCAD. Abondant dans le même sens, Sellé Niang souligne que «grâce aux réseaux sociaux on peut faire nos exercices et des recherches pour compléter nos cours. On est plus obligé de se contenter uniquement de ce que donnent les professeurs. Grâce à Google, j’ai toutes les réponses à mes recherches. On m’explique mes cours par whatsapp», indique l’étudiant. Toutefois, «les pirateries, l’absence de vie privée, l’intimidation, les chantages, la cybercriminalité font partie des nombreux inconvénients des réseaux sociaux», déplorent ces étudiants interrogés.

IBRAHIMA BAKHOUM, JOURNALISTE-FORMATEUR : «Considérer les informations dans les réseaux sociaux comme des sources primaires, mais…»

«On peut considérer les informations dans les réseaux sociaux comme des sources primaires, mais non des sources fiables. Des sources primaires car on peut tomber sur des informations dans un site ou sur une plateforme. Mais, il faut obligatoirement vérifier d’abord car il y a des gens qui ont des choses à dire et qui n’ont pas accès aux médias. Et ils se disent que internet est un moyen de protester, de célébrer quelque chose. Mais, en ce moment là, le journaliste doit aller vérifier l’information. Un journaliste ne diffuse rien, tant qu’il ne connait pas l’origine. Ça, c’est la première règle. La deuxième règle, c’est de vérifier, même si on connait l’origine. Un journaliste ne doit pas se contenter de ce qu’il trouve dans les réseaux sociaux ; il doit collecter, vérifier et traiter. Le journaliste, quand il parle de quelque chose, il doit s’assurer que les faits sont avérés. Les journalistes ne doivent prendre pour acquis que les informations qu’ils ont vérifiés eux-mêmes. Le journalisme, c’est une affaire et les réseaux sociaux en sont une autre. Le journaliste peut avoir sa propre page ; ça ce n’est pas interdit. Le journalisme, c’est un travail responsable, avec une liberté d’expression totale mais de manière responsable, avec éthique et déontologie ; ce qui n’est pas la règle première dans les réseaux sociaux.»

BASILE NIANE, JOURNALISTE-BLOGUEUR : «Les réseaux sociaux doivent être un plus pour la presse»

«Les réseaux sociaux sont des sources d’informations pour non seulement le public, pour l’internaute mais surtout pour le journaliste c’est-à-dire le professionnel de l’information. Mais il faut faire la différence entre l’internaute (le public) et le journaliste. Ce dernier est celui qui doit prendre l’information au niveau des réseaux sociaux, mais, après, il doit traiter l’information pour écrire son article. Si un journaliste voit une information sur le web, il ne doit pas croire en cette information à cent pour cent parce il faut des sources d’abord. Il faut savoir qui a publié l’information, est-ce une personne crédible ou pas ? Il faut aussi que le journaliste sache si c’est une information pour le grand public ou si c’est une information privée. A partir de là, on peut facilement aller chercher la source et la traiter comme il le faut dans son article. Le changement des mentalités a fait que les réseaux sociaux sont utilisés à de mauvaises fins. Aujourd’hui, les choses ont changé, nous ne sommes plus dans les années 80, on est en 2020 ; donc les moyens de communications ont envahi notre quotidien. Tout le monde pense que les réseaux sociaux sont les meilleurs moyens pour communiquer. Les réseaux sociaux doivent être un plus pour la presse. Le journaliste doit être très présent sur les réseaux sociaux car l’information passe vite. Et depuis l’apparition du journaliste-citoyen, le journaliste n’a plus le monopole de l’information. La particularité, c’est que ces réseaux sociaux permettent au journaliste d’avoir l’information en temps réel, de pouvoir la vérifier et la publier. C’est pour cela qu’on parle d’aujourd’hui de journalisme 2.0, de journalisme web ; c’est vraiment des supports de plus qui permettent au journaliste de bien faire son travail.»
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