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Présidentielle 2019 : les Sénégalais exigent que la pirogue chavire pas
Publié le dimanche 30 decembre 2018  |  Senenews.com
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© aDakar.com par DR
Les résultats complets du scrutin du 29 Juillet 2018
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L’élection présidentielle sénégalaise de 2019, la onzième depuis l’indépendance du pays, doit permettre d’élire le président de la République du Sénégal. Le premier tour de ce rendez-vous démocratique est fixé le dimanche 24 février 2019. Cette élection ne se tient pas dans un contexte de sérénité. Et pour cause, deux candidats présentés comme sérieux (Khalifa Sall et Karim Wade seront absent de la course. Actuellement l’heure est à la vérification des parrainages en attendant dans les semaines à venir la validation de candidatures par le Conseil constitutionnel. Mais en attendant nous faisons une immersion dans quelques quartiers de Dakar sur les enjeux de cette élection. Tout ce que demande les Sénégalais c’est que la pirogue ne chavire pas quel que soit l’issu du scrutin.

La présidentielle de 2019 se prépare avec peu de sérénité. Le débat politique est tendu entre pouvoir et position, le contexte social peu favorable : le secteur de santé val mal, l’éducation est en panne, des fournisseurs de l’Etat toujours en attente d’être payés. Le régime est décrié par l’opposition et certaines franges de la société. Pour les partisans du pouvoir, le bilan de Macky Sall a assez d’arguments pour avoir un second mandat étant donné ses réalisations. Les avis restent partagés selon les chapelles ou autres positionnements.

Teint noir vêtu d’une djellaba blanche, Abdou Salam Diène, la vingtaine est le représentant de L’APR à Touba et Directeur général de l’entreprise CBA Business. Rien ne peut le détourner de son champion qu’est Macky Sall. Il encense Macky Sall et flingue exagérément Abdoulaye Wade sans sourciller. «Les Sénégalais sont conscients; je suis sûr qu’ils ne se laissent pas emporter par l’opposition qui ne raconte que des balivernes; dit-il à voix basse et monotone mais assez forte pour se faire entendre ; avant de poursuivre : Macky a un bilan positif avec son Plan Sénégal Émergeant (PSE). Il a fait mieux que tous ses prédécesseurs », estime le jeune homme. «Wade par exemple, poursuit-il, n’a rien fait de 2000 à 2007. Ce n’est qu’en 2008 qu’il avait commencé à faire des réalisations». Pour Abdou Salam, « compte tenu de toutes les réalisations de l’actuel président, Macky Sall sera victorieux le 24 février dès le premier tour ».

En entendant les propos d’Abdou Salam, El Touré va se rapprocher sagement de nous à l’improviste alors que font la queue devant une banque située à proximité de la police des Parcelles Assainies, en face de la Patte d’Oie Builders. Il ne place pas un mot avant d’avoir été sollicité. Il semble en phase avec ce qu’il a entendu, mais attend sagement que la parole lui soit donnée. Agé de 45 ans, il est un commerçant et a été immigré en Espagne.

Opposé au président sortant, El Hadj Thiaw pense que Macky Sall a une certaine longueur d’avance sur ses adversaires, ne serait-ce qu’en termes de moyens de l’Etat dont il pourra user et abuer « Il a la logistique et n’hésitera pas à pratiquer ce qu’on appelle l’achat de conscience. Il faut que Macky fasse attention. Quand Wade faisait ses sorties une grande foule le poursuivait. La foule peut être trompeuse », prévient El Hadj Thiaw.

Partisan de Idrissa Seck, pour lui seul l’ancien maire de Thiès peut faire face au présent Sall lors de la élection présidentielle. «« Idy est le seul à pouvoir faire face à Macky Sall pendant que les autres sont en taule. Il a l’expérience, la compétence et les moyens. Khalifa Sall à une faiblesse; il est méconnu dans la sous-région. Karim Wade est de même méconnu dans la sous-région même si la majeure partie des militants de son père se sont rangés derrière lui », avance-t-il.

C’est au tour Balla Ndiaye, la trentaine, de donner son point de vu. Cet homme courtaud à l’allure d’étudiant porte un Jean bleu et un Lacoste rouge-bleu. Adossé contre l’enseigne de la banque située au rez-de-chaussée, les bras croisés, il s’interroge sur un sujet pertinent : «qui seront aux yeux du conseil constitutionnel aptes à se présenter? » Nous ne pouvons pour le moment répondre à cette question. «Derrière Macky Sall, c’est le désert à moins que le profil de Sonko s’impose. A part lui, je vois mal qu’un autre puisse concurrencer Macky Sall. Les leaders comme Idy sont un peu terrés.

Fatima Diop, jeune enseignante et surveillante dans une grande l’école privée des Parcelles Assainies, est membre de l’opposition. Assise dans son bureau, elle voit fait une lecture négative sur ce que pense le camp de Macky Sall. « une victoire de Macky au premier tour. » le nombre de candidat qui se sont présenter et le nombre de partis qui ont pu montrer leur force avec le nombre de signatures qu’ils ont eu au parrainage, la course sera rude », avant de conclure: » Quand on calcule lectorat sénégalais Macky ne peut pas passer au premier tour, c’est impossible logiquement et techniquement « .

La parole des candidats

Nos différents intervenants ont plus ou moins du recul par rapport à la parole des politiciens, néanmoins ils attestent que ces derniers ne sont pas tous les mêmes. C’est ce qu’affirme Mactar Sèye, étudiant en Sciences politiques à l’Institut africain de management (ISM) « Je note qu’il y a de plus en plus un désintéressement voire un rejet catégorique de ce qui est inhérent à la politique, de la population qui considère les politiques comme étant tous pareils et cherchant à ne satisfaire que leur propre intérêt », a-t-il remarqué avant de donner conseille à ses concitoyens : «Chacun doit faire l’effort pour connaitre les candidats et leurs programmes car les élections présidentielles constituent un enjeu capital dans la marche d’un pays».

«On aimerait avoir un président qui fait ce qu’il dit, mais le principal souci des président c’est de rester sur le feuille», a dit Balla, les yeux pétillant derrière ses lunettes», se désole Balla Ndiaye provoquant la réaction de Fatima Diop qui rebondit sur la question. «Cette stratégie de manipulation de masse est propre au PS (Partis socialiste), au Pds (Parti démocratique sénégalais) et à BBY (Benno Bokk Yakaar) », accuse-t-elle avant d’enfoncer le clou. «Ils (les 2 grands partis) racontent des bidons pour se faire élire. Mais les nouveaux partis tel que le nôtre (Pastef) ont adopté une démarche tellement différente ».

Mais difficile pour Abdou Salam de douter de la parole de son candidat. «La parole du président Sall concorde avec ses actions politiques », assure-t-il. L’une des choses que des observateurs redoutent pour cette élection c’est l’éventualité de la violence.

Une probable violence

Pour Fatima Diop, c’est une certitude. Elle est persuadée qu’il y aura de la violence. On a déjà des failles qui présagent cela. Quand le gouvernement veut empêcher les citoyens d’accomplir leur droit et devoir en toute tranquillité, ou quand il veut procéder à l’achat des consciences, des problèmes vont surgir », soupçonne la militante du Pastef. Mais Abdou Salam lui s’inscrit en faux par rapport à cette crainte de la violence. «Il n’y aura aucune sorte de violence. En tout cas, ça ne viendra pas du camps du gouvernement qui a pris des moyens pour sécuriser les élections » soutient Abdou Salam. Il est rejoint dans sa position par El. Thiam. «Il y a des tiraillements avant et après les parrainages mais nous allons nous limiter là. Les Sénégalais ont peur des coups de matraque», note-t-il

Le Comportement idéal des politiciens

Pour Balla Ndiaye, « les politiciens doivent avoir un comportement exemplaire » car «être à la tête d’un pays est une lourde charge». Fatima Diop invite les politiciens à avoir le souci du bien-être et de l’épanouissement de leurs populations. «Les gouvernants doivent être soucieux de bâtir une nation émergente et prospère, susceptible d’offrir un avenir radieux à nos enfants et aux générations futures», dit-elle. «Le Sénégal est comme une pirogue. Quand la pirogue chavire, tout le monde va se sombrer. Il faut donc veiller à la sauver, à naviguer ensemble. Sénégal nous appartient à nous tous »- a telle conclu d’une voix audible.

Par Babacar SY SEYE
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